Dette des États, la loi de 1973 et le transfert des fonds publics


Réponse à Charles Gave


Par Valérie Bugault

 

Dans un article relayé par Charles Sannat, Charles Gave s’exprime ouvertement sur ce qu’il pense de la mise en cause de la loi de 1973 et de la dette publique.

Cet article appelle, à l’évidence, une réponse. Cette réponse, en forme de contre-arguments, se placera sur deux plans différents : un point de vue de nature économique et un point de vue de nature géopolitique.

Rappelons de façon liminaire que Charles Gave, économiste de formation 1, est un gestionnaire de patrimoine, fondateur du groupe GaveKal situé à Hong-Kong.

Selon Charles Gave, la loi très décriée, dite « Pompidou-Rothschild » ne serait pas à l’origine de l’enrichissement des banques privées au détriment de l’État. En outre, les gens qui décrient cette loi auraient un « fond assez fort d’antisémitisme ».

Citons C. G. : « Je ne peux pas aller dans une réunion publique sans qu’un participant ne se dresse pour me parler de la Loi de 1973, dite ‘Pompidou-Rothschild’, qui aurait permis aux banquiers de s’enrichir grassement sur le dos de l’État et de la population.

La thèse semble être qu’avant cette loi funeste, l’État français pouvait emprunter gratuitement à la Banque de France (BDF), ce qui lui aurait été interdit après, et que ce serait un gros scandale.

Cette croyance, qui semble partagée autant par une partie de la droite française que par l’extrême gauche de notre beau pays (Mélenchon), outre qu’elle semble impliquer un fond assez fort d’antisémitisme, me laisse complètement pantois tant elle est stupide, et je vais essayer d’expliquer pourquoi dans les lignes qui suivent… ».

Charles Gave donne ensuite l’argument selon lequel, depuis 1936, le gouvernement français pouvait emprunter dans la stricte limite de 10 milliards de francs, sans payer d’intérêts sur ces emprunts, ce qui lui procurait une facilité de trésorerie. Cette « facilité de caisse » ne fut supprimée qu’en 1992, non par Pompidou et Giscard mais par Mitterrand et Delors, car contraire au Traité de Maastricht. Les Rothschild, « dont la banque était à l’époque nationalisée », n’avaient, selon Charles Gave, « pas grand-chose à voir dans le Schmilblick ».

Tout d’abord, il est vrai que les Traités internationaux ont désormais une valeur supérieure aux lois internes, obligeant à modifier ces dernières lorsque, malencontreusement, des dirigeants signent des Traités qui leur sont contraires. Les Traités internationaux sont donc, soit dit en passant, devenus un moyen efficace de déresponsabilisation politique des « hommes en charge du gouvernement » ; les Traités sont un moyen facile et gratuit de contourner les lois internes devenues gênantes.

Sur le fond du sujet, Charles Gave explique que ce n’est pas tant la loi du marché qui appauvrit l’État que la propension extraordinaire et maladive des « hommes politiques » à générer, de façon « naturelle », soit de l’endettement soit de la planche à billets. L’un et l’autre ayant, aux yeux de Charles Gave, des résultats similaires.

Il importe ici de préciser quelques postulats afin de rétablir quelques vérités.

D’une part, contrairement à ce que semble croire Charles Gave, personne ne soutient sérieusement qu’il faut remplacer les intérêts d’emprunts par de la planche à billet. Ce raccourci, extrêmement fallacieux, consiste à estimer que les français sont suffisamment idiots pour considérer que la dérive politique consistant à mal gérer le budget de l’État est à mettre sur le même plan que la planche à billet ou l’endettement sur les marchés de capitaux, deux moyens différents de pratiquer l’irresponsabilité monétaire. Il y a en effet deux analyses différentes dont les effets sont, volontairement ou non, confondus par Charles Gave : une analyse de la cause politique et une analyse des moyens techniques mis en œuvre.

Ce qui est indiscutable est la chose suivante : à dérive monétaire identique – par hypothèse réalisée par un personnel politique irresponsable – les effets de la planche à billets et ceux de l’endettement par taux d’intérêts ne sont pas du tout les mêmes.

L’utilisation abusive et sans mesure de la « planche à billets » a pour effet de générer une inflation, rapidement incontrôlable, et une perte de substance financière des actifs ; tout le monde souffre mais, toute proportion gardée, ceux qui souffrent le plus sont précisément les rentiers car ce sont eux qui ont le « plus d’actifs à perdre ». Personne, à ma connaissance, n’a jamais prétendu, contrairement aux allégations de Charles Gave, que l’utilisation abusive de la « planche à billets » était « gratuite ».

