Ex parte diabolo. Considérations sur le Grand Reset.

Vos ex patre Diabolo estis,

et desideria patris vestri vultis facere.

Jn 8, 44

par Monseigneur Carlo Maria Viganò

Je tiens à remercier de tout cœur le cher Professeur Massimo Viglione pour m’avoir invité à participer – pour ainsi dire à distance – à la conférence qu’il a organisée en tant que Président de la Confédération des Triarii. J’adresse également mes salutations les plus chaleureuses à chacun des illustres participants à cet événement. Permettez-moi de vous exprimer ma plus profonde estime et mes remerciements les plus fervents pour le témoignage courageux, les contributions éclairantes et l’engagement inlassable dont vous faites preuve depuis Février de l’année dernière. Je vous encourage à ne pas reculer dans cette bataille mortelle que nous sommes tous appelés à mener en cette heure de l’histoire, sombre comme jamais auparavant. « Enfin, puisez votre énergie dans le Seigneur et dans la vigueur de sa force. Revêtez l’équipement de combat donné par Dieu, afin de pouvoir tenir contre les manœuvres du diable. Car nous ne luttons pas contre des êtres de sang et de chair, mais contre les Dominateurs de ce monde de ténèbres, les Principautés, les Souverainetés, les esprits du mal qui sont dans les régions célestes. Pour cela, prenez l’équipement de combat donné par Dieu ; ainsi, vous pourrez résister quand viendra le jour du malheur, et tout mettre en œuvre pour tenir bon » (Ep 6,10-13). La brève réflexion que je vais vous proposer est en quelque sorte une anticipation en forme réduite de mon intervention au sommet de Venise qui se tiendra le 30 mai prochain, organisé par le professeur Francesco Lamendola, et auquel certains d’entre vous participeront.

En 1932, lorsque Staline décida d’éliminer des millions d’Ukrainiens dans le génocide qui fut l’Holodomor, il planifia une famine en saisissant les denrées alimentaires, en prohibant le commerce, en interdisant les voyages, en censurant ceux qui rapportaient la vérité.  Ce crime contre l’humanité, récemment reconnu par de nombreux États dans le monde, fut mené selon des méthodes qui ne sont pas différentes de celles adoptées lors de la soi-disant “urgence pandémique” pour le Grand Reset.

Un paysan ukrainien de l’époque aurait pu se demander : « Pourquoi Staline n’envoie-t-il pas des provisions, au lieu d’interdire l’ouverture des magasins et tout mouvement ? Ne se rend-il pas compte que de cette façon, nous allons tous mourir de faim ? ». Pourtant, un observateur non soumis à la propagande communiste lui aurait répondu : « Parce que Staline veut éliminer tous les Ukrainiens, et il met cela sur le compte d’une famine qu’il a sciemment provoquée dans ce but». Le paysan aurait commis la même erreur que ceux qui, aujourd’hui, en présence d’une prétendue pandémie, se demandent pourquoi les gouvernements ont sabordé préventivement la santé publique, affaibli les plans nationaux de lutte contre les pandémies, interdit des traitements efficaces, administré des thérapies nocives, voire mortelles, et obligent maintenant les citoyens, sous la menace de prolonger les confinements, les couvre-feux et des pass sanitaires anticonstitutionnels, pour subir des vaccins qui non seulement ne confèrent aucune immunité, mais entraînent également de graves effets secondaires à court et à long terme et favorisent la propagation de formes plus résistantes du virus.

Chercher une logique dans ce que nous disent les grands médias, les dirigeants, les virologistes et les soi-disant “experts” est pratiquement impossible, mais ce caractère absurde disparaît comme par magie et rentre dans la rationalité la plus cynique si seulement nous renversons notre point de vue. C’est-à-dire que nous devons abandonner l’idée que nos gouvernants agissent pour notre bien et, plus généralement, que nos interlocuteurs sont honnêtes, sincères et animés par des principes bons.

