Chacun se souvient, pour l’avoir appris au cours de ses études humanistes, de ce mythe terrifiant. Tous les 9 ans, Egée , le roi d’Athènes était contraint d’envoyer en sacrifice 7 garçons et 7   filles au Minotaure qui avait été dissimulé dans les plis et replis du labyrinthe édifié en Crète par son malheureux père pour cacher l’horreur de ce monstre contre nature. Lequel s’empressait de dévorer de  bon appétit cette offrande. Jusqu’à ce que Thésée , ce « héros au sourire si doux[1] » , vienne mettre un terme à son horrible existence.   Bref, en y réfléchissant bien, l’observateur avisé trouvera que le mythe du Minotaure évoque étrangement le comportement de nos sociétés démocratiques et policées en regard du  phénomène, devenu désormais banal, du terrorisme  au quotidien[2].

En effet, le public  est de plus en plus souvent réduit à prendre connaissance de « l’attentat du jour »  accompagné d’un rituel devenu lui aussi étrangement familier : gros titres dans la presse et dans les médias, pensées émues des officiels pour les victimes et leurs proches, fleurs entassées dans un  coin de  rue , minute de silence ou même drapeaux en berne dans les cas les plus graves, condamnations outragées et indignées des pouvoirs publics qui promettent de prendre la énième mesure radicale pour lutter contre ce fléau, puis, plus rien : on passe à autre chose, le match du jour  ou la dernière pitrerie de François Hollande ou de  Donald Trump.

En effet, que de notre temps le terrorisme soit banalisé à l’extrême saute aux yeux si l’on considère  les statistiques.

D’abord , une constatation d’évidence : le terrorisme est non pas majoritairement mais exclusivement motivé par l’Islam que l’on habille pudiquement de l’épithète de «radical », euphémisme bien commode pour dissimuler la réalité . Qu’on ne veuille ou non, l’Islam  est le dénominateur de tous les crimes commis par des ressortissants de diverses nationalités, Maghreb, Moyen- Orient, Pakistan, Afrique  dans divers pays européens, avec cependant une préférence marquée pour la France , suivie de la Belgique ou de la Grande Bretagne ou de l’Allemagne à l’occasion. Il est remarquable que la Suisse est épargnée ainsi que l’Italie ainsi que les pays scandinaves. Mais ce sont toujours et exclusivement des Musulmans qui se livrent à ce genre de crime. Pas des Bouddhistes , des Taoistes ou des Indouistes. Des Musulmans. De là à se convaincre que l’Islam conduit au crime, il n’y a qu’un pas. Mais il faut surtout se garder de le franchir. Il ne faut surtout pas le dire ni même le penser. Car il ne faut pas « faire pleurer la mosquée du coin » comme autrefois il ne fallait pas « faire pleurer Boulogne Billancourt »  aux beaux jours du communisme florissant[3].  Au demeurant, ses fidèles savent fort bien se faire faire respecter à l’occasion à grand renfort de kalachnikovs achetées  place Clichy pour une poignée de dollars,  enfin d’euros.

Ainsi   en témoigne la tuerie de Charlie Hebdo  dont les rédacteurs  avaient cru malin de se moquer d’Allah et de son prophète Mohamed. Tourner le Saint Père ou le Vatican en ridicule, rien de plus facile et de moins risqué. Ce n’est pas un commando de religieuses enjuponnées ou de moines bedonnants ou maigrichons qui risquent de vous faire passer de vie à trépas. Mais si vous avez la mauvaise ide de vous en prendre au Dieu des Musulmans, gare. La mort vous guette. En  réalité, point n’est besoin souvent de prétexte  religieux de justification ni de blasphème . Les attentats sont motivés par le simple fait que le fanatique a lu sur internet qu’il fallait tuer. Alors il tue, comme un automate . Par haine de la société qui l’accueilli où il se sent mal à l’aise( quand il n’y est pas entré par effraction en clandestin).

