La proposition n’aura échappé à personne. Des personnalités russes, dont le député et star de la chanson Iossif Kobzon, ont annoncé mardi avoir proposé Vladimir Poutine pour le prix Nobel de la paix pour son rôle dans la crise syrienne. Cela fera sûrement grincer des dents certains et pourtant ce serait mérité.  Ces deux dernières années, la Russie a freiné les ardeurs occidentales qui vont mener leur croisade pour la démocratie ici et là. Elle s’était fait piéger en Lybie et elle était décidée à ne pas revivre la même expérience en Syrie.  Depuis le début du conflit, Poutine s’est montré un soutien indéfectible du président syrien Assad, rééquilibrant les forces en présence. Il a de nombreuses fois clarifié sa position appelant à la prudence face à la pression djihadiste croissante. Il a été l’instigateur de la Conférence de Genève que l’opposition n’a cessé de refuser. Seulement l’attaque à l’arme chimique a renversé tous les plans. En l’espace de quelques heures, la tension est tellement montée à son comble qu’on s’est cru au bord d’une troisième guerre mondiale. Pendant que les Occidentaux fourbissaient leurs armes, les Russes cherchaient une solution acceptable qui empêcherait la Syrie de tomber un peu plus dans le chaos. Hollande, tout impatient, avait déjà son plan en marche et n’attendait plus que le feu vert d’Obama pour lancer ses frappes. Il n’était obnubilé que par une chose : punir et renverser Assad. Mais voilà Obama  recule, il veut l’assentiment du Congrès, histoire de se donner bonne conscience. Tout un monde s’écroule autour de Hollande, qui se retrouve isolé. C’est alors que la Russie a l’idée de génie pour désamorcer la bombe à retardement et sortir les Occidentaux de l’impasse : demander à Assad de démanteler son arsenal chimique. Les deux parties ne pouvaient que s’accorder de peur de perdre le soutien populaire. Il n’était plus besoin d’aller frapper la Syrie et Assad pouvait montrer sa bonne foi.  Poutine a par là-même montrer qu’en soutenant Assad, il recherchait la paix mais aussi une solution acceptable. Il agit comme un soutien mais aussi un modérateur du président syrien. De plus il n’a livré aucune arme puissante au régime syrien, retardant la livraison de missiles tandis que les Occidentaux n’ont cessé d’armer la rébellion. On peut dire que sur ce coup-là, la diplomatie russe a pleinement marché.

L’année dernière, c’est l’UE qui avait eû ce prix et on avait largement des raisons d’en douter. C’est vrai que son action en Lybie, dans un premier temps couronné de succès, s’est vite retourné contre elle. Hollande a été obligé d’intervenir au Mali et quatre soldats français l’ont payé de leur vie. Obama, ex Prix Nobel aussi, n’est pas vraiment un modèle de paix même si ses ardeurs belliqueuses sont réfrénées, c’est surtout parce qu’il n’a pas les moyens et le contexte pour mener ses guerres. De même que l’UE et les USA n’ont cherché qu’à favoriser la guerre en Syrie. L’homme de la situation à la diplomatie claire et efficace, œuvrant pour la paix, a été Poutine. Si les frappes avaient été effectuées, qui sait où nous en serions aujourd’hui ? En pleine troisième guerre mondiale ? Peut-être…

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