L’utilisation abusive de l’endettement à un tout autre effet que celle de la planche à billets, beaucoup plus acceptable pour les détenteurs de capitaux. Cet effet consiste à mettre la politique budgétaire de l’État sous la coupe des marchés de capitaux, et plus précisément, sous la coupe de ceux qui, en sous-mains, contrôlent ces marchés. Il n’est qu’à rappeler le raid hostile que Georges Soros avait mené contre la livre sterling pour se convaincre de la réalité de cette assertion. Plus récemment, Myret Zaki a parfaitement explicité le rôle fondamental des Hedge Funds américains dans le déclenchement, au début des années 2010, de la « crise de la dette grecque ». Un autre effet de la dette, extrêmement intéressant pour les grands détenteurs de capitaux, est que cette dernière permet de concentrer, à bon prix, une grande partie des actifs dans leurs mains. Ainsi, les institutions comme le FMI, la Banque mondiale, la Troïka européenne (Commission, BCE et FMI), le MES européen conditionnent l’octroi d’une « aide » financière aux États n’ayant plus accès « aux marchés » par la cession d’actifs publics – y compris stratégiques – dans le même temps qu’ils génèreront des intérêts engrangés par les pourvoyeurs de l’aide en question ; lesquels seront curieusement les mêmes pris sous des casquettes différentes que ceux qui « contrôlent » les « marchés ». Cette analyse doit être comprise dans le contexte actuel dans lequel la création monétaire relève essentiellement d’une écriture comptable des banques, sans aucune contrepartie réelle. Ainsi, des organismes privés peuvent, au moyen d’une simple écriture comptable, et avec la bonne conscience de faire « œuvre de charité publique », accaparer moyennant un prix déprécié la plus grande part des biens publics acquis avec de l’argent public. Le tour de prestidigitation est remarquable : l’accaparement est justifié par la mauvaise conduite des masses populaires qui ont « les dirigeants qu’elles méritent » !

En réalité, la loi de 1973, souvent et à juste titre décriée, s’inscrit dans un long mouvement consistant, pour les banquiers privés à reprendre le contrôle de la monnaie française qu’ils avaient en grande partie perdu à la fin de la 2nde Guerre mondiale en raison de la nationalisation de la Banque de France et de l’organisation (par l’État français sous la direction du CNR) du « crédit dirigé » par la mise en place du « circuit du Trésor ». Ce système intégré permettait une gestion saine et rigoureuse du budget de l’État et conditionnait la création monétaire aux seuls besoins réels de l’économie. C’est ainsi que la reconstruction d’un pays ruiné a pu être mis en œuvre ; et non comme trop souvent seriné par les effets du plan Marshall. À la sortie de la 2nde Guerre mondiale, l’État français a, par la grâce du CNR, pu être partiellement repris en main par le fait politique, dans le sens où l’État était, à nouveau, en charge de l’organisation publique pour le développement et l’amélioration du bien commun.

La reprise en main de la monnaie nationale par les banquiers a été, en effet, achevée, non par la loi de 1973, mais par l’intervention de l’article 123 du TFUE qui a interdit de facto tout financement politique de l’économie par autre chose que l’emprunt sur les marchés.

La seule question pertinente qui se pose ici est la suivante : comment le processus légitime et vertueux du circuit du trésor a-t-il laissé la place à la perte de souveraineté monétaire de la France par le biais de l’endettement sur les marchés ? Autrement dit, comment une gestion politique rigoureuse de la monnaie a-t-elle laissé la place, chez les élites françaises, à une gabegie institutionnelle débouchant sur un appauvrissement, pour ne pas dire une disparition, des classes moyennes et un enrichissement corrélatif des gros détenteurs de capitaux intervenant sur les marchés financiers ?

La réponse à cette question ne relève pas de la technique économique ou budgétaire, elle est de nature politique et géopolitique. Afin d’y répondre, il faut interroger l’histoire économique et politique du XXème siècle sous l’angle de l’évolution du rapport de force entre « fait politique » et « fait économique », il faut aussi observer l’évolution de ce même rapport de force sur une durée beaucoup plus longue.

On découvre ainsi que l’organisation politique de la République occidentale a pour corollaire une dépendance des « hommes politiques » aux « partis politiques »alors que ces derniers dépendent eux-mêmes de leurs « pourvoyeurs de crédit », c’est-à-dire de ceux qui financent les multiples et incessantes « élections ». On découvre aussi que, stratégiquement, la politique au long court échappe aux marionnettes politiques apparentes pour échoir en réalité aux hauts fonctionnaires inamovibles de l’État ainsi qu’aux créanciers des partis politiques.

Ce qui, fondamentalement, est en cause dans la dénonciation de la loi de 1973, est la perte de substance politique des États. La souveraineté monétaire, économique et politique n’appartient plus aux peuples qui forment les États mais aux banquiers commerçants, aux financiers, qui ont accaparés la création monétaire maitrisant désormais seuls l’affectation des ressources financières pour des objectifs relevant de leur intérêt catégoriel et non plus de l’intérêt général. Ce qui est en cause est le contrôle des économies étatiques que le contrôle des monnaies a permis aux banquiers. Ce qui est aussi en cause est le contrôle et la subversion du phénomène politique par ces mêmes banquiers.

Pour résumer notre propos, Charles Gave semble souffrir d’une sorte de dissonance cognitive lorsqu’il préconise le retour au RIC tout en dédouanant les auteurs de la loi de 1973. Cette loi n’est en effet qu’une étape dans la longue marche de la perte de souveraineté politique et monétaire de l’État. Or, précisément, cette perte de souveraineté passe par la dépendance financière de l’État et son asservissement aux marchés. La loi de 1973 n’impose pas en effet le recours excessif et indu à l’endettement par des hommes politiques irresponsables, mais elle prépare le terrain au changement de paradigme monétaire : elle met en place la structure qui permettra, lorsque des hommes politiques corrompus interviendront ouvertement, d’enrichir les grands capitalistes en appauvrissant les populations et les États, le malheur des uns réalisant dès lors le bonheur des autres.