Bien sûr, il est plus facile de penser que la pandémie est réelle, qu’il existe un virus mortel qui fauche des millions de victimes et que les gouvernements et les médecins devraient être appréciés pour l’effort déployé face à un événement qui les a tous pris au dépourvu, ou que “l’ennemi invisible” est en fait terrassé par le prodigieux vaccin que les entreprises pharmaceutiques, dans un pur esprit humanitaire et sans intérêt économique quelconque, ont produit en très peu de temps. Et puis il y a les parents, les amis et les collègues qui nous regardent comme si nous étions fous, qui nous traitent de “conspirationnistes” ou, comme quelques intellectuels conservateurs commencent à le faire avec moi, nous accusent d’exaspérer le ton d’une confrontation qui, si elle était modérée, aiderait à comprendre les termes du problème. Et aussi, si nos amis fréquentent la paroisse, nous les entendrons nous dire que même François a recommandé les vaccins, dont le professeur Untel a affirmé qu’ils sont moralement acceptables même s’ils sont produits avec des fœtus avortés, puisque – nous rappelle-t-il – ceux qui critiquent maintenant le vaccin contre le Covid ont accepté ceux qui ont été administrés jusqu’à présent, même si ceux-ci sont obtenus par des avortements.

Le mensonge séduit beaucoup de monde, même parmi les conservateurs et les traditionalistes eux-mêmes. Même nous, parfois, avons du mal à croire que les ouvriers d’iniquité sont si bien organisés, qu’ils ont réussi à manipuler l’information, à soumettre les politiciens au chantage, à soudoyer les médecins, à intimider les commerçants, à forcer des milliards de personnes à porter une inutile muselière et à considérer le vaccin comme le seul moyen d’échapper à une mort certaine. Pourtant, il suffit de lire les directives que l’OMS a rédigées en 2019 sur le “Covid-19” à venir, pour comprendre qu’il n’y a qu’un seul scénario sous une seule direction, avec des acteurs s’en tenant au rôle qui leur est assigné et une claque de plumitifs qui déforment éhontément la réalité.

Examinons l’ensemble de l’opération de l’extérieur, en essayant d’identifier les éléments récurrents : le caractère inavouable du projet criminel de l’élite ; la nécessité de le dissimuler sous des idéaux acceptables ; la création d’une situation d’urgence pour laquelle l’élite a déjà prévu la solution, qui en d’autres circonstances aurait été jugée inacceptable. Qu’il s’agisse d’une augmentation des fonds alloués à l’armement ou d’un renforcement des contrôles immédiatement après l’attaque des Twin Towers, de l’exploitation des ressources énergétiques de l’Irak sous prétexte que Saddam Hussein possédait des armes chimiques et bactériologiques, ou de la transformation de la société et du travail à la suite d’une pandémie : par derrière, il y a toujours un prétexte, une cause apparente, quelque chose de faux qui cache la réalité. Un mensonge, en somme ; une fraude.

Le mensonge est la marque de fabrique des auteurs des Grands Resets des siècles derniers : la pseudo-réforme protestante, la Révolution française, le Risorgimento italien, la Révolution russe, les deux guerres mondiales, la révolution industrielle, Mai 68 et la chute du mur de Berlin. A chaque fois, si vous remarquez, la raison apparente de ces révolutions n’a jamais correspondu à la raison réelle.

Dans cette longue succession de Grands Resets organisées par la même élite de conspirateurs, même l’Église Catholique n’a pas réussi à s’échapper. Pensez-y : que nous ont dit les liturgistes du Concile lorsqu’ils ont voulu nous imposer la messe réformée ? Que le peuple ne comprenait pas, qu’il fallait rendre la liturgie compréhensible, pour permettre une plus grande participation des fidèles. Et au nom de cette prophétie, de ce faux prétexte, ils n’ont pas traduit la messe apostolique, mais en ont inventé une autre, parce qu’ils voulaient effacer le principal obstacle doctrinal au dialogue œcuménique avec les protestants, en endoctrinant les fidèles avec la nouvelle ecclésiologie de Vatican II.

