Les défaites se succèdent pour Emmanuel Macron : après l’échec des municipales, la fin du gouvernement Philippe, le voici obligé de renoncer à son « geste architectural contemporain » concernant la restauration de la cathédrale de Paris.

Si pour le président de la République la cathédrale défigurée par l’art moderne aurait été « plus belle encore », les Français ne s’y sont pas trompés : seule une restauration à l’identique pouvait rendre sa beauté à ce joyaux gothique du Moyen-Age, symbole de la grandeur de la France et du catholicisme, et emblème de l’île de la Cité. De son « geste contemporain » jupitérien, les Français ne voulaient donc pas et le lui ont fait savoir.

Le remaniement ministériel et l’intronisation au  ministère de la culture de la « grosse tête », c’est dire la qualité artistique du personnage,  Roselyne Bachelot, a permis à l’hôte de l’Elysée de sortir d’une impasse, dont son ancien ministre insignifiant Franck Riester portera la responsabilité, en se disant tout d’un coup en faveur d’une restauration de la cathédrale comme avant. Il a « acquis la conviction » qu’il faut restaurer la cathédrale à l’identique, a indiqué l’Elysée jeudi soir.

« Ces derniers mois, il a beaucoup consulté, des historiens, des architectes et des experts. Il a pris connaissance du projet de restauration rédigé par Philippe Villeneuve, l’architecte en chef de Notre-Dame, qui prône un retour à l’état Viollet-le-Duc, explique-t-on dans son entourage. Il fallait avancer et décider. »

Jeudi après-midi, les membres de la Commission nationale du patrimoine et de l’architecture, instance consultative et savante, se sont tous prononcés pour une restauration à l’identique de la flèche. À l’ouverture des débats, le général Georgelin, président de l’établissement public de Notre-Dame, leur avait d’ailleurs dévoilé les nouvelles intentions du président. Le matin, la ministre de la Culture, Roselyne Bachot avait, elle aussi, parlé « d’un consensus » autour de la flèche.

Exit donc l’aberrant concours architectural. Retour à une charpente en chêne, à la couverture en plomb, à la flèche de Violet-le-Duc, approbation du projet présenté par l’architecte en chef Philippe Villeneuve, celui-là même auquel le général Georgelin, nommé par Macron pour superviser le chantier avait demandé de « fermer sa gueule », après sa prise de position contre une flèche contemporaine.

Pour Macron, il fallait choisir : soit la marche vers une modernité orgueilleuse déconstructiviste et destructrice du passé, soit la marche vers les présidentielles… il a donc choisi le revirement de veste !

Macron, c’est L’opportuniste de Jacques Dutronc :

« Il y en a qui contestent

Qui revendiquent et qui protestent

Moi je ne fais qu’un seul geste

Je retourne ma veste

Je retourne ma veste

Toujours du bon côté. »

 

Francesca de Villasmundo

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12 commentaires

  1. Le geste contemporain a déjà été fait (en mettant le feu à Notre-Dame). Un geste contemporain supplémentaire risquerait de paraître légèrement excessif. Nos maîtres maçons ont donc décidé de rebâtir à l’identique.

  2. Soupape says:

    Conseil donné par le pharisien Gamaliel, docteur de la Loi, en plein Sanhédrin :

    ” Ne risquez pas de vous trouver en guerre contre Dieu ”
    On adopta son avis. … (Actes 6, 34-39)

  3. christian schwender says:

    Si on avait assez de documentation, je n’aurais pas été opposé à la reconstitution de la flèche originelle médiévale.

  4. pierrard jean francis says:

    Question : J’aime énormément Notre-Dame de Paris.Ne vaudrait-il pas mieux que la charpente, tout en conservant une forme identique, soit refaite dans un matériau moins inflammable (comme à Reims, par exemple) ?

  5. il prépare tout simplement sa réélection. Sans les voix conservatrices il se fera balayer

  6. Saint-Plaix says:

    Vous avez essayé d’enflammer du chêne de 800 ans???
    A Reims cela a été rendu possible car un obus a incendié un échafaudage extérieur (en pin) et c’est ce “brûlot” qui a communiqué le feu à la charpente.
    Il faut reconnaître qu’ à Notre Dame de Paris, s’ils y ont arrivé avec un mégot de cigarette et une boîte d’allumttes c’est qu'”ils” sont vraiment très forts!
    La question d’une restauration est précisément celle du respect des matériaux et des techniques du temps: l’expression et le témoignage de notre patrimoine culturel (et ici du compagnonnage).

  7. @St Plaix. Vous avez raison, non seulement du chêne de 800 ans, mais du chêne trempé des décennies dans des bassins avant son utilisation, pour le rendre imputrescible, inattaquable aux champignons et insectes et non propagateur du feu. D’où le suspect traitement “anti-insectes” qui en réalité a consisté a pulvériser un produit inflammable sur toute la charpente.
    Attendons donc avant de crier victoire. Ces salauds ne se seraient pas donné tant de mal pour y foutre le feu et renoncer à désacraliser ND.. Comme il faudra des années pour reconstruire, ils ont le temps de préparer un sale coup

  8. pierrard jean francis says:

    @St Plaix et @Toto
    Le chêne qu’on utilisera en 2020 (ou après) n’aura pas 800 ans, il n’aura pas été trempé durant des décennies… Les matériaux utilisés pour la restauration à Reims avaient l’avantage de diminuer les risques d’incendies…

  9. Avec du plomb fondu en sus.

  10. @pierrard
    Et bien cela facilitera la tâche pour le prochain incendie “accidentel”. Le chêne est idéal pour les charpentes par rapport à l’acier, le béton (trop lourd) ou le lamellé collé(trop inflammable), demandez l’avis des pompiers.

  11. @ves
    Attention rebâtir à l’identique la flèche. Pour le reste, ils n’ont pas abandonné leur projet de luna-park maçonnique

  12. On peut s’attendre à tout, oui, car ils ont l’imagination fertile (celui qui les inspire ne manquant pas de ressources) et elle n’est limitée par aucune considération décidément has been (morale, esthétique…).
    Mais je doute qu’ils aillent au bout de leur projet de « rénovation contemporaine », quel qu’il soit, parce que viendra un moment où Notre-Dame ne retiendra plus la main de son Fils (et j’aimerais que ce moment soit proche, on a un grand, un infini, besoin de purification).
    Quand on voit par exemple ce qui a été fait à San Giovanni Rotondo, on peut s’attendre à tout, toutes les monstruosités, toutes les déviances, toutes les aberrations. Et ce sont des « fidèles » (de quelle religion ?…) qui auraient financé ça !
    Ou encore quand on voit Nantes en ce 18 (666) juillet.