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Les Mexicains se souviennent des Irlandais du Bataillon Saint Patrick

Ce 17 mars, c’est la fête de Saint-Patrick. Si vous avez des amis irlandais, vous ne pourrez pas ignorer longtemps l’importance de cette journée qui se terminera inévitablement autour d’une pinte de bière dans une ambiance musicale typique. On sait moins l’importance particulière de la Saint Patrick au Mexique. Cette journée est l’occasion pour les Mexicains de commémorer le Bataillon des San Patricios. C’est l’une des histoires les moins connues des Irlandais arrivés en Amérique dans les années 1840.  Ce bataillon composé d’Irlandais catholiques combattit aux côtés des Mexicains durant la guerre américano-mexicaine de 1846-1848. Ils vinrent au Mexique et y trouvèrent la mort, certains glorieusement au combat, d’autres ignominieusement sur l’échafaud. Unis sous une bannière verte, ils participèrent à toutes les grandes batailles du conflit et furent cités pour leur bravoure par le général López de Santa Anna, commandant en chef et président du Mexique.

Souvenir des héros irlandais

Lors de l’avant-dernière bataille de cette guerre entre les Etats-Unis et le Mexique, ces Irlandais se battirent jusqu’à épuisement de leurs munitions et, même alors, arrachèrent le drapeau blanc hissé par leurs camarades mexicains, préférant poursuivre le combat à la baïonnette jusqu’à leur défaite. Malgré leur courageuse résistance, 85 membres du bataillon irlandais furent capturés et condamnés à d’horribles tortures et à une mort certaine aux mains des Américains, ce qui constitue encore aujourd’hui le plus grand massacre par pendaison de l’histoire de l’Amérique du Nord.

Les Mexicains se souviennent des Irlandais du Bataillon Saint Patrick
Plaque commémorative à la mémoire des soldats catholiques irlandais morts pour le Mexique

Au printemps 1846, les États-Unis étaient sur le point d’envahir le Mexique, leur voisin du sud. Officiellement, il s’agissait de recouvrer des prêts et des indemnités impayés. En réalité, l’objectif était de s’assurer le contrôle des ports de San Francisco et de San Diego, de la route commerciale traversant le territoire du Nouveau-Mexique et des riches ressources minières du territoire du Nevada – autant de territoires appartenant alors à la République du Mexique. Les États-Unis avaient auparavant proposé 5 millions de dollars pour l’achat du Nouveau-Mexique et 25 millions pour la Californie, mais le Mexique avait refusé.

Avant la déclaration de guerre des États-Unis, un groupe de catholiques irlandais humilié pour leurs convictions religieuses, mené par un artilleur d’élite nommé John Riley, déserta les forces américaines pour rejoindre les Mexicains. Né à Clifden, dans le comté de Galway, Riley était un expert en artillerie, et l’on pense qu’il a initialement servi dans l’armée britannique, comme officier ou sous-officier, avant de s’enrôler dans l’armée américaine. Riley forma un bataillon d’Irlandais qui devint une unité d’artillerie redoutable au service de la défense mexicaine. On lui attribue le changement de nom du bataillon, qui s’appela d’abord la Légion des Étrangers, et la conception de son drapeau distinctif. En moins d’un an, les rangs des hommes de Riley furent renforcés par des résidents catholiques étrangers de Mexico, ainsi que par des catholiques irlandais et allemands qui désertèrent au début de la guerre, pour former un bataillon connu sous le nom de Los San Patricios, ou « Ceux de Saint Patrick ».

Les Mexicains se souviennent des Irlandais du Bataillon Saint Patrick
L’un des drapeaux du Bataillon Saint Patrick

Le bataillon San Patricios combattait sous un drapeau de soie verte orné des armoiries mexicaines, d’une image de saint Patrick et de la devise « Erin Go Bragh ». Ce bataillon d’artillerie était déployé en position stratégique lors de chaque bataille majeure. Son aide était cruciale car les Mexicains disposaient de canons de piètre qualité, d’une portée inférieure de 400 mètres à celle des Américains. De plus, les canonniers mexicains étaient inexpérimentés et mal entraînés. L’arrivée de canonniers chevronnés dans les rangs mexicains fit la différence lors de batailles importantes. Plusieurs Irlandais furent décorés de la Croix d’honneur par le gouvernement mexicain pour leur bravoure, et nombre d’entre eux furent promus sur le terrain.

Lors de la bataille de Churubusco, retranchés dans un monastère catholique et encerclés par une force américaine supérieure en cavalerie, artillerie et infanterie, les Irlandais surnommés les San Patricios résistèrent à trois assauts majeurs et infligèrent de lourdes pertes aux Américains. Finalement, un obus frappa leur dépôt de poudre, celui-ci explosa et les Irlandais, après une courageuse contre-offensive à la baïonnette, furent submergés par le nombre. Ils furent jugés par une cour martiale, puis flagellés, marqués au fer rouge et pendus de manière si brutale que le souvenir en est encore vivace au Mexique.

Expansionnisme des Etats-Unis

Animé par la doctrine de la Destinée manifeste, le gouvernement américain imposa ses conditions aux Mexicains lors du traité de Guadalupe Hidalgo en 1848. Plus des deux tiers du territoire mexicain furent annexés, et les États-Unis en tirèrent la Californie, le Nevada, le Nouveau-Mexique, l’Arizona, l’Utah, le Wyoming, ainsi que des portions du Kansas et du Colorado. De toutes les grandes guerres menées par les États-Unis, la guerre américano-mexicaine est la moins étudiée dans les écoles, la moins documentée et la moins connue du grand public. Pourtant, elle contribua davantage au trésor national et à l’expansion territoriale des États-Unis que toutes les autres guerres réunies.

Les Mexicains se souviennent des Irlandais du Bataillon Saint Patrick

Commémorations

Chaque année, des commémorations ont lieu à San Ángel, au Mexique, en hommage aux Irlandais morts pendant la guerre. Une plaque sur la place de la ville porte l’inscription : « À la mémoire des soldats irlandais du Bataillon héroïque de San Patrick, qui ont donné leur vie pour la cause mexicaine lors de l’injuste invasion nord-américaine de 1847 », suivie des noms de 71 d’entre eux. Une garde d’honneur composée de soldats mexicains d’élite défile avec les drapeaux mexicain et irlandais au son poignant des tambours et des clairons. L’« Himno Nacional » est ensuite joué, suivi du « Chant du soldat ». Étudiants et personnalités déposent des gerbes de fleurs sur les pavés, et la liste des noms des soldats irlandais tombés au combat est lue tandis que la foule scande à chaque nom : « Murió por la patria ! » (Il est mort pour la patrie !). Un buste de John Riley a été offert au peuple mexicain par l’ambassade d’Irlande.

À Clifden, dans le comté de Galway, ville natale de John Riley, une cérémonie similaire a lieu chaque année. Une inauguration spéciale d’un mémorial à la mémoire de John Riley a eu lieu en présence de l’ambassadeur du Mexique en Irlande.

Joaquim De Alburquerque

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