Georges Soros, le milliardaire ouvert, le potentat derrière les ONG humanitaristes, le grand manitou de la société liquide, fluide, l’énigmatique mais si puissant Georges Soros, fait l’objet d’un essai de Pierre-Antoine Plaquevent.

Le blog Polémia en publie une recension qui donnera envie à bien des lecteurs de se procurer cet essai et de venir écouter l’auteur qui interviendra lors de la 3e Fête du Pays Réel. Afin de mieux connaître cet artisan du Nouvel Ordre Mondial.

Le livre que Pierre-Antoine Plaquevent vient de publier aux éditions Le Retour aux Sources, Soros et la société ouverte [1], tombe à point nommé. Le personnage vient en effet d’être nommé « Personnalité de l’année » par le Financial Times. On dénonce souvent en effet l’action des fondations du milliardaire George Soros pour favoriser l’immigration en Europe. Mais la plupart du temps on ne dépasse pas ce constat critique.
Le mérite de Pierre-Antoine Plaquevent est au contraire d’analyser en profondeur les racines intellectuelles et philosophiques de l’action de George Soros.
Son essai, très documenté a d’ailleurs pour sous-titre significatif : « Métapolitique du globalisme ». Il ouvre en effet de très nombreuses perspectives, souvent originales.

La généalogie de l’utopie de la société ouverte

Dépassant largement la simple biographie de George Soros, Pierre-Antoine Plaquevent s’attache en effet à définir la généalogie du concept de « société ouverte » qui constitue la clef de voûte de son action militante.

Il montre que ce thème a été diffusé par Karl Popper, en réaction contre les « totalitarismes » du 20e siècle, que ce dernier plaçait sur le même plan. Il a aussi été repris de Friedrich Hayek et rejoint l’Ecole de Francfort sur la déconstruction nécessaire de la « personnalité autoritaire ».

George Soros décrit ainsi la société ouverte qu’il appelle de ses vœux : « Toutes les relations sont contractuelles… Aucun des liens existants n’est définitif, les rapports entre l’individu et la nation, la famille et ses proches dépendent entièrement de sa propre décision… La structure organique de la société a été désintégrée au point où ses atomes, les individus, flottent sans entraves »[2].

On ne saurait mieux avouer – car les oligarques mondialistes ne cachent nullement leurs projets – que la société ouverte est en réalité une non-société, où tous les obstacles à l’envahissement du monde par le marché ont été détruits et où l’homme, réduit à l’état d’individu-atome, est devenu lui-même une marchandise.

Pour le plus grand profit des firmes mondialisées et de la super classe mondiale. Pierre-Antoine Plaquevent montre d’ailleurs comment George Soros tire  souvent personnellement avantage  des campagnes qu’il organise au nom de « l’ouverture ».

Une utopie négative

Pierre-Antoine Plaquevent démontre que l’utopie de la société ouverte est un concept négatif, une anti-valeur, qui ne sert qu’à attaquer « ses ennemis [3]», c’est-à-dire tout ordre social, en propageant le chaos partout.

Car c’est au nom de cette utopie que l’on préconise par exemple la dépénalisation de l’usage des drogues, le laxisme pénal et éducatif, l’avortement et l’euthanasie pour tous, le droit des immigrants à s’installer où ils veulent, ou la légalisation de toutes les pratiques sexuelles.

Et on ne se borne pas à réclamer, puisqu’on organise aussi ce chaos : comme par exemple lorsque les ONG financées par les fondations de l’Open Society vont chercher les migrants dans les eaux territoriales libyennes (comme l’a révélé l’agence Frontex) pour les conduire en Europe.

L’ingénierie sociale au service du mondialisme

L’auteur nous rappelle aussi que Karl Popper a conceptualisé la stratégie sociotechnique – ou ingénierie sociale- préconisant de conduire des changements progressivement et par paliers, sans traumatiser la population à outrance, mais avec continuité.

C’est le principe de « graduation » repris de la Fabian Society permettant de transformer progressivement la société contre son gré et que met en œuvre par exemple l’Union Européenne pour déconstruire les nations.

Une « construction » que soutient évidemment George Soros car « là toutes les nations sont minoritaires, et c’est la raison pour laquelle ce projet me tient à cœur [4]».

Soros en tant qu’archétype du nouveau  messianisme révolutionnaire

Pierre-Antoine Plaquevent voit en  George Soros l’archétype de la nouvelle dynamique du messianisme révolutionnaire.

Selon lui, Soros personnalise en effet le retour de « l’internationalisme révolutionnaire porté par les communistes dans les années 20 partout en Europe[5] ». Il est pour cette raison anti-communiste, mais par anti-nationalisme et par cosmopolitisme. D’où aussi ses relations tendues avec l’Etat israélien, trop territorial et trop national à ses yeux.