Répétons-le : la loi de 1973 n’est qu’une étape – non décisive à elle seule mais tout à fait indispensable – dans la réorientation des effets des « crises budgétaires »dans un sens qui soit favorable aux très grands détenteurs de capitaux. Or, ces grands détenteurs de capitaux ont, depuis de longs siècles, établi leur quartier général à la City of London (premier paradis fiscal historique) : leur puissance actuelle est due à la stratégie mise en œuvre par Oliver Cromwell consistant à allier le glaive et la banque pour la réalisation d’un empire. Cet empire est en réalité d’ordre strictement financier car « pas de glaive » sans financement par la banque. Comme disait Napoléon : « la main qui donne est au-dessus de celle qui reçoit ». Cet empire financier n’est que conjoncturellement géo-localisable. Il aspire aujourd’hui à établir un gouvernement mondial sur les décombres des États et des empires.

Lorsque Charles Gave prétend ironiquement que les français sont « partagés sur le sujet de la cueillette des haricots verts ou le ramassage des escargots », nous lui répondons qu’il devrait se poser la question de savoir sur quel sujet il est lui-même partagé : souhaite-t-il l’établissement d’un RIC alors que l’intitulé des questions restera dominé par le personnel politique actuel ? Ou souhaite-t-il un retour du phénomène politique réel, ce qui passe par un changement radical non seulement du personnel politique mais aussi et surtout de la domination des États par les détenteurs des marchés ? Car dans la seconde option, c’est l’intégralité de l’organisation politique des États qu’il faut réinitialiser, pas seulement un « changement conjoncturel » du personnel politique. Dans ce dernier cas de figure, il doit être mis fin à la domination des États par les « marchés », c’est-à-dire que les États politiques doivent à nouveau reprendre le contrôle de multinationales et réguler de façon effective les « marchés » de capitaux, qui échappent aujourd’hui à toute contrainte autre que celles qu’ils se mettent eux-mêmes.

Qu’en pense Charles Gave et tous les gestionnaires de capitaux, dont un des rôles est justement d’agir sur les marchés jouant, ce faisant, le jeu des « grands capitalistes » qui maîtrisent aujourd’hui toutes les réglementations ?

Valérie Bugault

Notes

 

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15 commentaires

  1. Soupape says:

    Contenu de la LOI 73-7 du 3 janvier 1973 (suite)

    TITRE II … Opérations de la Banque (ndr. de France)
    Section I … Concours de la Banque (ndr. de France) à l’Etat

    ARTICLE 17

    ARTICLE 19
    Les conditions dans lesquelles l’Etat peut obtenir de la Banque (ndr. de France)
    des avances et des prêts
    sont fixées par des conventions PASSEES
    entre le ministre de l’économie et des finances et le gouverneur,
    autorisé par délibération du conseil général (ndr. de la Banque de France).

    Ces conventions doivent être approuvées PAR LE PARLEMENT.

    Il n’est donc nullement écrit
    que l’Etat ne pourra PLUS emprunter … à la Banque de France …

    • Pierre-Alain Depauw says:

      Cher Monsieur,
      Une loi se lit jusqu’au bout et en l’occurrence il fallait aller jusqu’à l’article 25 !

      Valérie Bugault, comme Pierre Hillard, savent parfaitement de quoi ils parlent.

      • Soupape says:

        Monsieur,

        1 – L’article 19 concerne la Section I du Titre II de la Loi

        Or cette Section I est intitulée :
        Concours de la Banque (ndr. de France) A l’ETAT.

        Quant à l’article 25, il concerne une AUTRE section,
        la section III, intitulée : AUTRES opérations …

        Par ailleurs je serais heureux que vous nous fassiez expliquer
        ce que signifie, en clair,
        le contenu de cet article 25,
        car tout le monde n’est pas familier des opérations du Trésor Public …

        L’article 25 me semble préciser la portée de l’article 24 …

        2 – Je ne vise la sincérité ou la compétence de personne.

        Je constate simplement qu’un FAUX BRUIT semble avoir été inutilement répandu,
        (à ma connaissance, il a été lancé par marine le pen, en 2011)

        A ce jour, PERSONNE n’a daigné argumenter
        en citant les articles précis de la Loi du 3 janvier 1973,
        et en expliquant leur sens et leur portée pratique …

        3 – En tout cas, on a toujours oublié de dire
        que la Loi 73-7 a été abrogée A LA FIN de MITTERRAND, en 1993,
        pour satisfaire au traité de “masse-triche”.
        Et comme d’habitude, on accuse Pompidou (et donc de Gaulle), de tous les maux !

        Comme en 1940 et en 1968, les socialistes excellent à cacher leurs erreurs !

        La Vérité est que c’est mitterrand qui a renoncé à la Banque de France
        en abrogeant en 1993 … la loi 73-7, … soit 20 ans après !!!

