Michel Fauquier, professeur de chaire supérieure, est chargé de cours sur la civilisation européenne à l’Institut Albert-le-Grand, où il est directeur de recherches. Il est également membres de nombreux jurys (Ecoles supérieures de commerce, Ecole Spéciale Militaire de Saint-Cyr/Coëtquidan, Agrégation d’histoire).

Désormais, l’Europe n’évoque plus, bien souvent, qu’une structure chargée d’assurer la jouissance du temps présent à quelques privilégiés, régnant sur des masses asservies par des systèmes d’assistance ou de subvention assurant leur survie, ainsi que par des divertissements faisant taire leur souffrance et leur inquiétude. Pourtant, cette structure n’est pas l’Europe, elle n’entretient même avec elle qu’un lien de plus en plus lointain qui n’est pas loin de se rompre : du passé, elle ne retient que de grands principes qu’elle a vidé de leur sens et qui ont perdu le pouvoir mobilisateur qu’ils avaient eu pendant des siècles; de l’espace, elle n’a plus qu’une vision éthérée et élastique, qui lui permet d’englober aussi bien les “régions ultra-périphériques”, que de s’acharner à y ajouter la Turquie au titre qu’elle possède une assise en Europe, minuscule et conquise par le fer, comme cette partie de Chypre que la Turquie occupe toujours sans que cela émeuve la communauté internationale ni même l’Union européenne, dont Chypre est pourtant membre ! Sans histoire ni géographie, déconnectée des peuples qu’elle tient pour des masses imbéciles, honteuse d’une œuvre inavouable qui la presse à se vendre au plus offrant, la structure européenne a, sans surprise, fini par générer la haine de l’idée d’Europe, qu’elle ne cesse de convoquer à une éternelle repentance au titre qu’elle aurait été à l’origine de tous les maux dont souffre une humanité qui, sans elle, n’aurait connu qu’un éternel bonheur, redonnant ainsi des allures de jeunesse au mythe du bon sauvage.

Le présent ouvrage a voulu rendre conscient ce qui a fait l’Europe, depuis son émergence jusqu’au seuil de notre époque. C’est donc le passé de l’Europe qui intéresse l’auteur pour comprendre ce qu’elle est aujourd’hui ou, plus exactement, ce qu’elle recèle et que l’on nie parfois. Pour ces négateurs, l’Europe est la fille de la Modernité, bâtie à la seule force de ses bras après avoir refermé, comme on scelle un tombeau, ce qui ne fut pour eux qu’une parenthèse médiévale honnie. C’est d’ailleurs seulement après que l’on a commencé à parler de “l’Europe” au sens courant que nous donnons actuellement à ce mot, la notion émergeant dans les milieux lettrés du XVIe siècle, avant de s’imposer finalement au XVIIe siècle, en lieu et place de celles d’Occident ou de Chrétienté, qui renvoient à des réalités ayant préexisté au Moyen Âge. Bien sûr, le mot même d’Europe n’est pas apparu à ce moment, les Anciens l’utilisaient déjà. C’est même eux qui créèrent la figure mythique que l’on sait, mais dont on sait moins que, loin d’avoir surgi au cœur du continent européen, elle était une princesse phénicienne, fille d’Agénor, roi de Tyr, c’est-à-dire une Orientale, sur laquelle le roi des dieux, Zeus, jeta son dévolu, avant de l’enlever vers les rives de la Crète. Mais c’est l’érudit latin Marcus Terentius Varro qui fixât en des images devenues classiques l’Asie et l’Europe comme les deux parties du monde terrestre, l’Europe s’étendant selon lui “au septentrion et à l’Aquilon”, l’Asie englobant une Afrique que l’on ne distinguait alors toujours pas nettement d’elle.

Ce livre respecte le découpage traditionnel français de quatre périodes (Antiquité, Moyen Âge, Epoques moderne et contemporaine) et s’arrête à l’ère des totalitarismes. Présenté avec pédagogie, il invite le lecteur à tirer les enseignements de cette histoire complexe de l’Europe.

Une histoire de l’Europe, Michel Fauquier, éditions du Rocher, 748 pages, 29 euros

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Jeanne de France

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Jeannette est une petite fille de treize ans, vive et enjouée, qui n’aime rien tant que d’aller courir à travers champs avec ses amies.

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