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Image : Mgr Athanasius Schneider, évêque d’Astana – Capture d’écran du site fsspx.news.

Dans un long entretien au journaliste Andreas Wailzer sur la chaîne YouTube Kontrapunkt, [Voir la vidéo ci-dessous (1)] Mgr Athanasius Schneider, évêque auxiliaire d’Astana au Kazakhstan, déclare que les consécrations épiscopales de la FSSPX ne seront en aucun cas schismatiques.

Il avait déjà exhorté le pape Léon XIV à établir un pont entre Rome et la FSSPX (2) en affirmant que « Ce serait une tragédie si la FSSPX était complètement exclue, et la responsabilité d’une telle division incomberait avant tout au Saint-Siège. »

MPI vous propose aujourd’hui quelques extraits de l’entretien donné à Kontrapunkt repris du site fsspx.news de la FSSPX :

[…] Aux yeux de Mgr Schneider, la FSSPX pourrait apporter, par son expertise sur ces sujets, un grand secours à l’Église. Mais encore faudrait-il, d’après lui, que le dialogue repose sur une base honnête : « Pour cela, il faut du temps, peut-être des années ; pourquoi pas ? Mais maintenant, le Vatican a, pour ainsi dire, mis le pistolet sur la tempe de la Fraternité Saint-Pie X : il lui a dit qu’il fallait d’abord mener ce dialogue doctrinal, précisément sur les thèmes que je viens de mentionner et sur les problèmes de la nouvelle messe ; tout en disant immédiatement à l’abbé Pagliarani, lors de la rencontre de février, que les textes du Concile n’étaient pas corrigibles, point final. Et dans ce cadre, seulement si ce dialogue devenait d’une manière ou d’une autre positif — mais qu’est-ce que positif ? Du point de vue du Vatican, cela signifie autre chose : ils attendent que la Fraternité fasse elle aussi cette quadrature du cercle, cette acrobatie, et dise : “Bon, on peut tout interpréter correctement d’une certaine manière”, et qu’elle accepte de fait la nouvelle messe, en disant : “Oui, elle n’est pas seulement valide, elle est aussi légitime”, etc. Voilà ce que serait le réalisme selon eux. »

Ce dialogue, Mgr Schneider le connaît bien en tant qu’ancien visiteur du Saint-Siège auprès de la FSSPX : « Or, pendant toutes ces années, un dialogue a déjà eu lieu, et j’en ai eu un aperçu ; j’ai eu accès à certains dossiers dès 2009, et cela tournait toujours autour des mêmes choses, encore et encore. Et cela continuerait ainsi. Et alors, seulement si ce dialogue était considéré, du point de vue du Vatican, comme vraiment positif, on donnerait peut-être ensuite à la Fraternité une structure canonique, puis peut-être des évêques. Mais cela n’est pas réaliste. C’est une communauté, une réalité ecclésiale, qui existe déjà depuis deux générations, avec plusieurs centaines de milliers de fidèles dans le monde entier, une communauté de presque 800 prêtres et plus de 200 religieuses. On ne peut quand même pas la bouleverser en quelques mois. C’est totalement irréaliste et non pastoral ; je dirais même non synodal. Pendant ce temps, les processus dits synodaux avancent avec le maximum de largeur et d’inclusivité, avec des opinions diverses, alors qu’à cette communauté-là on dit : “Non, vous devez vous plier, vous devez accepter le Concile, vous devez changer d’avis.” Mais ce n’est pas l’opinion de la Fraternité Saint-Pie X ; elle s’appuie réellement uniquement sur les documents des papes, non sur ses vues propres. Ce n’est donc pas un jugement privé sur le Magistère ; elle s’appuie sur le Magistère ininterrompu, continu, durant des siècles, et même depuis les Pères de l’Église. Tous ces trois thèmes ont été enseignés clairement, et surtout par les papes des trois derniers siècles, de manière très concrète. Et si la Fraternité dit : “Nous prenons cet enseignement et nous annonçons ce que l’Église a annoncé pendant des siècles”, cela ne peut pas être faux. Ce n’est donc pas l’opinion privée de la Fraternité, mais l’opinion du Magistère répété durant un si long temps. »

[…] Faire preuve de réalisme

Mgr Schneider appelle ainsi le Saint-Siège à faire un premier pas généreux et pragmatique vers la FSSPX, non pas nécessairement par un accord canonique immédiat, mais au moins par une permission d’agir : « On ne peut de toute façon pas résoudre immédiatement toute la question ecclésiale ; cela demande du temps. Et comme premier pas — voilà pourquoi j’en appelle au Saint-Père — autorisez les consécrations épiscopales, donnez le mandatum apostolicum. Ce serait le premier petit pas vers une certaine intégration de la Fraternité, sans résoudre immédiatement toute la structure canonique. Le droit canonique n’est pas la loi divine ; il peut admettre des exceptions, des solutions intermédiaires, des solutions encore incomplètes. C’est précisément à cela qu’il sert. Voilà, en réalité, la motivation de mon appel. Et il faudrait l’envisager dans un cadre encore plus large : je pense que ce serait un gain pour toute l’Église. Et aussi, que les évêques, la Fraternité Saint-Pierre et les autres, après ces consécrations épiscopales — si le pape les autorisait — puissent ensuite traiter un peu plus normalement avec la Fraternité Saint-Pie X, et non plus comme avec des exclus, ou comme avec des lépreux, ou comme avec des schismatiques. »

