Sanctoral

Saint Jean Leonardi, Confesseur

Jean Leonardi, né près de la ville de Lucques, montra dès son premier âge un air de gravité et de maturité. Appelé par Dieu à l’âge de vingt-six ans à s’enrôler dans la milice ecclésiastique, il apprit d’abord parmi les enfants les rudiments du latin, puis il fit de tels progrès dans les lettres et dans les disciplines philosophiques et théologiques qu’au bout de quatre ans à peine il fut élevé au sacerdoce, en vertu de l’obéissance. Il institua la Congrégation des clercs réguliers de la Mère de Dieu ; leurs efforts et leur zèle amenèrent une grande transformation spirituelle dans la république de Lucques. Il connut alors les poursuites acharnées des méchants, mais acceptant toutes les épreuves d’une âme sereine, il obtint de Grégoire XIII l’approbation de sa congrégation. Profondément affligé de savoir beaucoup de peuples privés dans les contrées lointaines de la lumière de l’Évangile, il fonda, après des entretiens avec le pieux prélat Vives, un groupement de prêtres qui aurait pour charge la formation de jeunes gens destinés à aller ensuite dans des pays éloignés pour y propager la foi. Il n’abandonna jamais le saint ministère et, dans la cendre et le cilice, il s’en alla vers le Seigneur, à Rome, le 9 octobre 1609, à l’Hôpital de Santa Maria in Porticu, victime de son dévouement pour les malades et les pestiférés. Il a été canonisé le 17 avril 1938 par le Pape Pie XI.

Saint Denis, Évêque, Saint Rustique et Eleuthère, Martyrs

D’après une très respectable tradition, saint Denis, évêque de Paris, au 1er siècle, est bien cet illustre Athénien converti par l’Apôtre des nations. Il sacrifia la gloire, la fortune, l’amitié, tout dans ce monde, pour prêcher l’Évangile. Formé à l’école du grand Apôtre, doué d’une rare intelligence, il devait par sa science, ses écrits, ses vertus, qui lui ont fait donner le nom d’homme céleste et divin, devenir l’une des premières gloires du christianisme naissant. Après avoir gouverné quelques temps l’Église d’Athènes en qualité d’évêque, il prit avec lui le prêtre Rustique et le diacre Éleuthère, traversa la mer et vint à Rome, où il se présenta au Pape saint Clément pour évangéliser les peuples qu’il lui assignerait. Le saint Pape l’envoya, avec un groupe de prédicateurs apostoliques, à la conquête spirituelle des Gaules. Confiant à quelques-uns de ses disciples plusieurs parties de cette vaste contrée, il s’avança jusqu’à Paris, qui alors s’appelait encore Lutèce. Il y entra du côté de la porte Saint-Jacques, avec ses deux premiers compagnons, et parla si éloquemment des mystères du christianisme, qu’il convertit dès l’abord une foule de païens; plusieurs chapelles furent construites, l’Évangile faisait des progrès rapides, quand le démon suscita une terrible persécution contre ce nouveau culte, qui menaçait de tout envahir. Denis, âgé de plus de cent ans, donna l’exemple de la fermeté dans les supplices, et son courage fortifia celui de sa chrétienté au berceau; ni la prison, ni les fouets, ni le feu, n’ébranlèrent sa constance. Attaché à une Croix il y prêcha le grand mystère de la Rédemption du monde; enfin, après avoir eu le bonheur de célébrer le Saint Sacrifice de la Messe dans sa prison, devant ses compagnons de supplice, consolé par l’apparition du Sauveur, il eut la tête tranchée, avec une foule de chrétiens, au lieu qui porte le nom de Montmartre, ou Mont-des-Martyrs. Dieu permit qu’après l’exécution son corps se leva de lui-même, pour porter sa tête entre ses mains, à deux lieues de là, au lieu appelé Saint-Denis, en souvenir de ce fait mémorable.