Souvent d’ailleurs l’attentat soi-disant religieux est précédé d’un passage obligé par la délinquance, grande ou petite. Le petit voyou délinquent qui a volé dans un grand magasin,  dévalisé une petite vieille  ou opéré un braquage raté va, après quelques jours de prison , laver sa conscience en allant tuer  le policier de service ou , faute de mieux, un quelconque passant dans le rue.  Ainsi naguère les seigneurs brigands allaient se laver de leurs péchés en partant en croisade pour la  Terre Sainte. De nos jours, le  processus d’absolution plus  expéditif : on tue le premier venu et l’on part, la conscience nette, pour le   paradis d’Allah où d’innombrables houris envoûtantes vous attendent pour vous faire goûter tous les plaisirs défendus sur terre. Avouez que le jeu en vaut la chandelle.

Mais , avant d’aller plus loin, il convient de cataloguer le terrorisme en ses diverses modalités à savoir le terrorisme de haute fréquence, celui qui se répète à intervalles réguliers ou de basse fréquence, l’attentat occasionnel ou même unique. On distinguera aussi le terrorisme  de basse intensité, peu de morts ou de dégâts ou de celui de haute intensité. On pourrait ainsi construire une échelle graduée d’évaluation des  attentats en fonction de leur gravité, allant de 1 à 5 morts ou blessés, de 5 à 20 morts, et enfin de 20 à 50 victimes et au delà

Autre catégorisation macabre, les moyens employés pour tuer. Ce peut être le couteau, comme celui que l’on peut se procurer chez le boucher du coin, à la fameuse kalachnikov en vente dans le pays de l’Est pour quelques roupies (ou place Clichy, mais c’est plus cher) ou, moyen devenu à la mode, la voiture ou mieux encore,  le camion bélier bien commode pour  renverser broyer et massacrer des passants au hasard.. Son grand avantage est son anonymat parfait. Comment soupçonner le camion de livraison banal qui surgit paisiblement  au coin de la rue  avant qu’il ne fonce sur la foule sans défense comme à Nice. Plus récemment c’est la bouteille à gaz qui a la cote. Heureusement que nos apprentis terroristes ne sont pas très malins. Pour l’instant. Mais nul doute qu’ils vont apprendre.

Il est frappant que les meurtriers ne se posent pas une seconde le problème de leur responsabilité ou de la  justification de leur acte. Il faut tuer , au nom d’Allah. Alors  on tue et l’affaire est faite. C’est expéditif et un peu effrayant. D’autant plus que, du jour au lendemain   un garçon gentil et serviable   bon voisin et sans histoire peut se métamorphose en un tueur glacial. On a vu cette métamorphose 36 fois.

 Pas d’antécédents, pas de signes avant-coureurs ,  pas de voyages en Syrie, pas de messages menaçants, pas d ’échanges annonciateurs sur internet. On tue.  C’est tout.

Le problème est évidemment que les pays européens, dans l’euphorie angélique des années d’après-guerre, ont cru benoitement pouvoir ouvrir largement sans problèmes leurs frontières dans un souci humanitaire. Des millions et des millions de ressortissants musulmans de différents pays du Moyen-Orient ou d’Asie, Pakistan, Afghanistan, Syrie, Maghreb se sont promptement engouffrés dans la brèche ainsi créée où ils constituent désormais des communautés plus ou moins fortes très soudées. L’ennemi à combattre n’est pas à l’extérieur, il n’est pas à nos portes. Il est chez nous, il est avec nous, il est en nous. Et il n’y a rien à faire. On n’y peut rien, Aussi bien ne  fait-on rien, enfin, rien de sérieux.

Oh bien sûr, il y a de grandes déclarations officielles grandiloquentes chargées d’émotion contenue, de vibrantes résolutions qui seront tenues si les contraintes budgétaires le permettent. On va recruter une poignée de gendarmes de plus et quelques policiers supplémentaires. On va développer, juré  promis, la surveillance et le renseignement, nouvelle arme absolue contre le terrorisme  etc . etc. Jusqu’au prochain attentat.

