Sanctoral 

Vigile des saints Apôtres Pierre et Paul : « une veillée nocturne au tombeau de Saint Pierre »

Transportons-nous aujourd’hui encore dans l’ancienne Église. La chrétienté de Rome se réunit le soir autour du tombeau de saint Pierre pour y passer la nuit entière. Elle a amené aussi ses malades, qui trouveront peut-être la guérison au tombeau de l’Apôtre. Le service religieux commence. La communauté évoque d’abord le saint. Il lui semble voir sortir de la tombe le porte-clefs de l’Église ; elle le voit comme disciple et Apôtre du Christ ; elle le voit marcher sur les flots et, quand il enfonce, saisir la main de son Maître ; elle le voit dans la nuit de la Passion : « Il pleura amèrement » ; elle le voit devant le Ressuscité : « M’aimes-tu plus que ceux-ci ? » Elle le voit chef de la jeune Église, arrêté et emprisonné par Hérode. Elle écoute ses lettres pastorales, ses paroles sur le « sacerdoce royal » des fidèles. Elle s’intéresse au récit de son martyre douloureux. Ces images encadrent les psaumes et les hymnes que chante l’Église romaine. Vers le matin, « le Verbe devient chair » dans les saints mystères. On célèbre la messe, et la grâce de la Rédemption est versée par les mains de Pierre dans les cœurs des fidèles. Célébrons cette vigile dans l’esprit de l’ancienne Église.

La messe (Dicit Dóminus) semble plus ancienne que celle de la fête. Le thème principal est la prédiction du Seigneur annonçant à Pierre qu’il mourrait sur la croix. Ce thème retentit déjà dans l’Introït. Le psaume directeur est le psaume 18 qui, depuis l’antiquité, est appelé « Apóstolus », et fait allusion à la prédication apostolique. La leçon nous raconte la guérison du paralytique par saint Pierre (c’est la leçon du premier nocturne de la fête). L’Apôtre est le chef de l’Église, et l’Église nous dit aujourd’hui et chaque jour : « Au nom de Jésus-Christ, lève-toi et marche ». L’Évangile nous transporte sur les bords du lac de Génésareth. Là, le Seigneur ressuscité et glorifié prend avec ses disciples un mystérieux repas ; il fait de Pierre le pasteur de son Église et il lui annonce en même temps son martyre : « Par ces paroles, il indiquait par quelle mort il glorifierait Dieu ». Nous aussi nous devons être aujourd’hui Pierre. A la Communion, le Seigneur demande à chacun de nous : « M’aimes-tu plus que ceux-ci ? » Répondons : « Tu sais tout, tu sais aussi que je t’aime ».

Dans l’antiquité, et encore au VIIIème siècle, on célébrait dans la nuit du 28 au 29 juin à Rome deux messes : une à la basilique Saint-Pierre au Vatican, l’autre à la basilique Saint-Paul. La réforme de Jean XXIII a libéré le 28 juin de la fête de Saint Irénée, redonnant son grade de vigile majeure à la Vigile des deux Princes des Apôtres.

