Marie-Joëlle Guillaume, agrégée de lettres classiques, est l’auteur d’une biographie de Saint Vincent de Paul. Elle signe un nouvel ouvrage qui mérite vraiment d’être recommandé.

L’alliance à la fois intime et publique qui unit le Trône et l’Autel au long des siècles de l’ancienne France est une des clés de compréhension de notre histoire. Les amoureux du patrimoine le savent, les catholiques cultivés ne l’ont pas oublié, mais le grand public l’ignore largement. Ce long compagnonnage qui, depuis Clovis et saint Remi au Ve siècle, a vu le royaume de France cheminer durant mille trois cents ans main dans la main avec l’Eglise a enfanté une civilisation. Et du règne d’Henri IV à celui de Louis XVI, cette période que les historiens appellent l’Ancien Régime n’est guère compréhensible pour qui ne prend pas en compte les interactions entre le roi de France et le premier ordre du royaume.

Au point de jonction du spirituel, du politique et du culturel, de grandes figures de prélats ont jalonné les deux siècles de l’Ancien Régime. Ces hommes d’exception ont reflété leur temps, certains l’ont même modelé. Ce livre présente une galerie de portraits de douze d’entre eux. A l’entrée de cette galerie, dont la sélection est nécessairement nécessairement subjective, Marie-Joëlle Guillaume place les cardinaux Pierre de Gondi, François de La Rochefoucauld et Pierre de Bérulle. Les deux premiers ont connu la tourmente des guerres de religion, le troisième en garde à l’esprit l’obsédante pensée. Au centre de la galerie, trois figures parmi les plus célèbres, Richelieu, Bossuet et Fénelon, qui ont infléchi le destin de notre pays. A eux trois, dans leur diversité, ces prélats symbolisant l’antique alliance du Trône et de l’Autel. L’auteur s’attarde ensuite sur trois personnages moins connus, Mgr Valentin-Esprit Fléchier, le cardinal Louis-Antoine de Noailles et Mgr Jean-Baptiste Massillon. Les trois derniers portraits sont consacrés au cardinal André-Hercule de Fleury (précepteur puis Premier ministre de Louis XV), à Mgr Christophe de Beaumont (archevêque de Paris au temps des troubles du jansénisme parlementaire et du triomphe de l’Encyclopédie) et au cardinal François-Joachim de Bernis (ambassadeur de France à Rome quand l’Assemblée nationale constituante vote la Constitution civile du clergé, dépouillé de ses titres et de tous ses biens parce qu’il refuse d’y prêter serment).

Il faut noter que plusieurs de ces prélats furent précepteur du dauphin. Rien de plus révélateur de la conception du pouvoir royal dans l’ancienne France que cette éducation précieuse entre toutes confiée à l’Eglise.

Pour Dieu et pour le Roi, Marie-Joëlle Guillaume, éditions Perrin, 448 pages, 24 euros

A commander en ligne sur le site de l’éditeur

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