La gauche l’appelle « le bio-testament » et exulte. La droite le nomme « euthanasie » et annonce qu’elle effacera la loi.

L’ultime étape pour faire passer la loi complexe sur « la fin de vie » ardemment souhaitée par la gauche italienne a eu lieu hier jeudi 14 décembre : le texte sur les « Dispositions anticipées de traitement et en matière de consentement éclairé, loi déjà passée à la Chambre des députés » a été voté sans modification par le Sénat italien. La loi a donc été approuvée avec 180 votes pour, 71 contre et 6 abstentions. En sa faveur : la gauche et les élus du mouvement populaire M5S (Mouvement 5 étoiles). Opposés : la droite et les catholiques en général.

« C’est un choix de civilisation. Un pas en avant pour la dignité de la personne »

a écrit sur touitter Paolo Gentiloni, l’actuel chef du gouvernement.

« La décision sur la fin de vie est loi. Il s’agit d’un pas en avant dans la direction de la liberté et de la prise de conscience des droits des malades. L’engagement maintenant sera d’accompagner avec soins et amour les malades. Accueillir, prendre soin, assister. Et respecter la liberté, toujours »,

déclare l’ancien premier italien Matteo Renzi, secrétaire du Parti démocrate.

Pour la droite, c’est une loi à effacer tout de suite, une fois revenue au pouvoir. La réaction des opposants est forte : bien loin d’être un « bio-testament », les catholiques, mais pas uniquement, parlent explicitement d’euthanasie et de suicides assistés autorisés.

« Ce n’est pas une loi sur le testament biologique mais « la voie italienne pour l’euthanasie » à laquelle nous nous opposons fermement, avec un nombre insuffisant. Mais cette opposition sera majoritaire demain, quand un nouveau parlement verra les rapports de force renversés et une majorité de centre-droit corrigera immédiatement les trois grandes distorsions de ce texte »

a déclaré un des opposants à la loi, Gaetano Quagliariello.

Le vice-président du Sénat, Maurizio Gasparri, de Forza Italia, a eu des paroles tout aussi fermes en définissant cette loi

« une abomination pleine de contradictions flagrantes ».

Pour lui, le texte « ouvre à une dérive euthanasique ».

La Ligue, qui désapprouve elle-aussi le texte, promet de mettre un frein « à cette dérive anthropologique » qui légitime « le suicide d’État ». « Une honte » a-t-elle précisé.

En attendant, c’est la culture de mort, et non la dignité de la personne humaine, qui a fait un pas en avant !

Francesca de Villasmundo

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