        4 – La loi du 3 janvier 1973 a été suivie
        de décrets concernant la Banque de France,
        tel le décret 73-102 du 30 janvier 1973.

        C’est pourquoi un dossier COMPLET sur cette question serait le bienvenu,
        pour clarifier la situation et l’information de vos lecteurs.

        Il faudrait remonter, notamment aux lois des 23 juin et 24 juillet 1936 … !

        5 – Je m’étonne que vous ayez supprimé mes citations
        des 6 premiers articles de la Loi 73-7, dans leur version d’origine,
        qui ne sont pas faciles à lire …
        si on ne dispose pas du JO du 4 janvier 1973 … pages 165 à 167.

        Car aujourd’hui, nous serions bien heureux que ces articles,
        qui ne doivent rien ni au “fâchisme” ni au “populisme”,
        soient remis en vigueur …

        Car nous demandons, … non pas l’abrogation de la loi 73-7, … mais son Retour !

        Pour ma part, la remise en vigueur de l’article 1 me plairait bien :

        “Art. 1er. – La Banque de France est l’institution qui,
        “dans le cadre de la politique économique et financière de la nation,
        “reçoit de l’Etat, la mission générale de veiller sur la monnaie et le crédit.
        “A ce titre, elle veille au bon fonctionnement du système bancaire”.

        Les nouvelles générations … en feraient leur profit …

        6 – Enfin, pour juger des effets pratiques de la loi 73-7,
        il ne faut pas oublier les chocs pétroliers à répétition qui ont suivi …

      • Soupape says:

        A Pierre Alain Depauw :
        Compléments sur la “loi” dite Pompidou Giscard, déjà abrogée en 1993.

        1 – Finalement, c’est l’ARTICLE 17
        du DECRET 73-102 (JO du 1er février 1973, pages 1248 et 1249),
        et NON la LOI 73-7 (!),

        qui abroge une série de Décrets antérieurs,
        lesquels autorisaient la Banque de France a faire des AVANCES
        dans les cas suivants :

        sur les titres des emprunts unifiés
        émis par les départements, communes, syndicats de communes,
        chambre de commerce, ports autonomes,
        et organismes bénéficiant de la garantie de ces collectivités ;

        sur les titres des emprunts
        émis par les sociétés de développement régional ;

        sur les titres des emprunts
        émis par la caisse nationale des autoroutes ;

        etc …

        2 – … ce qui confirme mon commentaire à l’article MPI du 31 janvier 2019,
        à savoir, qu’en 1973, Pompidou ne voulait plus
        que les collectivités locales pèsent au delà du raisonnable,
        sur le VOLUME des avances consenties par la Banque de France,
        car, à force de vouloir faire “des projets inconsidérés” dans chaque commune,
        les impôts locaux … devenaient insupportables pour les contribuables …

        C’est pourquoi, par l’ARTICLE 17 du décret 73-102, (et non par la Loi 73-7)
        Pompidou croyait pouvoir … limiter la croissance des impôts locaux !

        En fait Pompidou n’a pas vécu assez longtemps,
        pour se rendre compte que les maires … ont passé outre à la Sagesse,
        et ont préféré endetter leur communes à outrance,
        au besoin en passant pas les banques privées,
        tout cela sous la pression des groupes habituels !

        3 – Il résulte de tout ce qui précède

        que ce n’est PAS la LOI 73-7 dont il faudrait “demander l’abrogation”
        (comme le titre imprudemment le MPI du 31 janvier 2019)
        puisque cette loi 73-7 a DEJA été ABROGEE par Mitterrand en 1993,
        (suite au traité de “masse-triche”),

        mais qu’il faudrait, au contraire, demander le RETOUR de cette LOI,

        tout en réexaminant ce qu’il convient de faire, dans les conditions d’aujourd’hui,
        des ANCIENS décrets abrogés par l’art. 17 du Décret 73-102 du 30 janvier 1973.

        4 – Au total nous retombons presque sur nos pattes,
        mais seulement sur le plan juridique.
        Car il ne faut pas manquer de souligner que c’est Mitterrand, et non de Gaulle,
        qui a renié la Banque de France !

        5 – Quant au plan financier et économique,
        il reste à examiner si la nécessaire restauration de la Banque de France,
        supporterait, aujourd’hui, le système des avances d’autrefois …
        vu le volume des dépenses inconsidérées des collectivités locales !

        Il faut aussi arrêter l’augmentation incessante des impôts locaux,
        car le total des endettements des collectivités locales
        atteint aujourd’hui des montants inavouables, et peu connus !

        Merci de votre attention..

        P.S. : Il me parait souhaitable d’informer Civitas de ces subtilités de vocabulaire,
        qui ne manqueraient pas d’être exploitées …
        par des journalistes peu scrupuleux et soucieux de sensationnel …

      • Soupape says:

        Sur la LOI 93-980 du 4 août 1993 (JO du 6 août 1993 pp. 11047 à 11050)

        Cette LOI
        abroge la LOI 73-7, par son article 35 ;
        MAIS elle n’abroge pas d’un coup la Banque de France (cf son art. 32)
        et d’ailleurs la Banque de France a continué à subsister après la fin de 1993,
        au moins avec des attributions réduites …

        A son article 1, la LOI 93-980 reproduit une déclaration d’inconstitutionnalité.

