Les éditions Perrin viennent de rééditer les Mémoires de Bismarck (1815-1898) avec une présentation de Jean-Paul Bled, grand spécialiste de l’Allemagne et de l’Autriche-Hongrie.

Otto von Bismarck est un personnage important de l’histoire du XIXème siècle tant allemand qu’européen et sa marque a perduré après lui. Par ses origines, il appartient au milieu des Junkers. Il en épouse les valeurs et le mode de vie. Mais ce n’est là qu’une face de la personnalité de Bismarck, qualifié de « réactionnaire rouge » par Frédéric-Guillaume IV. Bismarck se montre rapidement comme un partisan de l’éviction de l’Autriche hors du corps germanique, ce qui passera immanquablement par un conflit armé avec la monarchie habsbourgeoise. Ce qui, pour les conservateurs allemands, est une abomination qui pousserait l’Allemagne à devenir l’alliée de la France considérée comme l’incarnation de la Révolution.

Mais Otto von Bismarck entre avant tout dans l’histoire comme le bâtisseur de l’unité allemande au terme de trois guerres victorieuses (1864, 1866 et 1870-1871) et l’architecte de la grandeur prussienne. A ce titre, il désigne les catholiques comme des « ennemis du Reich » car ils dont accusés de constituer un corps étranger au sein de l’Allemagne protestante. Bismarck va développer la Kulturkampf dont l’objectif est d’écarter tant les catholiques que les socialistes au nom de l’unité allemande. Mais il obtient l’effet inverse à celui escompté. Catholiques comme socialistes, rejetés, vont développer des cultures autonomes de plus en plus influentes. Finalement, Bismarck doit quitter le pouvoir, chassé de la chancellerie par Guillaume II.

Bien avant d’avoir quitté le pouvoir, Bismarck conçoit le projet d’écrire ses Mémoires. Mais c’est à partir de 1890 qu’il se met à rédiger ce monument à sa gloire qui doit lui permettre de prendre sa revanche par l’écrit. En mai 1892, la première mouture de l’ouvrage, prévu pour paraître en deux tomes, est achevée. Mais Bismarck continue d’y apporter des corrections. Ce n’est en définitive qu’après sa mort que sortent en librairie les Mémoires de Bismarck. Elles connaissent aussitôt un énorme succès de vente. La traduction française paraît dès l’année suivante. Bismarck rejoint ainsi Frédéric II au panthéon de l’Allemagne.

Mémoires, Bismarck, éditions Perrin, 656 pages, 27 euros

A commander en ligne sur le site de l’éditeur

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