mgr-guido-pozzoLa porte a claqué sur les doigts de Mgr Pozzo. En effet, dans le communiqué de la FSSPX issu de la réunion de ses supérieurs majeurs, il est indiqué que dans la “confusion qui règne actuellement dans l’Eglise, la proclamation de la doctrine catholique exige la dénonciation des erreurs qui ont pénétré en son sein, malheureusement encouragées par un grand nombre de pasteurs, jusqu’au Pape lui-même.”

Accuser le pape de répandre des erreurs, ce n’est pas rien…en même temps, il est bien difficile de passer à côté des énormités et des hérésies répétées et incessantes du pape François. Le fait est qu’une telle affirmation n’aide en rien à une éventuelle “reconnaissance”, surtout quand c’est le Chapitre Général, composé majoritairement des supérieurs majeurs, qui est le seul apte à accepter un statut de la part de Rome. Or les supérieurs majeures constituent la majorité des membres du Chapitre Général.

Mais il en faut plus pour décourager le diplomate romain, car à Rome on ne parle plus le langage de la Vérité, mais celui de la politique et de la diplomatie. Mgr Pozzo a donc réagit deux jours plus tard dans une interview à Radio Vatican :

Comment interprétez-vous ce communiqué ?
Il ne dit rien de nouveau au regard de positions déjà bien connues de la Fraternité, au sujet de la situation de l’Église aujourd’hui.
Je peux éventuellement ajouter que lorsqu’on se réfère au manque de reconnaissance canonique, que la Fraternité ne considère pas comme primordiale en ce moment, et bien, je peux dire que la reconnaissance canonique du Saint-Siège est une condition essentielle pour qu’une œuvre catholique soit en pleine communion ecclésiale, selon le Droit (canon). Cette reconnaissance n’existe pas encore, mais nous travaillons à cette fin.

Benoît XVI tenait beaucoup à ce travail afin de parvenir à l’unité avec la Fraternité Saint-Pie X. Le Pape François est-il dans la même optique ?
Oui, absolument. Le Pape François a l’unité de l’Église à cœur, ainsi que toute ce qui peut y contribuer. Il est disponible, et cela, je le crois, a été perçu par Mgr Fellay. Mais nous ne pouvons nier qu’il reste des problèmes à résoudre, à affronter.

Donc, de la part du Saint-Siège et de votre commission Ecclesia Dei, il y a ouverture et fermeté…
La fermeté porte sur ce qui est essentiel pour être catholique. De ce point de vue, il n’y a aucun changement. Mais je ne crois pas qu’il s’agisse ici de fermeté. On parle juste d’affronter les problèmes et de les résoudre, de les résoudre ensemble. L’ouverture est dans ce sens. Nous avons identifié les questions à traiter, nous sommes en train d’y travailler, il faudra du temps, ainsi qu’une disponibilité réciproque.

Affirmer que “la reconnaissance canonique du Saint-Siège est une condition essentielle pour qu’une œuvre catholique soit en pleine communion ecclésiale” est bien trop insuffisant même si cela n’est pas faux. 

Le lien canonique n’est pas une fin en soi, encore moins en temps de crise. Ce lien vient sanctionner le partage d’une même Foi. Toute la difficulté de la crise actuelle, crise sans commune mesure avec toutes les précédentes, vient du fait que c’est le pape qui déverse dans l’Eglise des doctrines erronées, et que de fait, tous les papes postérieurs au concile Vatican II, loin de confirmer leurs frères dans la Foi, les en détournent.

Devant un tel mystère, il convient d’établir la hiérarchie des choses, car dans le cas présent, il y a incompatibilité entre le fait de conserver la Foi exprimée à travers le Magistère constant de l’Eglise et un éventuel lien canonique qui ne sera accordé que si précisément les nouveautés conciliaires contraires à cette Foi sont acceptées.

Il est bien évident que la Foi est au-dessus d’un lien canonique qui n’a pas de sens ni de valeur s’il est déconnecté de cette Foi.

C’est bien l’erreur majeure de Mgr Pozzo, et in fine du concile Vatican II, qui recherche une unité déconnectée de la Foi. Car comment affirmer que “le Pape François a l’unité de l’Église à cœur” quand celui-ci se contrefiche de la doctrine quand il ne la foule pas aux pieds tout simplement ! Et quand Mgr Pozzo indique que vis-à-vis de la FSSPX “la fermeté porte sur ce qui est essentiel pour être catholique”, c’est l’Hôpital qui se rit de la Charité ! Car jusqu’à preuve du contraire ce n’est pas la FSSPX ni tous les catholiques attachés à la Tradition qui ont par exemple institué un “divorce catholique” au mépris du sacrement de mariage et donné l’accès sacrilège de la communion aux “divorcés-remariés” !

Et si “la fermeté porte sur ce qui est essentiel pour être catholique”, que manque-t-il à la FSSPX ? Mgr Pozzo pourrait-il nous l’expliquer ? Il serait plus honnête de dire que dans cette Rome moderniste et néo-protestante la fermeté porte sur ce qui est essentiel pour ne plus être catholique ou l’être moins : cela commence sans doute pour ces ennemis de la doctrine catholique par ne plus dénoncer les erreurs pour in fine, les accepter. Ce fut le chemin que suivit par exemple l’Union Sacerdotale Saint Jean-Marie Vianney enfermée et piégée dans une “reconnaissance canonique” : à l’époque eux aussi déclarèrent qu’« accord suppose concessions et marchandages, ce qui ne fut vraiment pas le cas”. De fait, aucune concession doctrinale ne fut couchée sur le papier. Aujourd’hui cette congrégation est totalement empoisonnée par l’Eglise conciliaire et son évêque concélèbre autant de fois qu’il lui est demandé dans le rite néo-protestant de Paul VI.

C’est de cette folie qu’il est nécessaire de se préserver afin de continuer à temps et à contre temps de “porter fidèlement la lumière de la Tradition bimillénaire qui montre la seule route à suivre en cette époque de ténèbres où le culte de l’homme se substitue au culte de Dieu, dans la société comme dans l’Eglise“.

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