        Cette Loi est signée du Premier Ministre Balladur, (mitterrand restant Président).
        le ministre éco.&fi. est Alphandéry ; Chirac n’est pas encore Président)

        CONCLUSIONS :
        Les choses sont moins simples qu’on le croit …
        Il reste à étudier et faire la synthèse
        de tous les textes … y compris avant 1973 et après 1993.

  2. Charles GAVE a raison. Cette Valérie BUGAULT fait du bla-bla sans intérêt. La loi de 1973 a seulement précisé que l’Etat ne devait pas avoir recours à un découvert illimité en compte ouvert au nom du Trésor Public chez la banque de FRANCE. POINT FINAL. C’est purement technique et uniquement destiné à lever la menace sur le bilan de la BANQUE DE FRANCE que représentait ce caractère illimité potentiel. C’était de plus une mesure d’ordre destinée à contenir la propension aux déficits de quelques politiciens et autres pseudos “économistes” sous des litanies idiotes comme le facteur multiplicateur pour l’économie des investissements d’Etat ou sub-étatiques ou para-étatiques. C’est aussi donc une protection contre la propension des gouvernements gauchistes à faire marcher à fond “la planche à billets” depuis 1914-1935. La FRANCE alors en 1973 n’a plus aucune dette étrangère ou intérieure pressante. Seule la rente sur l’Etat subsiste et ce qu’on appelle la dette perpétuelle à laquelle elle appartient. La dette flottante est on ne peut bien maîtrisée avec les Bons du trésor dans le public que même les banques commercialisent ou souscrivent en concurrence avec leurs prorpes bons de caisses. En 1973, l’Etat est encore très bien géré. COUVE DE MURVILLE en deux ans, comme promis a remis les comptes à flots après la crise qui fut sévère et très dangereuse de 1968. Il n’ya donc rigoureusement rien à reprocher à cette simple loi technique !

    Pour l’actualité, il est sidérant que tous ceux qui se permettent de causer ignorent d’évidence que la BADF est aujourd’hui engagée à plus de 400 Milliards d’euros soit plus 2.600 Milliards de FF dans le financement de l’Etat par rachats de dettes d’Etat français !!!! Ceci en sus des rachats opérés par la BCE depuis des années ce qu’on a appelé les QE ou en français “politique accommodante” !!! En effet et c’est rien de le dire. Ils ignorent aussi que les taux d’emprunts sont NEGATIFS ! En sus l’AFT finance l’Etat par recours à des pools bancaires à taux également négatifs ou à LT de l’ordre de 1%.

    Voilà donc la vrai raison de l’endettement : une GESTION DESASTREUSE aboutissant à des déficits chroniques qu’il faut financer sans cesse en empruntant pour rembourser les précédents aux soins de l’AFT ! Et eci depuis 45 ans ! 45 ans de gauchisme débridé sous les ordres du mondialisme judéo-maçonnique d’origine US ! Charles GAVE a raison. POINT FINAL. Et comme vous voyez j’abonde preuves à l’appui dans son sens.

    A D Laurent MARTIN ancien employé des années 6à au CL où bien des irrégularités et m^me illégalités étaient commises qui expliquent la suite : sa faillite de 156 Milliards de FF à charge des contribuables via le budget de l’Etat avant que le plus grand trou de l’histoire du monde soit atteint avec le trou de FRANCE TELECOM !!! J’ai progressé dans mon métier jusqu’à Cadre Hors classe et sous-directeur d’un Etbt financier de Portefeuille prestigieux qui lui damait le pion aux Anglais et en toute légalité parfaite ! devenu Co-director de Stés US, j’ai repris mes cours comme Professeur d’ECO politique appliquée auprès de l’IFB en 89-93. Avant que le saccage des études ne soit opéré d’origine du Ministère de l’EDUC-NAT. Je sais donc de quoi je parle et peut vous faire cours complet !

    • Samcoimbra says:

      Intéressant. Avez vous une bibliographie à proposer sur ce sujet ? Cdlt

  3. Jacques labonne says:

    Bonjour,

    il doit y avoir un moyen officiel de mettre tout le monde d’accord,
    qui perçoit les intérêts des emprunts depuis 1973 ou pas – Trésor – Banque de France – Banques ” commerciales” ?..

    • Soupape says:

      Monsieur,

      1 – En France, quand on veut entreprendre et qu’on n’a pas l’argent nécessaire,
      on va trouver une Banque, pour essayer d’obtenir un prêt.
      Sinon, on ne fait rien … ce qui est la sagesse.

      Les intérêts demandés par la Banque sont liés aux risques :
      le risque de l’inflation, dont personne ne peut connaître le montant à l’avance avec certitude ;
      le risque d’insolvabilité de l’emprunteur, qui n’est jamais nul.

      Le métier de banquier … ne peut pas consister … à perdre de l’argent,
      car le banquier doit faire face aux épargnants
      qui lui ont fait confiance en déposant leurs fonds chez lui …

      2 – Quant aux maires … et autres conseillers dépensiers des collectivités locales,
      on ne les a pas sonnés !