Il avance que le pape a les clés en main pour éviter une exclusion de fait qui priverait le corps ecclésial de l’influence de la FSSPX : « Si le pape autorise les évêques, on ne pourra plus jamais parler de schisme : ce seront des évêques approuvés, reconnus par le pape. Et ce serait, me semble-t-il, une solution pastorale, même géniale, y compris du point de vue de l’histoire de l’Église. Le pape entrerait alors véritablement dans l’histoire comme un vrai bâtisseur de ponts. Mais il est clair qu’il faut voir aussi une autre face de la réalité : il existe naturellement des dignitaires ecclésiastiques influents, de haut rang, y compris peut-être au Vatican, peut-être même dans l’entourage du pape, qui ne veulent tout simplement pas de la Fraternité Saint-Pie X. Ils veulent qu’elle reste dehors. Et ils se réjouiraient même si elle était excommuniée. C’est pourquoi ils pousseraient maintenant le pape à ne surtout pas donner le mandatum, à tout résoudre d’abord sur le plan doctrinal. Mais on voit bien que c’est une impasse, que ce n’est ni pratique ni réalisable. Peut-être même que ces hauts prélats mettent en place ces conditions en toute connaissance de cause, afin que la Fraternité reste à l’extérieur et ne soit pas intégrée. Car si elle était intégrée, elle aurait alors aussi, d’une certaine manière, plus d’influence au service de la tradition, au-delà de ses propres structures. Aujourd’hui, elle n’agit que dans ses propres structures ; mais si elle était un peu intégrée, alors un évêque pourrait dire, par exemple : “Invitez donc un prêtre de la Fraternité à venir donner une conférence à mes séminaristes dans le séminaire diocésain ; pourquoi pas ?” Ou : “Donnez une retraite.” Ou encore : “Nous organisons un colloque et nous invitons un représentant de la Fraternité Saint-Pie X, ou d’autres théologiens.” Ce serait beau. Nous sommes une famille. Et cela irait, je pense, même dans le sens de cette fameuse méthode synodale — indépendamment du fait qu’elle soit très suspecte, mais je le dis seulement ici comme argumentum ad hominem. »

[…] Des sacres qui ne seront pas schismatiques

Face aux accusations souvent réitérées, Mgr Schneider tient à mettre en lumière la situation particulière des sacres de la FSSPX : « Je pense que, dans ce cas, des consécrations épiscopales sans la permission du pape ne seraient pas schismatiques. En aucun cas. Car même dans le nouveau Code de droit canonique, les consécrations épiscopales sans permission du pape ne figurent pas sous la catégorie d’atteinte à l’unité de l’Église, mais sous la rubrique de l’usurpation de fonction. Et le pape François a encore modifié cela pour les placer sous la rubrique de la célébration des sacrements. Rien que cela montre déjà quelque chose. Et tout le droit canonique traditionnel, jusqu’au Code de 1983, ne punissait pas les consécrations épiscopales illicites d’excommunication, mais de suspension. Or une suspension n’est pas l’expression du schisme. On voit donc que l’Église ne l’a pas comprise, en soi, comme telle. Bien sûr, tout dépend aussi de l’intention. Et la Fraternité l’a maintenant dit très clairement : elle ne veut absolument pas d’une Église parallèle. Or, lorsque des consécrations véritablement schismatiques ont eu lieu dans l’histoire, soit on se construisait une Église parallèle, en prenant des titres comme “évêque de Munich” ou autre, soit on ne se souciait absolument pas de Rome et on consacrait sans même demander ce que Rome en pensait. C’est l’attitude des sédévacantistes ; et même Mgr Williamson a procédé à des consécrations sans du tout demander l’avis de Rome. C’est là une différence essentielle avec l’attitude de Mgr Lefebvre qui, jusqu’au dernier jour — j’ai lu tous les documents — a supplié filialement Jean-Paul II de donner la permission pour les consécrations. Et la direction actuelle aussi a déjà demandé au pape, dès sa lettre de novembre, sa permission en vue des consécrations. »

[…] Appel à l’union et à la prière

Dans sa conclusion, Mgr Schneider a appelé de ses vœux une union des courants catholiques traditionnels dans le combat pour la Tradition de l’Église. Il se dit persuadé que Dieu ne pourra qu’exaucer tant de catholiques unis dans la paix et la prière pour obtenir un pape fort : « S’il vous plaît, ne faisons pas cela, ne continuons pas à nous tirer les uns sur les autres ; devenons humbles, regardons les choses surnaturellement, prions ensemble, supplions le Ciel afin qu’il donne finalement à notre Général dans cette bataille navale — au pape — la lumière et le courage de fortifier de nouveau la foi avec une totale clarté et de restaurer la Tradition. »

Christian LASSALE

Source : intégralité de l’entretien sur fsspx.news

(1) Vidéo de l’entretien en allemand  [Bischof Schneider fordert : Pius-Bischofsweihen erlauben – Konzilstexte überarbeiten?]

(2) Lire aussi sur les diverses prises de position à propos des futurs sacres ans la FSSPX :

– Réponse de la Fraternité à Rome : impossible de se mettre d’accord doctrinalement et maintien de la date du 1er juillet pour sacrer des évêques.
– Communiqué des instituts Ecclesia Dei ou la tentation sado-masochiste !
– Sacres de la FSSPX : le Père Louis-Marie de Blignières et l’usurpation intellectuelle
– Le cardinal Sarah appelle à l’unité suite à l’annonce par la Fraternité sacerdotale Saint-Pie X de procéder à des ordinations épiscopales sans mandat pontifical.
– Sacres de la FSSPX : le Père Louis-Marie de Blignières et l’usurpation intellectuelle.
Mgr Athanasius Schneider exhorte le pape Léon XIV à établir un pont entre Rome et la FSSPX
L’abbé Jaime Mercant Simó, prêtre diocésain de Majorque, déclare à propos des futurs sacres de la FSSPX : « ni schisme ni péché ».

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