Comme toutes les fraudes, celles qui sont orchestrées par le diable et ses suppôts sont basées sur de fausses promesses qui ne seront jamais tenues, en échange desquelles nous cédons un certain bien qui ne nous sera pas rendu. Au Jardin d’Eden, la perspective de devenir comme des dieux a conduit à la perte de l’amitié avec Dieu et à la damnation éternelle, que seul le sacrifice rédempteur de notre Seigneur pouvait réparer. Et Satan tenta aussi notre Seigneur, comme d’habitude par un mensonge : « Je te donnerai toute cette autorité, ainsi que la gloire de ces royaumes, parce qu’elle m’a été livrée, et je la donne à qui je veux. Si donc tu te prosternes devant moi, elle sera toute à toi » (Luc 4, 6-7). Mais rien de ce que Satan a offert à notre Seigneur n’était vraiment à lui, et il ne pouvait pas le donner à qui il voulait, et encore moins à Celui qui est le Seigneur et le Maître de tous. La tentation du diable est fondée sur la tromperie : que pouvons-nous attendre de Celui qui est « meurtrier dès le commencement » (Jn 8,44), « menteur et père du mensonge » (ibid.) ?

Avec la pandémie, on nous a progressivement dit que l’isolement, les confinements, les masques, les couvre-feux, les messes en streaming, l’enseignement à distance, le télétravail, les fonds de l’Europe, les vaccins, les pass vaccinaux nous permettraient de sortir de l’urgence. En croyant à ce mensonge, nous avons renoncé à des droits et à des modes de vie dont on nous prévient qu’ils ne reviendront jamais : « Rien ne sera plus comme avant » . La “nouvelle normalité” représentera toujours une concession; pour l’obtenir nous accepterons la privation de libertés que nous tenions pour acquises, et nous ferons des compromis sans comprendre le caractère insensé de notre acquiescement et l’obscénité des exigences de ceux qui nous commandent, nous donnant des ordres si absurdes qu’ils exigent vraiment une abdication totale de la raison et de la dignité. A chaque étape, un nouveau tour de vis, un pas de plus vers l’abîme : si nous ne nous arrêtons pas dans cette course au suicide collectif, nous ne reviendrons jamais en arrière.

Il est de notre devoir de dévoiler la supercherie de ce Grand Reset, car elle remonte à tous les autres assauts qui, tout au long de l’histoire, ont cherché à contrecarrer l’œuvre de la Rédemption et à établir la tyrannie de l’Antéchrist. Car c’est bien cela, en fait, que visent les architectes du Grand Reset. Le Nouvel Ordre Mondial – en consonance significative avec le Novus Ordo conciliaire – renverse le cosmos divin pour répandre un chaos infernal, dans lequel tout ce que la civilisation a laborieusement construit au cours des millénaires sous l’inspiration de la Grâce est renversé et perverti, corrompu et effacé.

Il est nécessaire pour chacun de nous de bien comprendre que ce qui se passe n’est pas le fruit d’une malheureuse suite d’événements fortuits, mais répond à un plan diabolique – en ce sens que derrière tout cela il y a le Malin – qui, au cours des siècles, poursuit une seule et unique fin : détruire l’œuvre de la Création, contrecarrer la Rédemption et effacer toute trace de Bien sur la terre. Et pour obtenir cette fin, le dernier pas est l’établissement d’une synarchie dans laquelle commandent quelques tyrans sans visage, assoiffés de pouvoir, dévoués au culte de la mort et du péché, à la haine de la vie, de la vertu et de la beauté parce que c’est en elles qui brille la grandeur de ce Dieu, contre lequel ils crient encore aujourd’hui leur infernal « Non serviam ». Les membres de cette secte maudite ne sont pas seulement Bill Gates, George Soros ou Klaus Schwab, mais ceux qui complotent dans l’ombre, depuis des siècles, pour abattre le Royaume du Christ : les Rotschild, les Rockefeller, les Warburg et ceux qui, aujourd’hui, en sont venus à s’allier avec les dirigeants de l’Église, en utilisant l’autorité morale du Pape et des Evêques pour convaincre les fidèles de se faire vacciner.

