A l’Est, dans cette Europe slave qui défend son identité et sa culture, les migrants massés à la frontière biélorusse repartent chez eux. La fermeté des Polonais pour empêcher l’invasion, contre vents et marées, contre les technocrates de l’Union européenne et les pleureuses de la bien-pensance, a gagné. L’aéroport de Minsk, capitale Biélorussie, est plein à craquer d’aspirants à l’Eldorado européen déboutés qui rentrent chez eux.

A l’Ouest, dans cette Europe dévirilisée, déchristianisée, soumise à la déconstruction systématique promue par une intelligentzia mondialiste et apatride, bastion de la conscience morale universelle et des ONG pseudo-humanitaristes, la mort d’une trentaine de migrants qui tentaient de traverser la Manche pour rejoindre de France l’Angleterre, remet la question de l’accueil de toute la misère du monde au centre du débat politique. Et confirme les limites des injonctions bruxelloises et l’absence d’une politique européenne claire de défense des frontières.

Face au réel, Londres aux prises avec la plus massive « invasion » outre-Manche depuis le débarquement normand en 1066, résiste. Et la France ploie. La polémique anglo-française concernant l’immigration s’est aggravée. Londres déplore l’arrivée de France, en moins d’un an, de plus de 26 000 immigrés clandestins dont 1 185 en une seule journée. Le gouvernement britannique a donc durci sa position vis-à-vis de la France mais aussi de l’Union européenne incapable de contrôler ses frontières tant entrantes que sortantes.

La colère de Londres est compréhensible, étant donné qu’environ un millier de personnes sont arrivées de la Manche en 2019 et environ 8.000 en 2020. Les 30 migrants clandestins décédés mercredi en tentant de traverser la Manche, dont des enfants et des femmes enceintes, ont amplifié la polémique. Le gouvernement britannique a « à plusieurs reprises » proposé à Paris du personnel et des moyens supplémentaires pour patrouiller la frontière en proposant de couvrir les coûts jusqu’à 54 millions de livres (près de 63 millions d’euros) pour tenter de décourager les passages, a déclaré un porte-parole du premier ministre Boris Johnson.

Le Royaume-Uni a renouvelé son offre de patrouilles conjointes avec la France dans la Manche, a réitéré hier le ministre britannique de l’Intérieur, Priti Patel, faisant référence à une conversation qu’il a eue avec son homologue français Gérald Darmarin. Patel a ensuite précisé que la traversée était « inutile » pour les immigrés clandestins, ajoutant que « personne ne doit quitter la France » pour être en sécurité. Le ministre a rappelé que les personnes devraient demander l’asile dans le premier « pays sûr » qu’elles atteignent après avoir quitté leur pays, anticipant une nouvelle loi sur les frontières qui s’attaquera aux « facteurs d’attraction » qui incitent les migrants illégaux à tenter d’atteindre le Royaume-Uni.

Les demandes d’asile au Royaume-Uni ont atteint cette année leur plus haut niveau depuis 2004, certifie le British National Bureau of Statistics (Ons). 37 562 demandes d’asile jusqu’en septembre, ce qui correspond à une augmentation de 18% par rapport à 2021, alors qu’il y en a 67 547 en attente d’évaluation. Les demandeurs sont principalement originaires d’Iran, d’Érythrée, d’Albanie, d’Irak et de Syrie.

Le président français Emmanuel Macron a appelé à un renforcement de la coopération européenne en matière de migration irrégulière, déclarant que « la France ne permettra pas que la Manche devienne un cimetière ». Curieusement, exactement ce que l’Italie demande en vain depuis des années. Mais Macron a également déclaré à Johnson, lors d’un entretien téléphonique, qu’  « il s’attend à ce que les Britanniques coopèrent pleinement et s’abstiennent d’exploiter une situation dramatique à des fins politiques ». Mercredi, le Premier ministre britannique avait déclaré que les efforts déployés sur la crise migratoire n’étaient pas suffisants et qu’il avait « du mal à convaincre certains partenaires, notamment les Français, d’être à la hauteur de la situation ».

Des flux migratoires aussi massifs et similaires, même en nombre de ceux qui ont franchi illégalement la frontière cette année, à destination de la Grande-Bretagne et de la Pologne, contribuent à ridiculiser l’Europe et sa capacité et sa volonté de défendre les frontières. L’absence de politiques communes, de refoulement et de volonté afin de ne pas accepter d’immigrants illégaux et de poursuivre les trafiquants encouragent en effet les migrants et les organisations criminelles qui les gèrent.

L’augmentation des traversées de la Manche est inacceptable pour le gouvernement et la société britanniques et renforce le détachement de Londres de l’Union européenne. Une UE qui paie une fois de plus l’absence d’une politique du tiers-monde claire et sans ambiguïté, comme l’a bien illustré le refus de la Commission de financer la construction de barrières anti-immigration irrégulière à ses frontières extérieures, demandées par pas moins de 13 États membres.

Cette énième crise des migrants illégaux le long des frontières des États individuels confirme une fois de plus l’absence de l’UE dans la défense des frontières communes. Sa volonté de ne pas aider à la construction de « murs » et de ne pas appliquer d’autres mesures pour décourager le trafic de migrants le long des frontières extérieures de l’UE conduira inévitablement à devoir faire face aux murs intérieurs érigés par les États individuels et à l’augmentation des tensions au sein de l’UE. Cela compromettra encore davantage la stabilité du traité de Schengen tout en couvrant l’Europe technocratique de ridicule aux yeux des immigrés clandestins et des trafiquants. Un ridicule qui malheureusement ne la tue pas…

Francesca de Villasmundo

  

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