Saint Louis Bertrand, Missionnaire dominicain

Né en Espagne, à Valence, où son père professait le notariat, saint Louis Bertrand reçut le baptême sur les mêmes fonts baptismaux que saint Vincent Ferrier. Ce Saint ne reçut que des exemples de charité et de foi de toute sa famille. A l’âge de sept ans, il organisait de petites retraites dans quelque coin où rien ne pouvait le divertir de la pensée du bon Dieu. Son enfance toute pieuse fit présager de sa sainteté future. Adolescent, plutôt que de se joindre aux amusements des jeunes gens de son âge, Louis Bertrand préférait visiter les malades et s’appliquait à les secourir. Le jeune Louis ne tarda pas à revêtir l’habit clérical. Entré dans l’Ordre de St-Dominique, il fut un exemple de toutes les vertus religieuses dès le noviciat, et malgré sa complexion délicate, il ne cessa jamais d’être le plus ardent à toutes les observances régulières. Ses parents alléguèrent le prétexte de sa santé fragile pour l’inciter à abandonner la vie religieuse, mais Louis leur répondit qu’il aimait mieux mourir que de quitter son monastère. Bien qu’il se jugea profondément indigne de la grâce du sacerdoce, Louis Bertrand fut ordonné prêtre à l’âge de vingt-trois ans. Lorsqu’il reçut la charge de maître des novices, il prit comme résolution et devise cette courte sentence d’un grand équilibre spirituel: “Douceur de mère, autorité de père.” En 1576, après avoir merveilleusement transformé son couvent et la ville de Valence par ses vertus et ses prédications, Louis Bertrand s’embarqua à Séville avec d’autres religieux qui partageaient son idéal d’évangéliser les Indiens d’Amérique. Après avoir surmonté les périls d’une effroyable tempête, le navire aborda en Nouvelle-Grenade, appelée aujourd’hui Colombie. Il y opéra un bien immense ainsi que chez les indigènes du Pérou. Les missionnaires ignoraient tout de la langue indigène, mais saint Louis Bertrand se fit comprendre d’eux par miracle, sans aucune difficulté, en parlant uniquement espagnol. Comme le nombre des convertis augmentait chaque jour, les ennemis de la foi tentèrent de se débarrasser de l’ardent apôtre en l’empoisonnant. Les assassins se réjouissaient déjà de sa mort, lorsqu’ils virent le Saint venir à leur rencontre en souriant. Un revirement complet se produisit alors subitement en eux. Regrettant sincèrement leur infâmie, ils implorèrent leur pardon et réclamèrent le baptême. Louis Bertrand dut retourner en Espagne sur l’ordre de ses supérieurs. Durant douze ans, il prêcha dans son pays natal, luttant contre le mal, propageant avec zèle la dévotion au rosaire et s’appliquant à former des religieux à l’esprit de prière et à l’humilité, vertus qu’il leur recommandait avant toutes autres. Accablé par les infirmités, saint Louis Bertrand s’en réjouissait et répétait comme saint Augustin : “Brûlez, déchirez Seigneur, mais pardonnez-moi !” Dans sa dernière maladie, il ne perdit jamais patience ni courage. Dieu le réconforta par des visions et la révélation des douleurs de la Passion de Son divin Fils. C’est dans des transports et des effusions d’amour qu’il rendit son âme à son Seigneur, le 9 octobre 1580.

Martyrologe

A Rome, saint Jean Léonardi, confesseur, fondateur de la Congrégation des Clercs Réguliers de la Mère de Dieu, célèbre par ses travaux et ses miracles. Par ses soins furent établies les missions pour la propagation de la foi.

A Lutèce (auj. Paris), l’anniversaire des saints martyre Denis l’Aréopagite évêque, Rustique prêtre et Éleuthère diacre. Denis, baptisé par l’Apôtre Paul, fut ordonné premier évêque d’Athènes; il vint ensuite à Rome et, de là, fut envoyé par le bienheureux Clément, pontife romain, pour prêcher dans les Gaules. Arrivé à Lutèce, il y travailla avec succès pendant quelques années à l’œuvre dont il était chargé. Enfin, après d’horribles tourments, il fut décapité avec ses deux compagnons par ordre du préfet Fesceninus, et consomma ainsi son martyre.

Le même jour, mémoire de saint Abraham, patriarche et père de tous les croyants.

Au Mont Cassin, saint Deusdedit abbé, que le tyran Sicard tint enfermé dans un cachot, où, consumé de faim et de misère, il rendit l’esprit.

A Julia (auj. San-Domnino), sur le territoire de Parme, sur la voie Claudienne, saint Domnin martyr. Sous l’empereur Maximien, voulant par la fuite éviter la rigueur de la persécution, il fut arrêté, percé d’un coup d’épée par ceux qui le poursuivaient, et mourut glorieusement.

En Hainaut, saint Ghislain, évêque et confesseur. Il renonça à l’épiscopat pour mener la vie solitaire dans le monastère construit par ses soins et devint célèbre par ses vertus.

A Valence, dans l’Espagne Tarragonaise, saint Louis Bertrand, de l’Ordre des Frères Prêcheurs, confesseur. Rempli de l’esprit apostolique, il confirma par l’innocence de sa vie et ses nombreux miracles l’évangile qu’il avait prêché aux peuples d’Amérique.

A Jérusalem, les saints Andronic et Athanasie son épouse.

A Antioche, sainte Publie abbesse. Sur le passage de Julien l’Apostat, elle se mit à chanter avec ses religieuses ces versets de David: « Les idoles des nations ne sont que de l’argent et de l’or. » « Que ceux qui les font leur deviennent semblables, » et fut, par ordre de ce prince, souffletée et durement gourmandée.

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Le mariage chrétien. Allocutions du pape Pie XII

Au cours de ses audiences, le pape Pie XII avait l’habitude de s’adresser aux nouveaux mariés, venus à Rome pour leur voyage de noces.

Le Saint-Père leur parlait du rôle respectif de l’homme et de la femme, de leur harmonieuse collaboration, de l’amour qui les lie, des grâces sacramentelles auxquelles ils ont droit, des épreuves qu’ils pourront rencontrer, mais surtout des joies qui leur seront données, de la bénédiction des enfants et de l’éducation qui en est le corollaire.

Le Pasteur angélique possédait, à un degré étonnant, le don de renouveler un sujet, de varier son discours ou d’aborder un même thème sous des aspects différents. Chacune de ses allocutions est ainsi profondément originale et ouvre au lecteur des perspectives inédites.

De ces textes riches de doctrine, de fine psychologie, de conseils avertis, Pie XII n’a pas voulu faire un exposé technique. C’est une âme vivante et sensible qui s’exprime, celle d’un père qui communique à ses enfants son espérance surnaturelle en la valeur inestimable du mariage chrétien.

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