      Si la commune n’a pas les moyens
      de construire une .°.médiathèque.°. de .°.propagande.°. pour la .°.décadence.°.,
      on ne la construit pas !

      En échange de quoi, chacun construit à son rythme sa propre bibliothèque …

      En aucun cas la Banque de France
      n’est chargée de financer tous les caprices … des maires et des collectivités locales !

      3 – Arrêtez de considérer les “métiers d’argent”, comme des métiers nuisibles,
      ou méprisables, voire “inspirés du démon” !

      C’est grâce aux prêts, que les entreprises
      peuvent saisir à temps des occasions de développement,
      ce qui leur permet d’embaucher (et donc d’éviter de gonfler le chômage !)..

      Soyez un peu JOVIAL !
      Contribuer à créer la prospérité … est une forme d’Amour du Prochain !

      4 – Il existe des banquiers qui dissimulent leurs profits, pour payer moins d’impôts.
      Mais ceci est une autre question !

      5 – Mes propos n’ont rien à voir avec le .°.slogan.°. partout imposé :
      “marketing, manège-menteur, comme-munich-action”.

      Il faut retrouver des méthodes de Gestion Françaises,
      et envoyer balader tout ce qui est .°.anglo-saxon.°.
      (bien que les “saxons” n’y soient pour rien).

      • Nicolas Jaisson says:

        Les intérêts demandés par la Banque sont liés aux risques :
        le risque de l’inflation, dont personne ne peut connaître le montant à l’avance avec certitude ;
        le risque d’insolvabilité de l’emprunteur, qui n’est jamais nul.

        Le problème du crédit n’est pas tellement le taux d’intérêt, que la possibilité donnée aux banques de créer de la monnaie de façon virtuelle sous forme de dette remboursable avec de la monnaie, qui elle a une contrepartie réelle sous forme de valeur travail. A moins q’il ne s’agisse de banquiers qui se prêtent entre eux, Alors là il s’agit souvent de cavalerie, car c’est la dette qui finance la dette, ie ou titres de dette ou instruments de financement..
        D’ailleurs vous remarquerez que les taux n’ont rien de libre, puisque la BCE comme la FED interviennent régulièrement pour fixer les taux de base. Les banques allemandes se plaignent ainsi que les taux fixés trop bas les condamnent à l’insolvabilité car elles n’arrivent plus à rester rentables, au moins en ce qui concerne les banques de dépôts et les banques commerciales.
        Mais même quand il s’agit de banques d’investissement les collusions de banques, qui s’arrangent entre elles pour fixer les taux servant de base à leurs activités de prêts et aux dérivés de taux, sont monnaie courante. Voir à ce sujet les scandales qui ont défrayé la chronique lorsque des banques de la City ont ont été prises la main dans le sac en train de manipuler le Libor pour diminuer les risques sur les swaps de taux. Il y en a pour des trillions de £

        Donc l’usure c’est la collusion de certains aux dépens de tous comme on le constate lorsqu’il s’agit de renflouer les banques au détriment de la masse qui se retrouve dénuée de moyens de financement, alors même que l’Etat annonce que des milliards de liquidités ont été injectés dans l’économie. La bonne blague, car il s’agit de monnaie fictive finançant des actifs fictifs circulant entre les banques, pas de financement d’activités d’entreprise. Là encore il y a escroquerie sur le sens des mots, car le financement des entreprises dans des marchés contrôlés comme les nôtres est toujours sélectif. Prétendument pour des motifs de gestion des risques, en fait en fonction des activités que les gouvernements souhaitent développer.
        Ainsi quand il s’agit d’éoliennes, de centrales électriques ou de vélos à louer, les banques allongent sans broncher car elles savant qu’elles sont couvertes par leur banques centrale qui refinancera les prêts accordées à des entreprises bénéficiant indûment de subventions publiques déguisées. Mais si vous voulez lancer une PME industrielle dans une région désertifiée, qui ne correspond pas aux plans d’aménagement du territoire, vous pouvez toujours rêver.

        Le crédit c’est en fin de compte le mythe de l’argent qui tombe du ciel comme la manne au désert dans une sorte de conte pour enfants qui vous explique que le désert va reverdir grâce aux optimistes qui ont retrouvé leur jovialité lorsque le banquier a décidé de faire confiance aux valeureux entrepreneurs. Il faut sortir de l’enfance, cher ami.

  4. Nicolas Jaisson says:

    “La souveraineté monétaire, économique et politique n’appartient plus aux peuples qui forment les États mais aux banquiers commerçants, aux financiers, qui ont accaparés la création monétaire maitrisant désormais seuls l’affectation des ressources financières ”

    “(…) les États politiques doivent à nouveau reprendre le contrôle de multinationales et réguler de façon effective les « marchés » de capitaux, qui échappent aujourd’hui à toute contrainte autre que celles qu’ils se mettent eux-mêmes.”

