MPI avait publié la lettre de 7 doyens du district de France de la FSSPX, signée également par les supérieurs de trois communautés religieuses amies présentes en France. Ces doyens, sans jamais attaquer leurs supérieurs, venaient mettre court à toute ambigüité sur les mariages célébrés dans la FSSPX. En effet, un trouble avait été jeté par Mgr Fellay, sans même qu’il s’en rende compte sans doute. Il avait adressé des remerciements « profonds » et sans nuances au Saint Siège pour sa lettre émanant de la commission Ecclesia Dei, proposant une solution pour mettre fin au trouble que les fidèles pouvaient avoir quant à la validité de leur mariage.

Remercier sans nuance ni sans rappeler la validité de nos mariages hier, aujourd’hui et demain ; se précipiter dans les solutions pratiques proposées par Rome, sans même analyser les problèmes graves sous-jacent : c’était accepter implicitement qu’un trouble pouvait exister.

Mais la Maison Générale demeura sourde aux réactions et questions des prêtres de la FSSPX, le siège du District de France se refusa d’intervenir, d’où l’intervention en ultime recours de ces sept doyens, pour nous apporter une magnifique défense de nos mariages. Si M. l’abbé Bouchacourt avait eu le courage d’assumer un tel texte (les signataires lui en firent prendre connaissance 48 heures avant qu’il ne soit lu aux fidèles), le District de France serait aujourd’hui plus fort que jamais.

Mais la pagaille y est omniprésente, surtout depuis ce mercredi 10 mai au soir, où furent publiées les sanctions portées contre les signataires. Il revint en effet à M. l’abbé Bouchacourt, supérieur du district de France (ou plutôt, courroie de transmission de Menzingen ?), d’exécuter les basses besognes :

« En accord avec Monseigneur Fellay, il m’a fallu prendre de difficiles décisions envers les confrères qui ont signé le document incriminé. Monsieur l’abbé de La Rocque est relevé de sa charge de « curé » de Saint-Nicolas du Chardonnet et les sept signataires eux-mêmes relevés de leur charge de doyen. Monseigneur Fellay a nommé Monsieur l’abbé Vassal en remplacement de Monsieur l’abbé de La Rocque. Quant aux nouveaux doyens, ils seront nommés au 15 août prochain. »

Pourtant, cette lettre adressée aux fidèles est une analyse rigoureuse sur le fond d’un problème, celui des mariages célébrés dans la FSSPX. A aucun moment, il ne contient une attaque contre les autorités de la FSSPX. Le problème est donc bien le fond de ce texte, dont la justesse et la rigueur met mécaniquement en relief les reniements et les contradictions de la position de la Maison Générale.

C’est aussi pour cette raison que l’abbé Christian Bouchacourt refuse de considérer les arguments du texte :

« Le modum employé étant inacceptable, parce que subversif, il a entraîné mon refus de considérer le contenu du document. »

Subversif ? N’est-ce pas le silence des autorités de la FSSPX qui serait gravement subversif ? Silence avant, pendant et après le Synode sur la famille ; silence sur l’instauration d’un « divorce catholique » lors de la réforme des procédures de nullité de mariage ; silence sur Amoris Laetitia ; silence sur la réhabilitation de Luther et l’accueil solennel de sa statue au Vatican, le 13 octobre dernier. Ce jour-là, toujours au Vatican, « on » marchandait dans la salle d’à côté une éventuelle prélature pour la FSSPX ; « on » se pourfendait même d’un communiqué béat à ce sujet, sans dénoncer nullement ni faire allusion aucune au terrible scandale dont était sali ce jour anniversaire des apparitions de Fatima.

La subversion vient de cette ligne libérale imposée depuis 2011 par Mgr Fellay, ligne qui l’emmène dans tous les reniements entrainant la FSSPX sous le joug des autorités conciliaires qui, quant à elles, n’ont changées en rien, c’est le moins que l’on puisse dire ! Mgr Fellay réalise tout simplement ce que lui même a auparavant qualifié tant de fois d’« opération suicide ».

A Rome on se réjouit. Guido Pozzo, Secrétaire de la Commission Pontificale Ecclesia Dei vient de déclarer :

« La réconciliation se fera lorsque Mgr Fellay adhérera formellement à la déclaration doctrinale que lui a présenté le Saint-Siège. C’est aussi la condition nécessaire pour procéder à la régularisation institutionnelle, avec la création d’une prélature personnelle. J’ai noté que l’esprit est constructif, et non à la controverse. Les différents points de vue ou opinions que nous avons sur certaines questions ne doivent pas nécessairement conduire à la division, mais à un enrichissement mutuel. J’ai compris qu’il est prioritaire pour eux de surmonter cette fracture avec le Saint Siège. Pour eux, c’est une priorité par rapport à d’autres préoccupations. »

Affaire à suivre, donc. Le prochain épisode se déroulera sans doute dimanche prochain à Saint-Nicolas-du-Chardonnet même, tandis que M. l’abbé Bouchacourt présentera le nouveau « curé » à la messe de 10h30, M. l’abbé de La Rocque ayant pour sa part été prié de quitter les lieux pour le samedi 13 mai au plus tard.

Christian LASSALE

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