Franck Favier, agrégé et docteur en histoire, est l’auteur de plusieurs ouvrages consacrés au Premier Empire.

Il vient de publier une biographie du maréchal Marmont (1774-1852), duc de Raguse, personnage tragique que Napoléon traita de Judas. Son titre lui-même servira à signifier la trahison au XIXe siècle par le mot “ragusade” et le verbe “raguser”.

La vie de Marmont semble donc se résumer aux justifications impossibles des événements de 1814 et de 1830. Elles firent du duc de Raguse le maréchal du malheur : malheur pour l’épopée impériale, malheur pour la Restauration, malheur aussi pour le maréchal lui-même dans ses affaires et dans son mariage.

Pourtant, sa vie militaire fut tout à fait extraordinaire, à l’image de nombre de ses camarades : Toulon, l’armée du Rhin, les campagnes d’Italie et d’Egypte, le commandement de l’artillerie à Marengo, l’administration des Provinces Illyriennes, le maréchalat en 1809, les campagnes d’Allemagne et de France… Autant de faits où il s’illustra de façon courageuse. De même, son mariage avec Hortense Perrégaux le plaça parmi les familles les plus riches de l’Empire. Armée, amour et argent, le maréchal possédait tout. Mais, critiqué dès 1809, lors de son errance pendant la bataille de Wagram, Marmont commença alors sa longue descente vers l’humiliation : défaite des Arapiles, défaite de Fère-Champenoise, soupçons de trahison dès la campagne de France. Sa défection de 1814 entraîna sa chute.

Ensuite, pendant la Restauration, il fut moqué, détesté à la Cour, et ne put redresser le cours de sa destinée. 1830 fut alors sa deuxième tache et l’entraîna dans un exil définitif.

Marmont, Franck Favier, éditions Perrin, 368 pages, 23 euros

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Un commentaire

  1. Daniel Daflon says:

    Marmont, un soldat brave et compétent, mais envieux et avide d’honneurs. Il a commencé à avoir de la rancune envers l’Empereur parce qu’il n’a pas fait partie des premiers généraux nommés maréchaux. Comblé d’honneurs et de pensions par Napoléon, tel Judas, il résolut de trahir l’Empereur et ses propres soldats. Dès lors ce fut sa déchéance : Les Français, y compris les royalistes, le méprisaient ainsi que les envahisseurs au service desquels il s’était mis.
    Au final, un homme décevant et lamentable.

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