Nous savons que le mensonge est l’emblème du diable, la marque de fabrique de ses serviteurs, le signe de reconnaissance des ennemis de Dieu et de l’Église. Dieu est la Vérité, le Verbe de Dieu est vrai et Lui-même est Dieu : dire la vérité, la crier sur les toits, révéler la tromperie et ses auteurs est une œuvre sacrée et le catholique – comme toute personne ayant conservé un minimum de dignité et d’honneur – ne peut échapper à ce devoir.

Chacun de nous a été conçu, voulu et créé pour rendre gloire à Dieu et pour faire partie du grand plan de la Providence : depuis l’éternité, le Seigneur nous a appelés à partager avec Lui l’œuvre de la Rédemption, à coopérer au salut des âmes et au triomphe du Bien. Chacun de nous a aujourd’hui la possibilité de choisir de se ranger du côté du Christ ou contre le Christ, de lutter pour la bonne cause ou de se faire complice des ouvriers d’iniquité. La victoire de Dieu est absolument certaine, comme est certaine la récompense qui attend ceux qui font le choix de se ranger du côté du Roi des rois ; et certaine est la défaite de ceux qui servent l’Ennemi, certaine sa damnation éternelle.

Cette supercherie va s’effondrer, s’effondrer inexorablement ! Efforçons-nous tous, avec un zèle renouvelé, de rendre à notre Roi cette couronne que ses ennemis lui ont arrachée. Je vous exhorte à faire régner Notre Seigneur dans vos âmes, dans vos familles, dans vos communautés, dans l’État, dans le travail, dans les écoles, dans les lois et les tribunaux, dans les arts, dans l’information, dans tous les domaines de la vie privée et publique.

Nous venons de célébrer les apparitions de la Vierge Immaculée aux Pastoureaux de Fatima : nous nous souvenons de l’avertissement de la Vierge sur les dangers et les châtiments qui attendent le monde s’il ne se convertit pas et ne fait pas pénitence. « Ce genre de démons ne peut être chassé que par la prière et le jeûne » (Mt 17, 20), dit le Seigneur. En attendant qu’un Pape obéisse pleinement aux demandes de la Mère de Dieu en consacrant la Russie à son Cœur Immaculé, consacrons-nous à Elle, nous et nos familles, en persévérant dans la vie de Grâce sous la bannière du Christ Roi. Que notre très sainte Mère et Reine, Marie Très Sainte, règne aussi avec Lui.

+ Carlo Maria Viganò, archevêque

15 Mai 2021

Sabbato post Ascensionem

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Le mariage chrétien. Allocutions du pape Pie XII

Au cours de ses audiences, le pape Pie XII avait l’habitude de s’adresser aux nouveaux mariés, venus à Rome pour leur voyage de noces.

Le Saint-Père leur parlait du rôle respectif de l’homme et de la femme, de leur harmonieuse collaboration, de l’amour qui les lie, des grâces sacramentelles auxquelles ils ont droit, des épreuves qu’ils pourront rencontrer, mais surtout des joies qui leur seront données, de la bénédiction des enfants et de l’éducation qui en est le corollaire.

Le Pasteur angélique possédait, à un degré étonnant, le don de renouveler un sujet, de varier son discours ou d’aborder un même thème sous des aspects différents. Chacune de ses allocutions est ainsi profondément originale et ouvre au lecteur des perspectives inédites.

De ces textes riches de doctrine, de fine psychologie, de conseils avertis, Pie XII n’a pas voulu faire un exposé technique. C’est une âme vivante et sensible qui s’exprime, celle d’un père qui communique à ses enfants son espérance surnaturelle en la valeur inestimable du mariage chrétien.

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