Le régime syrien a repris goût à la victoire; grâce au soutien aérien russe, l’armée syrienne a repris l’avantage sur le terrain. Elle est sur le point de sécuriser une grande partie du pays, dont plusieurs villes étaient sérieusement menacées avant l’intervention russe. L’enjeu principal est de couper les dernières lignes d’approvisionnement des troupes internationales islamistes qui résistent encore dans la province d’Alep. L’encerclement de la plus grande ville de Syrie est quasiment chose acquise ce qui empêcherait la Turquie et l’Arabie saoudite, qui soutiennent les terroristes islamistes, de les ravitailler. Les troupes terroristes sont encerclées tant par les forces loyalistes que par les forces Kurdes. La reprise de l’intégrité de la ville tenue par les terroristes depuis 2011 ne semble plus être qu’une question de semaines et peut-être de jours. La prétendue “opposition modérée à Bachar Al-Assad“, est constituée en grande partie des troupes internationales d’al-Qaida qui se trouvent en grande difficulté et n’espèrent plus que dans le secours de leurs alliés de la coalition américaine. Ceci alors que des civils, principalement, femmes, enfants et vieillards, fuient la ville vers la frontière turque. Beaucoup d’entre eux sont les familles des islamistes qui sont actuellement poussés dans leurs derniers retranchements.

Ce qui a fait dire jeudi à Bachar El-Assad, répondant à une interview de l’AFP, que :

“L’enjeu principal de la bataille [d’Alep] vise à couper la route entre Alep et la Turquie, qui constitue la voie principale de ravitaillement des terroristes”. Précisant qu’un risque d’une intervention militaire turque est “une possibilité que je ne peux pas exclure pour la simple raison qu’ Erdogan est quelqu’un d’intolérant, de radical, un pro-Frères musulmans qui vit le rêve ottoman (…) Il en est de même pour l’Arabie saoudite. De toute manière, une telle action ne sera pas facile pour eux et nous allons assurément y faire face”.

Interrogé sur les habitants d’Alep qui fuient vers la Turquie, il a répondu que

“Le problème des réfugiés qui se trouvent à l’étranger, de même que le problème de la famine comme vous dites, sont deux problèmes auxquels ont contribué les terroristes et l’embargo imposé à la Syrie”. “Il est normal que ma première mission soit de lutter contre le terrorisme, essentiellement par des moyens syriens, tout en demandant le soutien de nos amis pour combattre ce terrorisme”, “Je vais appeler les gouvernements européens qui ont contribué directement à l’exode (des Syriens) en fournissant une couverture aux terroristes et en imposant un embargo à la Syrie à aider au retour des Syriens chez eux”.

A propos des accusations selon lesquelles les forces aériennes russo-syriennes bombarderaient des civils, il a commenté:

” Les institutions onusiennes (…) sont essentiellement dominées par les puissances occidentales et la plupart de leurs rapports sont politisés” et “n’avancent pas de preuves. C’est pourquoi je ne crains ni ces menaces ni ces allégations”.

“Il y a une différence entre crimes individuels et politique de tuerie systématiquement adoptée par un État. J’ai déjà dit qu’il y avait des victimes innocentes de la guerre”, a-t-il poursuivi. “Il y a crimes de guerre lorsque des ordres sont donnés afin de commettre des massacres, mais si c’était le cas, les gens auraient fui les régions contrôlées par l’État pour se réfugier dans celles qui sont contrôlées par les hommes armés”, “ce qui se passe, c’est tout le contraire, tout le monde se réfugie dans les régions contrôlées par l’État”.

A propos du régime syrien, il a précisé:

“D’abord, la présidence n’est pas un hobby qui nous fait plaisir. C’est plutôt une responsabilité, notamment dans les circonstances actuelles. Quant à la question de savoir s’il y a quelqu’un que je choisirais comme successeur, le pays n’est ni une ferme ni une entreprise”. Il a estimé que son maintien au pouvoir dépendrait de deux facteurs: “que je le souhaite moi-même et que le peuple le souhaite aussi”. “Si j’arrive aux prochaines élections et que je constate que le peuple ne veut pas de moi, je ne me porterai pas candidat. Il est donc encore trop tôt pour en parler. Il nous reste encore plusieurs années avant les prochaines élections”, qui sont prévues en 2021, a-t-il dit.

Interrogé quant à savoir si la Russie avait à un moment quelconque demandé sa démission, il a répondu sans ambages que

“la question ne (s’est) jamais posée, et d’aucune manière”, car “les Russes nous traitent avec grand respect”. “Ils n’agissent pas envers nous comme une grande puissance envers un petit Etat, mais comme un État souverain envers un autre État souverain”.

A propos de la France il a précisé qu’elle doit “changer de politique” en Syrie afin de “combattre le terrorisme”. Il a estimé que ce n’est pas à son pays de faire “un geste envers” Paris pour améliorer les relations entre les deux pays.

Interrogé sur le départ de Laurent Fabius du poste de ministre des affaires étrangères, il a déclaré  que “le changement de personnalités n’est pas vraiment d’une grande importance” et que c’était “plutôt le changement de politique” qui compte.

A propos des négociations de Genève:

“depuis le début de la crise, nous croyons totalement aux négociations et à l’action politique. Cependant, négocier ne signifie pas qu’on arrête de combattre le terrorisme. Les deux volets sont indispensables en Syrie (…) Le premier volet est indépendant du second”.

Bilan de l’intervention russe en Syrie et perspectives par Xavier Moreau :

Xavier Moreau est un analyste installé en Russie depuis 14 ans. Il est l’auteur de la “Nouvelle Grande Russie” et l’un des intervenants principaux du site d’analyses politico-stratégiques stratpol.com.

Emilie Defresne

emiliedefresne@medias-presse.info

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