    Ces deux assertions de l’auteur suffisent à démontrer à quel point elle connaît mal l fonctionnement du système monétaire et les processus de création de la monnaie sur les marchés. Elle devrait savoir en effet que

    Primo; les marchés sont déjà sur réglementés. Il suffit pour s’en convaincre de considérer l’avalanche de réglementations qui se sont affalées sur les marchés et les banques depuis la crise des start ups en 2000 jusqu’à 2011 avec toutes les lois concernant la gestion des risques, à tel point que le corsetage des activités bancaires par les agences de surveillance et les banques centrales ont presque abouti à une nationalisation de fait des marchés, ce qui a conduit maintes banques d’affaires à une quais faillite (SGCIB, DB, Unicrédit, Kommerzbank, etc). Les réglementations bâloise, OCDE, FSA, SEC directives européennes CAD, CRD et autres semblent vous avoir échapper complètement!

    Secoundo: ce sont les politiques, qui de concert avec les banques centrales, décident de l’affectation des ressources via les accords décidés au sein des instances supranationales. Les banques ne sont que des relais qui dépendent totalement de la garantie des banques centrales dans un contexte de déflation récurrente. Quelle est en effet la source de la création monétaire par les banques, si ce n’est les dépenses de l’Etat transformées en titres par les banques d’investissement avec le soutien des banques centrales qui font les chèques aux Trésoreries publiques? Si les politiques ont donné la priorité au sauvetage des banques de préférence à l’économie réelle c’est à cause du fait que les banques achètent la dette publique en contrepartie de leur transformation en crédits dans le monde réel, pourvu que leurs actifs restent éligibles à la collatéralisation par les banques centrales (FED, BCE, BOE, etc). Les opérations d’open market comme les échanges de titres de dette publique ou privée jouent un rôle très important dans le financement des banques dont elles assurent la solvabilité par le refinancement des actifs.

    Avez-vous jamais entendu parler des QE qui ont démultiplié les moyens budgétaires de l’Etat en transformant les dépenses publiques en moyens de financement des actifs bancaires? Visiblement vous avez des lacunes en ce qui concerne les mécanismes de transformation de la monnaie qui passe du du monde réel au monde des marchés grâce aux échanges de titres qui financent à la fois l’actif et le passif des banques, en fonction des échanges de dette décidés par les politiques relayés par les banquiers centraux, dont l’indépendance est une fiction; A ce titre, les Chinois font preuve d’une inventivité remarquable dans la transformation des dettes bancaires servant de passerelle au financement de l’économie par l’Etat. Rappelons en passant que les dépenses de l’Etat représentent 57% du PIB en France. Libéralisme où es-tu??

    Or ces opérations de financement bancaires sont décidées en fonction de l’allocation des ressources qui dépendent des accords cadre que les Etats négocient entre eux dans les instances présidant à la mondialisation des actifs. C’est ainsi que les banques allemandes financent souvent à perte (merci Target) les activités exportatrices de l’industrie allemande, ou que les banques françaises ou italiennes financent la transition écologique via les énergies renouvelables, non rentables bien souvent, sur la base des décisions prises au niveau de l’Europe et de l’ONU qui supervisent l’organisation de l’économie mondiale. Les multinationales n’auraient jamais vu le jour sans une visée politique qui décide du modèle économique à appliquer pour unifier et harmoniser les marchés en fonction de standards mondialistes. Les industries chimiques, automobiles, informatiques, alimentaires, de santé et autres sont soumises à des accords politiques qui ouvrent ou ferment les marchés en fonction de considérations politiques, dont la fin ultime est la socialisation des peuples alignés sur des standards communs de consommation et de distribution en vertu des décisions prises par mes experts dans des instances politiques mondialistes. A cet égard le codex alimentarius ou l’Agenda 21 sont des exemples assez remarquables, qui prouvent à quel point les politiques peuvent avoir le bras long pour influencer les comportements, quand les banques et les multinationales leur offrent des moyens colossaux d’influencer les comportements à travers la planète.

  5. Excellente intervention de Valérie BUGAULT, qui en appelle d’autres.

    Ch. GAVE est le financier parfait libéral et “apatride” puisqu’il déclare lui-même qu’il ne voit aucun inconvénient à vivre à Hong Kong, ou ailleurs, au contraire du Français de souche, type Gilets jaunes, qui s’établit là “où sont ses racines” :
    Emission économique : Planètes360 : Gilets Jaunes : Vers une Guerre Civile ? : https://www.youtube.com/watch?v=skddjC5j4cc
    (émission qui ne manque pas d’intérêt au demeurant)

    La question est de savoir si Ch. GAVE – par ses nombreuses interventions sur le net et en télévision – ne tente pas de “se faire une virginité” au cas où les choses tourneraient court pour une bonne partie des élites.

    Il manie également la morale chrétienne à sa guise (on reconnait là le libéral chrétien) et dit préférer aider de jeunes entrepreneurs (ce qui est en soi est une bonne chose) plutôt que de donner à des “fainéants” :
    Emission économique Grand Angle : L’argent et la morale chrétienne : https://youtu.be/9OhOicY_RPo?t=9m44s

    Enfin, rappelons-le, Monsieur GAVE a osé commettre un livre intitulé : “Un Libéral Nommé Jésus” (sic).

    Que l’on se rassure, parmi les ouvrages de Charles GAVE, il est introuvable chez Chiré !

