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Dom Geoffroy Kemlin, abbé de Solesmes, propose une paix liturgique
Dom Geoffroy Kemlin, abbé de Solesmes, propose une paix liturgique

Le projet d’une messe qui combinerait le Vetus Ordo et le Novus Ordo est dans le tiroir depuis longtemps. Dom Geoffroy Kemlin, abbé de Solesmes, a proposé au pape Léon XIV que la messe latine préconciliaire soit intégrée au Missel romain actuel, avec quelques mises aux normes conciliaires, afin que les deux formes coexistent dans un cadre autorisé unique. La messe PiePaul en marche.

Dom Geoffroy Kemlin, abbé de Solesmes, propose une paix liturgique

La proposition pour une « paix liturgique » de l’abbé de l’abbaye bénédictine de Solesmes, Dom Geoffroy Kemlin, adressée le 12 novembre dernier, au pape Léon XIV, a été dévoilée par l’initiateur au micro de RCF (Radio Chrétienne Francophone) lors d’un entretien le 16 mars 2026.

L’abbé bénédictin français, qui gouverne un monastère de 50 moines usant du latin pour célébrer la messe Novus Ordo, explique qu’il a proposé une paix liturgique au pontife par la voie d’« une reconfiguration de la liturgie romaine dans le but de résoudre les divisions au sein de l’Église », suggérant que la messe latine préconciliaire soit intégrée au Missel romain actuel afin que les deux formes coexistent dans un cadre autorisé unique.

Il présente son initiative comme une réponse aux tensions autour de la liturgie qui se poursuivent depuis les réformes suivant le Concile Vatican II. Dans sa lettre, Dom Kemlin mettait en garde contre toute tentative de révision du rite moderne lui-même, arguant qu’une telle approche risquerait d’approfondir la division plutôt que de la guérir. « Je ne pense pas que ce soit une bonne solution. Cela déplairait en fait à tout le monde et ne créerait que de nouvelles divisions, avec le risque de finir avec non pas deux mais trois missels », écrivit-il.

Une solution « plus inclusive » : insérer dans le Missale Romanum réformé l’ancien Ordo Missae, révisé a minima pour le conformer au Concile Vatican II

Au lieu de cela, il proposa à Léon XIV ce qu’il décrit comme une solution « plus inclusive » :

« Elle consisterait simplement à insérer dans le Missale Romanum l’ancien Ordo Missae, révisé a minima pour le conformer au Concile Vatican II, notamment en l’ouvrant, pour ceux qui le souhaitent, à l’usage du vernaculaire, de la concélébration et des quatre prières eucharistiques, tout en laissant le nouvel Ordo Missae inchangé. »

Il ajouta :

« Les deux Ordos Missae feraient ainsi partie du missel romain unique. »

L’abbé soutenait qu’un tel arrangement restaurerait une unité visible de culte à travers l’Église latine. « Cela restaurerait l’unité liturgique, puisque toute l’Église latine utiliserait le Missale Romanum unique, avec un seul calendrier », écrivit-il, suggérant que les fidèles attachés à l’ancienne forme auraient accès aux éléments introduits après le Concile, notamment « de nouvelles préfaces et prières eucharistiques, des oraisons révisées, le calendrier sanctuaire, le cycle des lectures ».

« Veuillez excuser l’audace de vous écrire ainsi pour vous proposer des suggestions », écrivit-il à Léon XIV. « L’abbaye de Solesmes a toujours été au service du Saint-Siège et du Pape. »

Il conclut en réaffirmant sa loyauté et celle de sa communauté :

« En vous confiant cette suggestion, je vous assure, Très Saint Père, ma dévotion complète et ma prière quotidienne, ainsi que celle de toute la Congrégation de Solesmes, pour votre ministère au service de l’Église universelle. »

Les changements du Vetus Ordo prévus par Dom Kemlin sont substantiels

Dans son entretien avec RCF, Dom Kemlin a expliqué sa motivation pour écrire au Pape : « La liturgie vise à favoriser l’unité dans l’Église, pas à nous diviser. » Il a également évoqué la « querelle liturgique » qui persiste depuis des décennies et a admis que les catholiques attachés à l’ancien rite étaient peu susceptibles d’adopter simplement le plus récent.

« Sa proposition, analyse le quotidien catholique Catholic Herald avec justesse, impliquerait plus qu’une simple juxtaposition de rites. Bien qu’il ait qualifié les révisions de l’ancienne liturgie de « minimales », les changements qu’il a décrits sont substantiels. Il envisageait la possibilité de célébrer la messe traditionnelle en langue vernaculaire, d’intégrer le lectionnaire élargi introduit après le Concile, et de permettre l’utilisation de prières eucharistiques supplémentaires. Il évoqua également la perspective de la concélébration et de l’intégration des deux formes dans un calendrier liturgique unifié. »

En même temps, au micro de RCF, Dom Kemlin a insisté sur le fait que le rite post-conciliaire resterait inchangé, les prêtres étant libres de célébrer selon celui-ci comme ils le font actuellement. « Cette solution permettrait d’inclure et d’accueillir les fidèles attachés à l’ancien Missel, sans en aucun cas offenser ou aliéner ceux qui sont attachés au nouvel Ordo », écrivit-il. »

