Raymond Barre a été doublement remercié pour ses bons et loyaux services au monde financier anglo-saxon, lequel monde avait fermement décidé, une fois De Gaulle éliminé, de prendre la France pour cible.

Les financiers anglo-américains ont « récompensé » Raymond Barre, en tant qu’heureux continuateur de la doctrine Pompidou, d’avoir si bien et si efficacement agi pour étouffer la réforme de l’entreprise voulue par De Gaulle (alors appelée « participation »).

C’est ainsi que le fameux Barre a :

  1. reçu de l’argent sur un compte en suisse
  2. vu une spectaculaire avancée promotionnelle de sa double carrière « d’économiste » – doctrinologue stipendié – et de « politique ». Pour rappel, le monde financier anglo-saxon, dûment et fidèlement relayé par la haute fonction publique « française » compradore, a commencé à attaquer l’économie française dans le début de la seconde moitié des années 1970 (ma famille fut aux premières loges de ce nouveau concept de « ciblage » économique). Les aléas de la société Alstom énergie ne sont que les derniers sursauts de cette volonté de destruction du modèle politique et économique français qui avait émergé à la fin de la 2nde Guerre Mondiale par la grâce du CNR.

Or, si les réalisations du CNR n’ont pas réussi à pérenniser, sur la durée, l’entier contrôle de la politique monétaire et économique – indispensables au contrôle « politique » – de la France, c’est précisément parce qu’elles ont omis de réformer le concept d’entreprise. Car c’est par le moyen de l’entreprise anonyme hypertrophiée et des multinationales apatrides que les financiers ont finalisé leur contrôle sur le phénomène politique. En voulant remédier à cette omission fatale, De Gaulle a été chassé du pouvoir par la classe politique et les grands bourgeois qui détenaient – et détiennent toujours – le contrôle de la France.

A cet égard, les français doivent absolument conserver deux choses à l’esprit :

  1. ceux qui dirigent actuellement la France sont les émanations et descendants directs de ces mêmes « zélites » économiques compradores qui sévissaient au début du XXème siècle. Je recommande aux lecteurs curieux les nombreux ouvrages d’Annie Lacroix-Riz pour comprendre comment les collaborateurs de la 2nde Guerre Mondiale sont restés quasi intégralement au pouvoir après la guerre ; ce sont eux qui ont ligoté la France aux multinationales en l’intégrant à la CEE devenue UE. La collaboration des « zélites françaises », débutée au tout début du XXème siècle sous les auspices financiers anglo-américains, brillamment poursuivie sous ceux de l’Allemagne nazie puis, sans transition, sous ceux de la collaboration atlantiste, est en cours de reconquête de sa ligne initiale : la collaboration financière totale, qui se cache sous les oripeaux du modèle anglais de « règlementation ».
  2. ces mêmes personnalités troubles qui ont fait de la trahison des intérêts de la France leur cheval de bataille se saisissent actuellement de la « nécessaire » réforme de l’entreprise pour aller encore plus loin dans la disparition du modèle politique, économique et sociétal de la France et de l’Europe continentale en le « fusionnant » (mot pris au sens propre et figuré) au monde financier anglo-saxon.  Ainsi, ce n’est plus seulement le droit civil qui disparaît en tant que droit commun mais encore les particularités françaises et continentales du droit commercial, matérialisé en 1807 par le Code de Commerce napoléonien. Du droit et de la justice, en tant que recherche collective de la vérité, il ne doit plus rien subsister ! Telle est la volonté de nos maîtres financiers anglo-saxons qui visent, sans relâche, à l’élaboration d’un gouvernement mondial ploutocratique.

Que tous les prétendus « économistes » et « juristes » qui conservent une once de bon sens et l’idée de l’intérêt commun – gage de démocratie et de liberté – se dressent contre toute cette vilénie, ce complot contre les peuples et contre la liberté. Car la sanction de l’inertie sera la disparition non seulement d’un modèle politique, mais aussi et surtout de la civilisation elle-même !

Valérie Bugault est Docteur en droit, ancienne avocate fiscaliste, analyste de géopolitique juridique et économique.

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2 commentaires

  1. Nicolas Jaisson says:

    “Car la sanction de l’inertie sera la disparition non seulement d’un modèle politique, mais aussi et surtout de la civilisation elle-même !”

    Que c’est joliment dit. Mais il est peu tard chère Madame. Après deux guerres mondiales et d’innombrables guerres civiles et révolutions socialistes, les peuples ont disparu avec leur ancienne culture propre qui a laissé la place à l’homme nouveau socialiste et la société cybernétique régie de manière scientifique par les synarques sévissant dans les organisations mondialistes uni comme multi polaires. Ce sont des auteurs comme Henri Virion ou Léon de Poncins qu’il aurait fallu citer, car bien plus pertinents sur la question de savoir qui mène la danse et pourquoi. L’homo sovieticus actuel est bien incapable de défaire tout seul le piège qui l’a réduit en esclavage ad vitam eternam. La révolte des “gilets jaunes” est un modèle du genre en matière d’impéritie intellectuelle, qui s’est conclue piteusement avec le ralliement à la transition écologique et surtout la demande nouveaux impôts ‘aussi incroyable que cela puisse paraître au regard des revendications initiales. Nos gouvernants ravis d’avoir roulé aussi facilement les “rebelles” se sont empressés de tomber sur le poil des “Gafa”, laissant de côté les exigences de remise à plat du fonctionnement de l’Etat qui peut continuer à vivre des jours heureux. Un tel niveau d’ineptie prouve à quel point l’homme moderne débilité par un système d’aliénation scientifique est totalement désarmé face à un système dont il est la créature totalement incapable de conceptualiser des principes différents de civilisation qui lui permettraient de s’échapper de la matrice socialiste qui le retient prisonnier corps et âme.

  2. Cette révélation ne m’étonne pas du tout.