    • Nicolas Jaisson says:

      D’accord avec vous, le personnage est paradoxal, c’est même un parfait schizophrène tiraillé entre la morale chrétienne et l’éthique protestante du crédit conçu comme instrument de rédemption des pauvres par les riches, rien de moins. C’est bien connu: dans l’Evangile, comme ailleurs, on ne prête qu’aux riches. La fameuse parabole des talents est très claire sur ce point.Vous ne l’entendrez donc jamais critiquer les banquiers, surtout de marché, qui sont ses principaux clients. On retrouve chez lui la même indulgence envers les politiques chinois totalitaires, alors qu’il se montre très critiques vis à vis des politiques européens, allant jusqu’à militer pour ler respect des libertés individuelles en Europe, via son think tank, l’Institut des libertés.. Sens du business oblige.

  6. chellal says:

    Très pertinent commentaire de cette brillante spécialiste dont je partage entièrement les vues, quant à Charles Gave qui est un intégriste du libéralisme financier et de ses critiques de l’antisémitisme; il serait bon de lui rappeler que Rothschild est le plus puissant soutient historique du sionisme et représentant de la communauté juive et à ce propos qu’il se remémore le verset 15 – 6 du Deutéronome de la Thora : “…..tu prêteras à beaucoup de nations et tu n’emprunteras point ; tu domineras sur beaucoup de nations et elles ne domineront point sur toi” !

  7. Il y a manifestement une grande confusion intellectuelle dans tous ces propos : Madame Bugault semble oublier que depuis la création de l’euro la Banque de France a transmis son pouvoir de création monétaire à la BCE, qui en a le monopole pour tous les pays qui ont adopté l’euro. La Banque de France ne peut donc plus créer de la monnaie, c’est-à-dire qu’elle ne peut pas directement prêter au Trésor Français, ni prendre en pension ou acquérir directement des obligations du Trésor, ces dernières ne pouvant qu’être placées auprès du système bancaire, qui lui les présente ensuite à la BCE pour se refinancer.

    En revanche, la Banque de France est l’agent payer du Trésor, c’est à dire son banquier quotidien pour toutes les opérations courantes de l’Etat, c’est-à-dire d’encaissement et de paiement ainsi que de gestion de trésorerie: cf. https://www.banque-france.fr/la-banque-de-france/nous-connaitre/decouvrir-la-banque-de-france/les-missions-de-la-banque-de-france/services-rendus .

    In fine ce débat est sans queue ni tête puisqu’il infère – à tort – que le Trésor Français peut emprunter auprès de la Banque de France, à travers son compte de gestion auprès de celle-ci.

    De manière beaucoup plus inquiétante Madame Bugault semble vouloir le retour de la faculté de l’emprunt par l’Etat auprès de la Banque de France au nom du primat du politique sur la monnaie. Elle est trop jeune pour avoir connu les dégâts laissés par la IIIème et la IVème République, dont la classe politique a ruinée la France par l’emprunt tout azimut, dont une bonne partie auprès de la Banque de France, mais aussi auprès des Etats-Unis : en 1958, le ministre des Finances français allait chercher tous les mois à l’ambassade des Etats-Unis le chèque de fin de mois pour payer les fonctionnaires français. Lorsque les USA ont suspendu cette facilité, il a fallu appeler De Gaulle à la rescousse pour remettre de l’ordre. Ce que Madame Bugault préconise conduit très exactement à la situation française de 1958, et aujourd’hui du Vénézuéla. C’est aussi le programme de Mme. Le Pen avec la sortie de l’euro, qui implique bien la réappropriation du pouvoir monétaire, et la nationalisation de l’assurance vie pour payer le déficit social. C’est pour cela que l’emprunt de l’Etat auprès du marché, et la discipline que ceux-ci imposent, avec sa contrepartie, la confiance, est un pis-aller meilleur que le système antérieur : il empêche les états de déraper financièrement.

    Quant aux considérations hasardeuses de Madame Bugault sur les taux d’intérêt, ce sont celles que l’on tiendrait dans un univers autarcique communiste, un modèle dépassé qui a fait ses preuves, encore recemment au Venezuela. Le seuil point ou sa critique mérite l’attention, est celle de la structure du système bancaire Français qui est trop concentré : la Banque de France depuis trente ans a poussé à la concentration en interdisant la création de nouvelles banques indépendantes, autrement que « sponsorisées » par une grande banque existante, c’est-à-dire dotée au moins d’une minorité de blocage dans le capital. Ce qui a verrouillé le contrôle des grandes banques sur ce secteur, une grande erreur. Les USA ne sont pas tombés dans ce piège, et en réponse à l’importante concentration constatée depuis 20 ans, on assiste à un renouveau des petites banques locales et régionales, pour le plus grand bénéfice des déposants.

    La difficulté principale est que la culture économique des français, comme des fonctionnaires et hommes politiques, qui était réelle il y a encore trente ans, est devenue assez proche de l’inexistant, cf. https://bfmbusiness.bfmtv.com/observatoire/culture-financiere-les-francais-bons-derniers-en-europe-1091224.html , ce qui rend ce type de débat difficile et sans issue.

    Madame Bugault, mais aussi les français, devraient écouter un peu plus M. Charles Gave…

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