Saint Irénée, Évêque et Martyr

Saint Irénée naquit en Asie Mineure et y passa ses premières années. Il eut le bonheur insigne d’être, jeune encore, disciple de l’admirable évêque de Smyrne, Polycarpe. Irénée conçut une telle vénération pour son saint maître, que, non content de se pénétrer de sa doctrine et de son esprit, il modelait sur lui ses actions et jusqu’à son pas et sa démarche. Il fut bientôt fort instruit dans les Saintes Écritures et dans les traditions apostoliques, et déjà l’on pouvait prévoir en lui l’auteur futur de tant de saints ouvrages et surtout de ce travail si remarquable contre les Hérésies, où devaient puiser, comme à une source riche et sûre, tous les savants de l’avenir. Irénée était l’enfant chéri de Polycarpe; mais il était aussi l’espoir et la joie de toute la chrétienté. Jamais diacre ne s’acquitta de toutes ses fonctions avec tant de zèle. L’ardeur du jeune apôtre s’enflammait de plus en plus à la vue des missionnaires que Polycarpe envoyait dans les Gaules; aussi bientôt il reçut de son maître l’ordre impatiemment désiré d’aller au secours du vieil évêque de Lyon, saint Pothin. Polycarpe fit, au jour de la séparation, un grand sacrifice; mais il fit aussi une oeuvre féconde. Le bonheur du vénérable évêque des Gaules dépassa toutes ses espérances, quand il reconnut tout le mérite de son jeune auxiliaire. Avec Irénée, l’avenir de l’Église occidentale était sauvé. Une terrible persécution fit disparaître saint Pothin et un grand nombre de fidèles; les païens avaient cru noyer l’Église lyonnaise dans le sang de ses enfants; mais Irénée restait encore, et, par l’ordre du Pape Éleuthère, il montait bientôt sur le siège épiscopal de Lyon. Ses prières, ses prédications, ses exhortations, ses réprimandes, eurent bientôt reconstitué cette Église dévastée. La paix toutefois n’était que précaire, et la persécution fit couler de nouveau le sang des martyrs. Le temps d’Irénée n’était pas encore venu, son oeuvre n’était que commencée, et Dieu voulait lui donner le temps de l’accomplir. Quand, en 202, les horreurs de la persécution éclatèrent encore, l’Église de Lyon, toujours en vue, était prête à subir le choc. Irénée, plus que jamais, ranimait la foi de ses enfants et leur montrait le Ciel. Il fut au nombre des premières victimes; c’était la juste récompense due à ses longs travaux. Parmi tous les éloges que lui ont donnés les Saints, citons les titres glorieux de Zélateur du Nouveau Testament, Flambeau de la foi, homme versé dans toutes le sciences.

Martyrologe

La Vigile des saints apôtres Pierre et Paul.

A Lyon, en Gaule, saint Irénée, évêque et martyr Sa fête cependant est célébrée le cinq des nones de juillet.Au témoignage de saint Jérôme, il fut disciple du bienheureux Polycarpe évêque de Smyrne, et presque contemporain de l’âge apostolique. Après avoir fortement combattu contre les hérétiques par ses discours et ses écrits, il obtint durant la persécution de Sévère, avec la plus grande partie du peuple de la cité, la couronne d’un glorieux martyre.

A Utrecht, saint Bénigne, évêque et martyr.

A Alexandrie, durant la persécution de Sévère, les saints martyrs: Plutarque, Sérène; Héraclide catéchumène; Héron néophyte, un autre Sérène; avec les saintes femmes Rhaïde catéchumène; Potcamienne, et Marcelle sa mère. Parmi eux brilla principalement la vierge Potcamienne, qui eut à soutenir de nombreux et rudes combats pour sa virginité, endura des tourments raffinés et inouïs, et fut enfin brûlée avec sa mère.

Le même jour, saint Papius martyr. Durant la persécution de l’empereur Dioclétien, après avoir été battu de verges, jeté dans une chaudière pleine d’huile et de graisse bouillantes, après avoir souffert d’autres supplices affreux il présenta enfin sa tête au bourreau et fut couronné.

A Cordoue, en Espagne, saint Argymir, moine et martyr. Pendant la persécution arabe, il fut étendu sur le chevalet et percé du glaive pour la foi du Christ.

A Rome, saint Paul Ier, pape et confesseur.

A Lovère, au diocèse de Brescia, sainte Vincenza Gerosa, vierge, fondatrice avec sainte Bartholomea Capitanio de l’Institut des Sœurs de la Charité. Le pape Pie XII l’a inscrite sur la liste des saintes Vierges.

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Avez-vous lu les 4 évangiles ? Dans leur intégralité ?

Non, certainement. Beaucoup de chrétiens n’en connaissent malheureusement que de courts extraits lus à la messe.

Si vous en connaissiez le trésor, vous ne perdriez pas une minute. Ce livre ne peut-être plus beau, ce sont tous les détails de la vie de NSJC racontés par les 4 évangélistes.

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