Photo d'un avion Rafale en mission en Syrie publiée le 27 septembre 2015 par l'armée française, qui a mené dimanche les première frappes contre Daesh en Syrie.

L’accusation par Damas de la mort de 120 civils dans des frappes de l’aviation française et la mort de trois sous-officiers en Libye où ils étaient censés ne pas se trouver, interrogent sur les buts réels poursuivis par les autorités françaises, de Sarkozy à Hollande, au Moyen-Orient.

Un raid aérien français en Syrie a causé la mort de plus de 120 civils le 19 juillet à la frontière turco-syrienne. Damas déplore en outre que la coalition soutienne des groupes terroristes.

L’Armée syrienne si souvent accusé des crimes commis par les prétendus “opposants modérés” soutenus par la coalition américaine, dénonce à l’ONU les frappes meurtrières commises par l’aviation française dans le pays. Cela se serait passé lors du bombardement du village de Toukhan al-Koubra aux abords de la frontière turco-syrienne.

«L’injuste agression française a coûté la vie à plus de 120 civils, dont la majorité sont des enfants, des femmes et des personnes âgées, en plus des dizaines de blessées, donc beaucoup sont aussi des femmes et des enfants. Le nombre de civils toujours présents sous les décombres reste inconnu à ce jour», écrit le ministre syrien d’aprés l’agence Syrian Arab News.

Un jour avant, le 18 juillet, des frappes américaines avaient tué au moins 20 personnes, majoritairement des femmes et des enfants, près de la ville de Manbij.

«Le gouvernement de la République arabe syrienne condamne, de la façon la plus ferme, les deux massacres sanglants perpétrés par les bombardiers français et américains et ceux qui sont affiliés à la prétendue coalition internationale qui lancent leurs missiles et leurs bombes sur des civils au lieu de viser les groupes terroristes… La Syrie affirme aussi que ceux qui veulent sérieusement combattre le terrorisme devraient se coordonner avec le gouvernement et l’armée syrienne», a ajouté le ministère.

Officiellement en Syrie la France combat l’État islamique, mais les buts non avoués que poursuit le gouvernement français à travers ses actions militaires restent tortueux et obscurs, tant ils semblent alimenter les flots migratoires en direction de l’Union plutôt que les combattre.

Mais que cherche François Hollande en Libye ?

La Libye qui depuis 2011 est l’objet des convoitises des autorités française. Car l’armée française est de nouveau en opération en Libye ainsi qu’a été forcé de le reconnaître François Hollande suite à la mort de trois militaires français à bord d’un hélicoptère abattu dans le pays à l’est de Benghazi. La France, sous l’autorité de Nicolas Sarkozy alors président de la République, avait été en pointe de la guerre déclenchée suite au prétendu Printemps arabe, opération militaire qui a abouti au renversement et au meurtre de Mouammar Kadhafi. Une guerre que François Hollande aurait poursuivie en Syrie sans l’opposition déterminée de la Russie. Mais si la France et ses alliés arabo-israélo-américains n’ont pas pu entreprendre une guerre franche, c’est une guerre sous faux-drapeaux d’une prétendue Armées syrienne libre et de prétendus opposants modérés mais vrais islamistes qui a quand même semé le chaos, tant en Syrie qu’en Lybie.

Après l’annonce de la mort de trois soldats français en Libye, le Gouvernement Libyen d’union nationale (GNA) formé en mars 2016 avec le soutien de l’ONU, a dénoncé mercredi 20 juillet la présence de militaires français sur son sol qui représente “une violation du territoire libyen”, estimant que rien ne “justifie une intervention” étrangère sans qu’il en soit informé.

Des centaines de personnes ont manifesté mercredi dans plusieurs villes de Libye pour protester contre la présence militaire française. Des rassemblements ont notamment été organisés à Tripoli mais aussi à Misrata, à 200 km à l’est de la capitale. Mais que font des militaires français à Benghazi ? Elle soutient en sous-main le général Haftar, chef d’une Armée nationale libyenne (ANL) qui lutterait à Benghazi avec un succès mitigé, contre les islamistes. Le général s’oppose à l’autorité du gouvernement libyen d’union nationale (GNA), malgré sa reconnaissance officielle par l’ONU, parce qu’il l’accuse d’être sous la férule islamiste. Il soutient fidèlement, par contre, les autorités parallèles (non reconnues) qui siègent dans l’est du pays à Tobrouk. Le combat contre l’islamisme semble un faux nez derrière lequel se cache une lutte acharnée pour le pétrole de Cyrénaïque (autour de Benghazi). La lutte contre l’islamisme, comme en Syrie, semble plutôt être un prétexte.

L’expérience du jeu français en Syrie et l’intervention franco-américaine en Libye en 2011  qui a engendré le chaos que connaît le pays, rend très suspecte la position présente des autorités françaises dans ce pays, de même qu’en Syrie. Une position dont les objectifs principaux semblent assez éloignés d’une volonté de tarir le terrorisme islamique et les flots migratoires vers l’UE et la France, objectifs officiellement revendiqués par le gouvernement. 

Sur le même sujet: Hollande avoue qu’il a fait livrer des armes aux djihadistes en Syrie

emiliedefresne@medias-presse.info

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