Suite du long article paru sur le blog du vaticaniste italien, Aldo Maria Valli en septembre dernier, et intitulé Vatican II : Monseigneur Viganò répond au Père De Souza (et au Père Weinandy).

Après avoir montré, dans une Ière partie publiée hier sur MPI, la relation causale entre Vatican II et l’apostasie actuelle, Mgr Vigano s’attaque à démontrer comment le concile Vatican II, super-dogme devenu intouchable, a été imposé de manière subversive.

IIème partie : Vatican II, un super-dogme intouchable  imposé de manière subversive

“J’ai écrit et déclaré à plusieurs reprises que c’était précisément en vertu de cette falsification que les fidèles, respectueux de l’autorité de la Hiérarchie, n’ont pas osé désobéir en masse à l’imposition de doctrines hétérodoxes et de rites protestantisés. D’ailleurs, cette révolution ne s’est pas accomplie d’un seul coup, mais selon un processus par étapes, dans lequel les innovations introduites ad experimentum devenaient ensuite la norme universelle, avec des tours de vis toujours plus serrés. Et j’ai également répété à plusieurs reprises que si les erreurs et les points équivoques de Vatican II avaient été formulés par un groupe d’évêques allemands ou hollandais, sans les revêtir de l’autorité d’un concile œcuménique, ils auraient probablement mérité la condamnation du Saint-Office, et leur des écrits auraient fini à l’Index : peut-être précisément pour cette raison ceux qui ont bouleversé les plans préparatoires du Concile ont pris soin, sous le règne de Paul VI, d’affaiblir la Suprême Congrégation et d’abolir l’ Index libroum prohibitorum, dans lequel en d’autres temps ils auraient trouvé leur écrits.

De Souza et Weinandy estiment clairement qu’il n’est pas possible de changer d’avis et qu’il est préférable de se tromper plutôt que de revenir sur ses pas. Pourtant, cette attitude est très étrange : des légions de cardinaux et d’évêques, de prêtres et de clercs, de moines et de nonnes, de théologiens et de moralistes, de laïcs et d’intellectuels catholiques se sont sentis obligés, au nom de l’obéissance à la Hiérarchie, de renoncer à la messe Tridentine pour la remplacer par un rite copié du Book of Common Prayer de Cranmer ; de jeter aux orties des trésors de doctrine, de morale, de spiritualité et un patrimoine artistique et culturel inestimable, occultant deux mille ans de magistère au nom d’un concile qui, de plus, se voulait pastoral et non dogmatique. On leur a dit que l’Église conciliaire s’était enfin ouverte au monde, dépouillée de l’odieux triomphalisme post-tridentin, des incrustations dogmatiques médiévales, des fioritures liturgiques, de la morale sexophobe de saint Alphonse, du conceptualisme du catéchisme de saint Pie X, du cléricalisme de la Curie de Pie XII. On nous a demandé de renoncer à tout, au nom de Vatican II : après plus d’un demi-siècle, nous voyons que rien n’a été sauvé du peu qui restait apparemment encore en vigueur !

Pourtant, si la répudiation de l’Église catholique pré-conciliaire en embrassant le renouveau conciliaire était saluée comme un geste de grande maturité, un signe prophétique, une manière de vivre avec son temps et finalement une chose inévitable et incontestable, aujourd’hui répudier une expérience ratée qui a conduit à l’effondrement de l’Église est considéré comme un signe d’incohérence ou d’insubordination, selon l’adage des Novateurs ‘Pas de retour en arrière’. A l’époque, la révolution était saine et nécessaire, aujourd’hui la restauration est néfaste et annonciatrice de divisions. Avant, le passé glorieux de l’Église pouvait et devait être nié au nom de l’Aggiornamento, aujourd’hui remettre en question quelques décennies de déviations est considéré comme schismatique. Et ce qui est encore plus grotesque, c’est que les défenseurs du Concile sont si flexibles avec ceux qui nient le Magistère pré-conciliaire, et stigmatisent avec la jésuitique et infâme qualification de rigides ceux qui, par cohérence avec ce même Magistère, ne peuvent accepter l’œcuménisme et le dialogue interreligieux (qui a abouti à Assise et à Abu Dhabi), la nouvelle ecclésiologie et la réforme liturgique, issue de Vatican II.

Tout cela, bien sûr, n’a aucun fondement philosophique ni même théologique : le super-dogme de Vatican II prévaut sur tout, annule tout, efface tout, mais n’admet pas de subir le même sort. Et c’est précisément cela qui confirme que Vatican II, bien qu’il soit un concile œcuménique légitime – comme je l’ai déjà dit ailleurs – n’est pas comme les autres, car si tel était le cas, les conciles et le magistère qui l’ont précédé auraient dû être considérés comme également contraignants (pas seulement en paroles), empêchant la formulation d’erreurs contenues ou implicites dans les textes de Vatican II. Une Cité en elle-même divisée

De Souza et Weinandy ne veulent pas admettre que le stratagème adopté par les novateurs était très habile : faire approuver la révolution, dans un respect apparent des règles, à ceux qui pensaient que c’était un concile catholique comme Vatican I ; affirmer qu’il ne s’agissait que d’un Concile pastoral et non dogmatique ; laisser croire aux Pères conciliaires que d’une manière ou d’une autre les points critiques seraient réglés, les malentendus seraient clarifiés, certaines réformes seraient reconsidérées dans un sens plus modéré… Et alors que les ennemis avaient tout organisé, dans les moindres détails, au moins vingt ans avant la convocation du Concile, il y avait ceux qui croyaient naïvement que Dieu empêcherait le coup d’État des modernistes, comme si le Saint-Esprit pouvait agir contre la volonté subversive des novateurs. Une naïveté dans laquelle je suis moi-même tombé avec la plupart de mes confrères et des prélats, formés et élevés avec la conviction que l’obéissance inconditionnelle était due aux pasteurs, et au Souverain Pontife avant tout et au-dessus de tous. Ainsi, les bons, en raison de leur conception déformée de l’obéissance absolue, obéissant aux pasteurs de manière inconditionnelle, ont été incités à désobéir au Christ, précisément par ceux qui savaient très clairement les buts qu’ils s’étaient fixés. Dans ce cas également, il est évident que l’assentiment au magistère conciliaire n’a pas empêché, voire a exigé comme conséquence logique et inévitable, le désaccord avec le magistère pérenne de l’Église.

Après plus de cinquante ans, nous ne voulons toujours pas prendre acte d’un fait incontestable, à savoir qu’une méthode subversive jusque-là adoptée dans la sphère politique et civile a été utilisée, en l’appliquant sine glossa à la sphère religieuse et ecclésiale. Cette méthode, typique de ceux qui ont pour le moins une vision matérialiste du monde, a trouvé les Pères conciliaires impréparés, eux qui croyaient vraiment à l’action du Paraclet, tandis que les ennemis savaient comment fausser les votes dans les commissions, affaiblir l’opposition, obtenir des exceptions aux procédures établies, présenter une norme comme apparemment inoffensive pour ensuite en tirer un effet perturbateur et contraire. Et le fait que ce concile s’est déroulé dans la basilique du Vatican, avec les Pères en mitre et en chape ou en costume de chœur, et Jean XXIII en diadème et manteau, était parfaitement cohérent avec l’orchestration d’une scénographie spécialement conçue pour tromper les participants et même les rassurer qu’après tout le Saint-Esprit aurait également remédié aux gâchis de subsistit in ou aux absurdités sur la liberté religieuse.” Traduction de Francesca de Villasmundo 

Francesca de Villasmundo

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