Jusqu’à ce jour, le Saint Siège dans le cadre de l’ONU a toujours fait la promotion des valeurs familiales. Mais les choses vont-elle changer compte tenu des négociations que la nonciature a effectuées le mois dernier avec cet organisme ; ceci dans le cadre de la préparation du document appelé « Développement durable post-2015» ?

En effet, le 22 juin dernier, Mgr Grecha fait une déclaration au nom de Mgr Bernardito Auza pour dire qu’il soutenait les objectifs promus dans ce cadre. Ce dernier représente actuellement le Vatican à l’ONU.

Or le « développement durable » propose l’accès universel à la « santé reproductrice » terme général incluant la promotion de la contraception et de l’avortement ; bref le programme du planning familial. Le terme de « santé reproductrice » existait déjà en 1994 lors de la Conférence du Caire sur la population et le développement. Il fut toujours rejeté à ce jour dans la mesure où ses objectifs étaient absolument opposés à la doctrine catholique sur le sujet, mais aussi aux convictions de nombreux pays. Cela avait d’ailleurs été souligné le 22 juin dernier –donc à la même date- par le même Mgr Grech « nous ne pouvons pas soutenir tout ce qui détruit la famille et le droit à la vie dès le moment de la conception ». Il lui avait été répondu par les fonctionnaires onusiens qu’il n’était pas question de rouvrir le dossier. C’était tout ou rien…

En octobre de l’année dernière le Saint Siège rappela qu’il n’était pas d’accord avec cet objectif précis. Il ajouta que le « genre » ne pouvait concerner qu’un homme et une femme. Le rappel de cette position avait pour but de préparer la prochaine conférence internationale sur le « développement durable » qui doit se tenir en septembre prochain.

Mais toujours le 22 juin dernier, Mgr Auza déclarait toutefois textuellement qu’il soutenait le « programme du développement durable » en cours de discussion. C’était donc dans la même session. Ces faits ont été révélés fin juillet.

Il y a de quoi s’arracher les cheveux devant de telles contradictions. Car le document final (Zerodraft) s’impose à tous les pays du monde, y compris ceux qui sont opposés à l’avortement. De plus le financement du programme était de même accepté par Mgr Grech.

Que s’est-il passé exactement ? Comme d’habitude il y eu une lutte entre les pays européens nantis et les représentants de l’Afrique. Les premiers ont imposé leurs vues mettant le Saint Siège dans une position tout à fait inconfortable.  L’évêque a fini par céder.

Un certain nombre de commentateurs mais aussi d’évêques n’ont pas manqué de faire le lien avec l’ouverture vers l’ONU voulue par le pape François. Ils en voyaient pour preuve l’accueil qui avait été fait le 28 avril dernier par l’Académie pontificale des Sciences Sociales à Ban Ki Moon et son représentant, tous deux promoteurs de l’avortement sur le planmondial.  Le pape avait d’ailleurs à cette occasion serré la main de Ban Ki Moon avec effusion.  Le chancelier de cette académie Mgr Marcelo Sanchez Sorondo et le président Mme le Pr. Margaret Archer, avaient déjà encensé les projets du « développement durable » en disant qu’ils étaient conformes à l’enseignement de l’Eglise catholique.  Ils approuvaient les termes de « santé sexuelle et reproductive » ainsi que celui de « planning familial ». Ils arguèrent que tous les pays pouvaient les interpréter à leur guise et n’excluait pas le « carré réservé » de l’Eglise sur le sujet. Or c’était contre cela que précisément l’Eglise luttait depuis des années dans le cadre de l’ONU.

Apparemment le « relativisme » dénoncé par plusieurs papes y compris François s’est installé dans l’Eglise.

Jean-Pierre Dickès

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