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L’abbé Schnabel s'inquiète de la disparition des chrétiens de souche à Jérusalem

Le père Nikodemus Schnabel O.S.B., est un prêtre bénédictin allemand, expert de l’Église orientale, abbé de l’abbaye de la Dormition de Jérusalem. Il a reçu la bénédiction abbatiale du patriarche latin de Jérusalem, Mgr Pierbattista Pizzaballa, en 2023. Dans une allocution adressée aux directeurs nationaux et aux représentants de la fondation pontificale Aide à l’Église en Détresse (AED), l’abbé Nikodemus Schnabel vient de mettre en garde contre le risque de voir la Terre sainte devenir un « Disneyland chrétien ».

Disparition des chrétiens de souche

L’antichristianisme israélien est de plus en plus palpable. Actes de vandalisme, profanations et incendies criminels antichrétiens perpétrés par des groupes extrémistes juifs se multiplient. L’abbé Schnabel dénonce l’hostilité croissante envers les chrétiens en Terre sainte.

Les chrétiens représentent moins de 2 % de la population de Terre sainte et leur présence ne cesse de diminuer en raison de la guerre, de la crise économique et d’un exode constant.

« Si vous pensez que c’est l’Eldorado du christianisme, la réalité est tout autre », a déclaré l’abbé Nikodemus Schnabel. « L’ensemble des chrétiens représente moins de 2 % de la population. Pour nous, atteindre 5 % ou 6 % serait déjà un immense succès. » L’abbé Schnabel précise : « Pensez aux régions les plus sécularisées d’Europe, comme la République tchèque ou l’Allemagne de l’Est ; même là-bas, les chrétiens sont bien plus nombreux qu’ici. »

L’abbé Nikodemus Schnabel est responsable des monastères liés aux moments clés de Pâques (le Cénacle, lieu de la Cène et de la Pentecôte, et Tabgha, au bord de la mer de Galilée, où le Christ est apparu après la Résurrection). Il explique : « Il y a 13 églises à Jérusalem : six catholiques et sept églises historiques non catholiques. C’est une ville très diverse, avec de nombreuses églises et traditions différentes ». La conférence épiscopale locale, qui couvre Chypre, Israël, la Palestine et la Jordanie, compte 24 membres, un nombre qui témoigne d’une complexité ecclésiale unique. Cependant, cette richesse institutionnelle ne se traduit pas par une présence significative au sein de la population.

« Le paradoxe est clair », résume l’abbé Schnabel. « Le lieu où se sont déroulés les événements les plus importants de notre foi risque de perdre ses chrétiens de souche. » Et il a averti : « Je crains que la Terre sainte ne devienne une sorte de “Disneyland chrétien”. Les lieux saints demeureront, avec leurs moines et leurs prêtres. Mais il n’y aura peut-être plus de familles chrétiennes, plus de jeunes chrétiens, plus de vie chrétienne ordinaire. »

La survie économique est la principale préoccupation des chrétiens locaux. Environ 60 % des chrétiens arabophones dépendent du tourisme, et la dernière bonne année, selon l’abbé, remonte à 2019. Depuis, le Covid, les conflits et l’instabilité qui ont suivi ont considérablement réduit le nombre de pèlerinages, laissant de nombreuses familles sans ressources.

L’antichristianisme israélien

Dans un passage particulièrement percutant de son discours, l’abbé Nikodemus Schnabel a dénoncé l’hostilité des groupes juifs extrémistes envers les chrétiens. Il a décrit des actes de harcèlement en public, de vandalisme, d’incendies criminels, de profanations et de graffitis haineux. Ce phénomène ne peut plus être considéré comme marginal, souligne-t-il.

L’abbé Schnabel s’est également prononcé contre le « sionisme chrétien », qu’il considère incompatible avec l’Évangile dans la mesure où, selon lui, il sert à justifier la violence, à ignorer les Palestiniens ou à garder le silence sur les attaques contre les communautés chrétiennes.

Dans un contexte de polarisation croissante, l’abbé Nikodemus Schnabel  a souligné la position de l’Église locale : « Nous ne sommes ni pro-Israël ni pro-Palestine, mais pro-humanité. » Cette position, a-t-il expliqué, reflète la réalité concrète d’une Église présente « de tous côtés », avec des fidèles en Israël, en Cisjordanie et à Gaza.

Son intervention est un appel à ne pas nous résigner à la disparition silencieuse des chrétiens de Terre sainte, car sans communautés vivantes à Jérusalem, Bethléem ou Nazareth, les lieux saints risquent de devenir de simples symboles vides. Comme l’abbé Schnabel le rappelait lui-même : « Il n’y a pas d’Annonciation sans Nazareth, pas de Noël sans Bethléem, pas de Pâques sans Jérusalem. »

Lui-même agressé par de jeunes Israéliens

En 2024, des images de l’agression verbale puis physique de l’abbé Nikodemus Schnabel par deux jeunes Israéliens dans la vieille ville de Jérusalem avaient fait le tour de la planète. L’ambassadeur d’Allemagne en Israël, Steffen Seibert, avait dénoncé le comportement des deux Israéliens comme étant « épouvantable ». « Ils montrent une facette de ma vie rarement filmée… les gens endurent des choses bien plus terribles ici », avait ajouté l’abbé Schnabel.

La vidéo qui a circulé sur les réseaux sociaux, montrait l’abbé Nikodemus Schnabel être insulté, menacé, se faire cracher dessus puis être frappé par deux extrémistes israéliens qui avaient également proféré des injures contre Jésus-Christ.

Léo Kersauzie

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