L’objectif : une messe PiePaul pour l’unité que chacun désire, tout en embrassant la diversité de l’Église

Pour témoigner de son obéissance aux directives papales, sont-elles une restriction de la messe tridentine, Dom Kemlin a soutenu que sa proposition ne contredirait pas l’objectif du bergoglien Motu Proprio Traditionis Custodes : « L’objectif du pape François, à travers ce document, était précisément de mettre fin aux divisions », a-t-il déclaré, ajoutant que sa propre suggestion pourrait « nous permettre d’atteindre l’unité que chacun désire, tout en embrassant la diversité de l’Église ».

L’objectif de la proposition de l’abbé de Solesmes serait donc de restaurer une « unité visible du culte à travers l’Église », c’est-à-dire une paix liturgique en intégrant le Missel tridentin au missel romain réformé actuel, en somme en érigeant ce que nous avons déjà nommée à MPI une messe PiePaul : le 30 mars 2020, MPI publiait un article retraçant le contenu de deux décrets datés de 2020, élaborés par la Congrégation pour la Doctrine de la Foi mettant « en acte la messe « PiePaul » dans une « démarche » selon le Vatican lui-même qui s’inscrit « dans la continuité de Summorum Pontificum ». Les deux décrets, écrivions-nous sur MPI, « introduisent des innovations dans le missel de 1962 utilisé pour « la forme extraordinaire du rite romain », c’est-à-dire « des nouvelles préfaces » prises dans le Novus Ordo et la célébration liturgique en l’honneur des nouveaux « saints » conciliaires.

La proposition de Dom Kemlin ne fait que remettre sur le dessus de la pile une réforme déjà entamée sous François.

Mgr Lefebvre : « On ne peut modifier profondément la ‘lex orandi’ (la règle de la prière) sans modifier la ‘lex credendi’ (la règle de la foi) »

Malheureusement, et l’abbé de Solesmes en convient, c’est que ce n’est pas qu’une question d’esthétique qui opposent les deux messes mais des « anthropologies » et des approches différentes de la lex orandi. Or c’est encore plus que cela : c’est une doctrine qui les oppose car « On ne peut modifier profondément la ‘lex orandi’ (la règle de la prière) sans modifier la ‘lex credendi’ (la règle de la foi) » déclarait dans sa Déclaration du 21 novembre 1974, Mgr Lefebvre.

Mgr Marcel Lefebvre souligna également souvent « la diamétrale opposition entre la messe de toujours et la nouvelle messe qui ne peuvent donc constituer « un unique rite romain » » (in Communautés Ecclesia Dei : la messe « PiePaul » en acte), car la foi qui les porte n’a pas les mêmes fondements : la messe tridentine « exprime, signifie, actualise intégralement la Foi catholique », la Foi de toujours, (Caritas n°4, Vous avez dit Paix liturgique ?), la messe Paul VI exprime, signifie, actualise, la foi conciliaire qui « est une foi éminemment humaniste, personnaliste et subjectiviste », « La messe nouvelle par contre est bien le drapeau de ce faux œcuménisme, qui représente l’anéantissement de la religion catholique et du sacerdoce catholique » (Mgr Lefebvre in Lettre aux amis et bienfaiteurs, février 1982).

La messe PiePau vise au pluralisme religieux, doctrinal, œcuménique au sein de la mouvance à « sensibilité traditionnelle »

La conclusion de l’article du 30 mars 2020 est toujours d’actualité : cette proposition, dans la ligne des décrets bergogliens vise « au pluralisme religieux, doctrinal, œcuménique au sein de la mouvance à « sensibilité traditionnelle » (…) : mélanger l’Ancien et le Nouveau rite, relier Tradition et modernisme, supprimer les frontières entre la doctrine traditionnelle et l’enseignement libéral conciliaire, nier la rupture entre l’avant-Vatican II et l’après-Concile. La fameuse messe « PiePaul », à l’étude depuis longtemps dans les palais apostoliques, mélange de Tradition et de progressisme, fleuron de ce « syncrétisme tradi-conciliaire », voit ainsi tout doucement le jour, à petits pas, pas subtils et subversifs pour mieux faire avaler par les tenants du « rite extraordinaire » tout le Concile et ses réformes mortifères ».

L’initiative de Dom Kemlin, si elle est mise en marche par Léon XIV ne sera qu’un de ces petits pas subtils et subversifs qui permettent à la hiérarchie conciliaire, de « faire avaler par les tenants du « rite extraordinaire » tout le Concile et ses réformes mortifères ».

Ne voyons-nous pas d’ailleurs déjà ces influences conciliaires pénétrées subrepticement le monde de la Tradition dans son ensemble ? Don Kemlin n’a pas tort en effet lorsqu’il affirme que les « jeunes catholiques en particulier semblent moins marqués par les divisions des décennies précédentes et sont souvent à l’aise pour participer à différentes formes de la liturgie »…

Francesca de Villasmundo

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