Marine Le Pen a été reçue, pour la première fois, aujourd’hui par Vladimir Poutine au Kremlin et ensuite elle a été reçue à la Douma, le parlement des députés, à l’invitation d’un de ses membres éminents, Leonid Sloutski, le Président de la commission des Affaires étrangères.

La candidate du Front national, s’est rendue à Moscou à l’invitation personnelle du président de la commission des affaires étrangères de la Douma ainsi que celui-ci l’a précisé.
Le président russe a précisé:

«Chère Madame Le Pen, ce n’est pas la première fois que vous venez à Moscou, je suis heureux de vous accueillir», a déclaré le chef de l’Etat russe, à l’occasion de la visite de la candidate frontiste à Moscou, qui a répondu favorablement à une invitation du Parlement russe.

«Nous prêtons une grande importance à nos relations avec la France, en essayant d’entretenir des relations égales avec les autorités au pouvoir et avec les représentants de l’opposition. Je sais que maintenant la campagne présidentielle bat son plein en France», a-t-il poursuivi rappelant que « Nous ne voulons en aucun cas avoir de l’influence sur les événements à venir, mais nous nous réservons le droit de communiquer avec les représentants de toutes les forces politiques du pays, comme le font nos partenaires européens ou des Etats-Unis, a tenu à préciser Vladimir Poutine. »

Vladimir Poutine a toutefois ajouté : « Il est intéressant d’échanger avec vous sur la façon de développer nos relations bilatérales et la situation en Europe. Je sais que vous représentez un spectre politique européen qui se développe assez rapidement ».

Une phrase en forme de clin d’œil, qui dément un peu la précédente. Il est exceptionnel que Vladimir Poutine reçoive un candidat à une élection présidentielle à une date aussi rapprochée de l’élection. La coutume l’amène plutôt à rencontrer des chefs d’État de son rang ou des chefs de gouvernement. Parmi les autres candidats, François Fillon est sur la même ligne de politique étrangère vis-à-vis de la Russie. 

La candidate à la Présidence de la République française a, de son côté, affirmé qu’elle souhaitait « développer les relations avec la Russie dans le cadre de cette longue histoire qui lie nos deux pays ». Elle a, en outre, rappelé son attachement à la normalisation des «relations culturelles, économiques et stratégiques» entre la France et la Russie. Particulièrement «au moment où nous sommes confrontés à un danger terroriste majeur».

«Aucune lutte concrète et efficace contre le terrorisme ne pourra enregistrer de succès sans que l’ensemble des grandes nations ne soit côte à côte dans cette lutte», a-t-elle poursuivi.

Marine Le Pen doit également participer ce vendredi aux travaux de la commission des affaires étrangères de la Douma, la chambre basse du Parlement, puis rencontrer son président (Le président du Parlement) Viatcheslav Volodine.

Par ailleurs, Jeudi, le chef de la diplomatie russe, Sergueï Lavrov, a affirmé que la présidente du Front national n’était pas une « populiste » mais une « réaliste » ou une « antimondialiste » :

« Je ne décrirais ni Donald Trump ni Marine Le Pen comme des “marginaux”, ne serait-ce que parce qu’ils sont complétement intégrés dans les principes de base du fonctionnement des États américains et français », a affirmé ce jeudi 23 mars M. Lavrov.

Antimondialiste, c’est bien ainsi que se définit elle-même Marine Le Pen. 

 

Financement de campagne électorale ?

Face à Jean-Jacques Bourdin jeudi 23 mars, Marine Le Pen avait affirmé qu’elle avait fini par trouver un prêt pour financer sa campagne électorale dans une banque d’un pays étranger, du fait que les banques françaises le lui refusait. S’agirait-il d’une banque russe ? (Voir la vidéo ci-dessous) A noter que Florian Philippot, invité de franceinfo vendredi 24 mars, a été très affirmatif:

“Ce que je peux vous dire, c’est que nous n’aurons pas, je peux vous l’assurer à 100%, de financement venant d’une banque russe”. 

Lors d’autres déclarations la candidate du FN avait précisé qu’aucune banque occidentale en plus des banques françaises avait accepté de lui accorder un prêt pour sa campagne électorale, bien qu’elle soit en tête de pratiquement tous les sondages. Une manière d’empêcher la candidate de participer à la campagne électorale ou de l’obliger à se retourner vers un pays étranger en froid avec l’OTAN, pour mieux lui reprocher ensuite d’être en conflit d’intérêt. Or,  la position du FN vis-à-vis de la Russie est stable et inchangé depuis des années: en conformité avec le programme du FN, la candidate à la présidentielle propose de reconnaître, si elle accède à l’Élysée, le rattachement de la Crimée à la Russie et de lever les sanctions économiques imposées par l’Union européenne. Elle propose aussi une lutte commune contre le terrorisme islamique, position antérieure à l’engagement officiel de la Russie dans le conflit en Syrie. Sur les relations entre la Russie et la France, François Fillon propose la même politique que son adversaire Marine Le Pen, telle qu’il l’a encore développée lors du débat de la Primaire sur TF1.

Ce vendredi matin, le secrétaire général du FN, Nicolas Bay, a souligné que Marine Le Pen était « la moins isolée des candidats à la présidentielle […] avec Donald Trump à l’ouest et Vladimir Poutine à l’est ». « Marine Le Pen cherche à rencontrer tous ceux qui, à travers le monde, sont en phase avec ses préoccupations : l’émergence d’un monde multipolaire, le respect des États souverains. Partout dans le monde, il y a cette aspiration des peuples au patriotisme », a-t-il ajouté.

Concernant la Russie, il a précisé: « l’UE a organisé des sanctions, la Russie a organisé une riposte légitime, un embargo sur nos produits agricoles. Il faut des relations internationales saines et équilibrées », « Marine Le Pen ne veut pas qu’on se mette sous la tutelle de la Russie, mais retrouver des relations normales et apaisées avec une grande puissance. »

Marine Le Pen s’est rendue déjà à plusieurs reprises en Russie, mais elle n’a jamais encore rencontré officiellement Vladimir Poutine. Elle avait démenti en leur temps, les assertions de son ex-conseiller international Aymeric Chauprade, qui avait suggéré qu’une telle rencontre avait eu lieu.

Voir aussi: 

emiliedefresne@medias-presse.info

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