Soros incarne pour cette raison ces nouveaux trotskistes qui constituent la super classe mondiale, et qui pensent que la conjonction de la spéculation financière et des leviers para-étatiques que constituent les ONG et les institutions internationales,permettront le mieux d’ouvrir les sociétés réputées « closes »c’est-à-dire de réaliser la promesse eschatologique de la révolution mondiale et de la fin des Etats-nations.

Un manuel du mondialisme

Mais l’étude de Pierre-Antoine Plaquevent ne se borne pas à un examen métapolitique approfondi de l’action protéiforme de George Soros.

Elle est aussi un manuel détaillé du mondialisme, le premier en langue française, permettant de connaître les multiples ramifications de l’Open Society, « corps mystique de la société ouverte », comme l’auteur la désigne non sans ironie.

Des ramifications qui donnent évidemment le vertige.

La Konservintern contre la société ouverte

Le dernier intérêt, et non des moindres, de l’ouvrage que Pierre-Antoine Plaquevent consacre à George Soros, tient à sa réflexion sur les moyens de contrer son influence destructrice.

S’inspirant de l’analyse du Katechonselon Carl Schmitt dans sa « Théologie politique [6]» – désignant une « figure théopolitique qui aurait pour effet de freiner l’universelle dissolution propre à la modernité et aux anti valeurs héritées des Lumières [7]», incarnée autrefois dans la Chrétienté mais aussi dans la figure de l’Etat comme garant du Bien Commun -, l’auteur estime que face à l’offensive mondialiste, la réponse ne peut qu’être internationale. Dans la voie tracée en Europe par la Hongrie et les pays du groupe du Visegrad.

« Face à ce millénarisme agressif et millénariste, l’alliance conservatrice qui tente de s’organiser dans le monde afin de juguler le globalisme et d’orienter le système politique international vers la multipolarité ne représente-t-elle pas elle-même la forme contemporaine du Katechon ? [8]».

Face à l’alliance planétaire des oligarchies mondialistes, héritière du Komintern d’hier, Pierre-Antoine Plaqueventplaide ainsi pour la mise en place d’une Konservintern, d’une nouvelle alliance internationale des peuples et des nations qui refusent de disparaître.

On l’aura compris, Soros et la société ouverte de Pierre-Antoine Plaquevent est un livre à ne pas manquer.

Michel Geoffroy
19/12/2018

[1]« Soros et la société ouverte » Pierre-Antoine Plaquevent ; le retour aux sources 2018

[2]« Soros et la société ouverte » Pierre-Antoine Plaquevent ; le Retour aux sources ; 2018 ; page 115

[3]« la société ouverte et ses ennemis »  Karl Popper , 1945

[4]« Soros et la société ouverte » op.cit.page 315

[5]« Soros et la société ouverte » op.cit.page 305

[6] « Théologie politique »  Carl Schmitt 1922 ; édition Gallimard de 1969

[7]« Soros et la société ouverte » op.cit.page 344

[8]« Soros et la société ouverte » op.cit.page 348

Source : Correspondance Polémia”

Francesca de Villasmundo

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8 commentaires

  1. Excellent analyse et présentation. Dommage que ce livre soit épuisé chez l’éditeur…

    • Pour MOI , y a rien à comprendre , qu’il CREVE et vite .

      • lankouru malheureusement ce monstre a de multiple courtisans et je crains qu’en coupant la tête il en surgissent de nouvelles. Les intérêts des multinationales ont pris le monde en otage nos gouvernements sont incapables de résister à ces appels de puissances malsaines…ce sont les peuples qui seront broyés par elles!

  2. Beaucoup n’ont pas encore réalisé qu’ils parlent d’un mouvement politique au même titre que le Marxisme ou autre et qui se nomme Technocratie. Alors pour que tout le monde le visualise bien, ne faudrait-il pas l’appeler le Technocratisme ?

    Reportez vous au mouvement “Technocracy” de King Hubbert et Howard Scott de 1932 et leur Technocracy Study Course. Zbigniew Brzezinski a repris ces concepts dans son livre “Entre deux âges” qu’il a appliqué au travers de la Commission Trilatérale depuis 1973 qu’il a créé avec David Rockefeller.
    Voir également “La Technocratie, mythe ou réalité” de Jean Meynaud.

    Nous sommes effectivement devant un mouvement “Politique” de type Fabien, c’est principalement pour cela qu’il n’est pas “détecté” et qu’il faut lui donner un nom.

    La technocratie est la science de l’ingénierie sociale, le fonctionnement scientifique de l’ensemble du mécanisme social pour produire et distribuer des biens et services à l’ensemble de la population.