On ne fait rien parce qu’il n’y a rigoureusement rien à faire contre ce type de terrorisme, le terrorisme spontané, le terrorisme improvisé, celui qui frappe comme par mégarde, sans y penser, comme en se jouant . Bien évidemment, il serait possible de faire autrement . C’est bien ce que la Russie de Wladimir Poutine a fait en Tchétchénie ou le terrorisme endémique a quasiment disparu. Mais alors que deviendraient nos précieuses libertés, notre façon  de vivre , sans parler de nos acquis européens , monnaie commune,  frontières abolies. Tout  cela vaut bien quelques morts par ci  par  là .

C’est ce que proférait déjà le grand Prêtre Caïphe lors de l’arrestation de Jésus « il est bon qu’un seul homme meure pour que vive la multitude ». Transposons dans le contexte d’aujourd’hui. On peut tolérer le sacrifice de quelque passants innocents qui ont eu  la mauvaise idée d’être au mauvais moment au mauvais endroit pour que la plupart d’entre nous puissent continuer à vivre comme avant comme ils l’entendent. C’est au moins la philosophie benoite affichée ici et là en France après l’attentat du Bataclan ou en Angleterre après celui du London Bridge ou de Manchester, sous couvert d’héroïsme tranquille et de sérénité impavide. A moins qu’il ne s’agisse plus prosaïquement d’indifférence  à autrui et à sa souffrance. Ce qui est nettement moins glorieux

A condition bien sûr, qu’un certain seuil de terrorisme ne soit pas dépassé et que chacun ne se sente pas  personnellement menacé[4] : par exemple 500 à 1000 morts tous les ans ou tous les  trimestres , voitures piégées à tous les coins de rue comme en Syrie ou en Irak, attaques massives  , non au couteaux de cuisine ou pics de brochette, mais à la bombe, au mortier, à la kalachnikovs, bref, tous les instruments de mort massive de la guerre moderne mis au service des terroristes pour assassiner en toute tranquillité de paisibles citoyens et semer la terreur dans les rues, dans les parcs, sur les plages et dans  les domiciles.

A ce moment la pression de l’opinion deviendrait  intolérable et les pouvoirs publics se verraient  contraints d’agir de façon rigoureuse et  efficace avec un arsenal bien connu comme au beau temps de la guerre d’Algérie , fermeture étanche des frontières, contrôles d’identité au faciès ou au hasard, mise sous surveillance constante de la population à risque , celle que sert de terreau , de milieu porteur et protecteur au terrorisme islamique, qui y vit et y prospère comme le poisson dans l’eau, arrestation préventives si nécessaire, recours à toute la panoplie de moyens éprouvés pour obtenir les renseignements indispensables pour sauver des vies etc. etc .

 Mais, grâce à Dieu, on n’en est pas là. Notre terrorisme à nous reste modeste, artisanal, domestiqué, apprivoisé en quelque sorte. On peut s’en accommoder à peu de frais. Les victimes, en nombre modéré, vite oubliées,  sont l’offrande de nos sociétés modernes au Dieu Minotaure, celui  du terrorisme d’aujourd’hui pour avoir la paix , pour vivre en  paix, sans changer le moindrement du monde notre façon de vivre.

Pour l’instant.

[1] Réminiscence   pour le lecteur lettré , d’un récit épique de Victor Hugo, qui trouve ici sa juste pace

[2] Depuis 2012, on ne compte pas moins de 20 attentats sur le sol national faisant 239 morts et trois fois autant de blessés, soit une moyenne de 4 attentats par an. Mais il faut savoir que le chiffre des projets d’attentat déjoués est bien supérieur : le triple au moins.

[3] Le mot est de Jean Paul Sartre alors dans sa période communisante

[4] C’est ce qui a précipité la perte de Robespierre lorsque ses propos ont laissé entendre que chaque membre de l’Assemblée  pouvait être appelé à monter sur la charrette menant à l’échafaud.

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