Quand des élections – en l’occurrence les dernières législatives – donnent une majorité artificielle qui ne correspond pas au poids réel d’un mouvement, fût-il, En Marche, se pose la question, aussitôt et pour la énième fois, du scrutin à la proportionnelle. Qui, comme la fameuse Arlésienne, se fait toujours attendre. Probablement, parce que ce scrutin prétend remettre à plat la démocratie, la vraie, celle qui matérialise la véritable répartition numérique de chaque formation politique et qui peut faire que chaque électeur soit bien représenté ou que certains n’aient pas l’impression que leur vote passe à la trappe. Et, évidemment, cela n’arrange pas nécessairement les intérêts des gagnants au petit jeu majoritaire…

Tout le monde peut en convenir : il faut que la représentation démocratique soit corrélative à l’influence de chaque parti ! Ce n’est toutefois pas la norme, et cela depuis 1958, avec la mise en place du scrutin majoritaire à deux tours. Pourtant, autour de nous, tous les pays européens pratiquent, soit la proportionnelle intégrale, soit un savant mélange de scrutin majoritaire avec une dose de proportionnelle. Tout peut être envisageable, mais il semble que l’urgence soit de mise, car la surreprésentation des députés macronistes (70 à 80 % de l’Assemblée nationale, alors que dans le pays, ils ne représentent que 30 % des suffrages exprimés et 15 % des inscrits,) va poser un sérieux problème de visibilité aux autres formations, qui, elles, vont être sous-représentées. De façon scandaleuse ! Pour comparaison : avec 7 millions de voix, Macron va avoir une majorité écrasante, alors que ses adversaires, toutes voix confondues obtiennent 12 millions de voix, ne pourront, à peine, se partager que 20 % des sièges à l’Assemblée nationale… Où est l’erreur ?

Le raz-de-marée macroniste, en trompe l’œil (51 % d’abstention, plus tous les votes contre, ça fait beaucoup de monde qui ne voulait pas “marchait”) souligne l’incohérence et l’outrance de notre système électoral. En profitant d’une forte abstention, ceux qui ont voté, avec une colère bien légitime, ont pratiqué le grand remplacement législatif et la mise à mort des grands partis traditionnels. De ce fait, ils ont provoqué, volontairement ou non, une remise à plat salutaire. Pour nos institutions, pour chaque formation et pour chaque responsable politique. Qui vont être obligés de se remettre en cause. D’abord, prioritairement, les perdants, sur leurs propres échecs et ensuite, tous, sur la manière de faire de la politique autrement, de la politique qui corresponde, au plus près, à la demande des Français et à ce qu’ils veulent vraiment. En les écoutant. Ce ne devrait pas être très difficile !

Le scrutin majoritaire devient une aberration politique dans un pays en proie au doute. La démocratie, pour être réellement représentative, exige une juste transcription des votes exprimés. Il est grand temps que les citoyens reprennent le contrôle de leur destin en exigeant le scrutin à la proportionnelle intégrale, pour toutes les élections. Et surtout, qu’ils imposent à leurs représentants un minimum d’écoute, de respect, pour qu’ils les représentent réellement. Une délégation de pouvoirs ne peut être une trahison ou une simple extrapolation des désirs d’autrui à son ambition personnelle.

La question du scrutin à la proportionnelle va, inévitablement, se poser de plus en plus. Personne ne pourra y échapper et, à moins de passer pour un Tartuffe indécrottable, il faudra bien, d’une manière ou d’une autre, aborder le sujet. Sérieusement !

Pour en finir, une fois pour toute, avec l’usurpation de la représentation démocratique.

Claude PICARD

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