    La technocratie cherche à créer un système économique basé sur les ressources où les scientifiques, les ingénieurs et les techniciens seraient les seuls planificateurs et contrôleurs de la société.

    De nombreux technocrates n’ont aujourd’hui aucune idée des objectifs plus profonds de la technocratie mais utilisent néanmoins leur expertise pour diriger des segments de la société sans aucun égard pour les processus politiques traditionnels. La «règle des experts» est une règle, mais ce n’est qu’une partie secondaire de l’objectif primordial de remplacer notre système économique actuel par le développement durable, alias Technocratie, Économie verte, Green New Deal, etc.

    C’est un système qui a pour but d’être un système totalitaire selon des méthodes scientifiques, qui s’appuie sur le culte de la science, “le Scientisme”. L’idée est que la terre est surpeuplée et une diminution de population drastique est nécessaire (voir les Georgia Guide Stones). Le restant devant subir un nettoyage génétique, les lien avec le Transhumanisme sont évidents.
    Des Bill Gates, Elon Musk sont des leaders de ce mouvement que j’appelle le Technocratisme.

  3. Pierre Simon says:

    Excellent !

  4. AJOUT pour donner une idée plus précise :

    Pour que cela puisse fonctionner, Technocracy indiquait quelques nécessités dont celles-ci :
    – Tenir une comptabilité permanente, 24H/24H, de la production et de la consommation d’énergie
    – Tenir une comptabilité de chaque type de service et de biens produits, leurs lieux et date de production, tout comme leurs lieux et date de consommation.
    – Tenir une comptabilité de production et de consommation de chaque individu ainsi que tous renseignements le concernant.
    C’est un contrôle total de chaque humain ainsi que de toutes les facettes de la société, politique, sociale, religieuse etc…

    Impossible en 1932, la technique le permet aujourd’hui et tout se met en place:
    – pseudo réchauffement climatique anthropique dû à une
    – fausse mise en cause de la responsabilité du gaz carbonique afin d’établir une
    – empreinte carbone individuelle quantifiable grâce à
    – des compteurs communicants individuels de type Linky, traçant toute activité intime.
    – suppression de la monnaie remplacée par des fichiers informatiques qui permettent également un traçage absolu des activités personnelles. On sait ou, quand, à quelle heure, dans quelle boulangerie et combien vous avez payé votre pain.
    N’ayant plus de “monnaie fiduciaire”, les bits informatiques symbolisent des quotas d’énergie ou des points carbone qu’un algorithme gérera selon ses propres critères, il n’y aura donc plus de tête de turc que serait un Président quelconque sur laquelle se défouler.
    – Le cash disparait donc au profit de moyens électroniques divers et variés, carte bancaire, smartphone, puces RFID.
    – la mise en place du système “block-chain” afin d’assurer que toutes les transactions soient le moins possible détournable. Le Bitcoin n’étant pas comme on veut nous le faire croire une monnaie anti-système mais bien un essai grandeur nature de l’efficacité des bloc-chains.

    Bonnes fêtes à tous

  5. Vous parlez des bitcoins sans savoir peut être que c’est l’une des ARNAQUES la plus courantes aujourd’hui? Le nombre de personnes (dont je fais hélas parti ) qui ont été “dépouillées de leurs économies et même de leur nécessaire avec les block-chain qui sont soit disant impossible à trafiquer… Il faut s’en méfier comme de la peste! ils vous laisse “NUS”…

    • tooppy says:

      Désolé pour vous Chris, mais quand on rentre dans un casino il faut :
      – avoir bien compris que les dés sont pipés
      – avoir bien compris les règles du jeu auquel vous participez
      – mettre ce que vous estimez pouvoir perdre, et que vous perdrez parce que c’est le prix du plaisir de jouer.
      – refouler votre gourmandise pour l’appât du gain, il n’existe pas de gain sans effort et gratuit.

      Relisez ce que j’ai écrit, le but du bitcoin est de transformer les devises que sont nos € ; $ ; £ et autres, en quotas de pollution ou d’énergie. Vous n’aurez plus de billets ni de pièces dans votre poche, au même titre que vous n’y avez jamais eu de bitcoins non plus !

      Un des leurres des technocrates, c’est de s’imaginer que la technique leur permettra tout. En matière informatique tout est piratable, les block-chains comme le reste.
      Un autre de leur talon d’Achille est que tout est basé sur une énergie électrique constante partout, ce qui en contradiction avec leur vision de quantités de ressources “finies”, à moins de mettre à disposition de tout un chacun une énergie perpétuelle au sens ou Tesla la visionnait, on n’y est pas.