Malgré des oppositions manifestes au sein de la Curie et dans le monde catholique, la révolutionnaire exhortation sur la famille Amoris Laetitia trace son chemin et s’impose toujours plus comme la nouvelle grille de lecture progressiste de l’Évangile et du sacrement de mariage : l’indissolubilité de l’union des époux est mise, de fait et dans les faits, au placard.

En janvier dernier, les évêques de Malte, Carlo Scicluna et Mario Grech, avaient publié leurs normes d’application du chapitre VIII d’Amoris Laetitia qui permettent, tout bonnement, aux divorcés vivant « une deuxième union » d’accéder aux sacrements si leur conscience personnelle leur dit qu’ils le peuvent !

Nous sommes là dans le plus pur subjectivisme, porte ouverte à toutes les dérives morales et déviances sexuelles : ce n’est plus la vérité morale objective enseignée par l’Église catholique qui sera la norme pour juger des actions des hommes et mettre un frein par la-même à leurs passions désordonnées mais la conscience subjective de tout un chacun qui devient le critère suprême de jugement des actes personnels. C’est le règne de l’anarchie et du Moi omnipotent !

En éditant leur guide les évêques maltais étaient bien dans la ligne novatrice non-conforme à la Tradition du fameux chapitre VIII. Et le cardinal Gerhard Ludwig Müller, préfet de la Congrégation pour la doctrine de la foi, avec quelques autres, aura beau s’échiner, pour maintenir un semblant d’unité dans un Vatican en ébullition, à essayer de démontrer, contre la réalité, qu’Amoris Laetitia n’ouvre pas la porte à la communion aux divorcés remariés civilement, qu’elle n’est donc pas personnaliste, confuse et innovante mais parfaitement orthodoxe, cela est vain ! D’ailleurs le pape dit le contraire.

En effet, au nom du pape François, le cardinal Lorenzo Baldisseri, secrétaire général du Synode des évêques consacré à la famille qui a accouché de cette exhortation apostate bergoglienne, a envoyé une lettre de remerciement et de gratitude à Mgrs Carlo Scicluna et Mario Grech pour la publication de leur guide d’application du chapitre VIII d’Amoris Laetitia ! Existe-t-il un meilleur vade-mecum pour continuer à promulguer ce progressisme moral et mondain inclus dans Amoris Laetitia et le guide maltais que ce blanc-seing pontifical ?

Les évêques maltais ont tapé dans le mille, ils ont bien compris l’exhortation bergoglienne et surtout la pensée personnelle de Jorge Maria Bergoglio. Pensée personnelle sur le mariage dont il veut faire la nouvelle norme de cette néo-église conciliaire toujours en évolution depuis 50 ans. On est dans une révolution doctrinale qui a sa logique évolutionniste et son point de départ, le modernisme et le progressisme qui dominent à Rome depuis 50 ans. Il serait faux de croire que François est un phénomène à part au sein de l’Église actuelle, il est un cas extrême au sein des papes conciliaires peut-être, certainement, mais il ne fait que poursuivre la révolution doctrinale, pratique, liturgique, morale, issue du concile Vatican II. En plus intensif, ce qui induit une réaction plus immédiate…

Il est vrai que son action pastorale très publique et médiatisée, manifestant des ouvertures ultra-progressistes et libertaires sur des questions morales et sociétales, affectant par là les fondements de la vie en société, provoque de nombreux troubles et des résistances à l’intérieur même du monde conciliaire. Certains trouvent que, quand même, François a un drôle de souci des âmes de son troupeau, il les exhorte à rester dans leur péché ! Il est bien malheureux que d’autres, plus inconséquents ou mondains, modernistes invétérés ou suiveurs patentés, trouvent que ce pape témoigne d’un vrai amour pour les périphéries…

Francesca de Villasmundo

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Ce numéro 80 de la revue Civitas est un numéro spécial de 100 pages.

On y trouvera d’une part un dossier consacré au Great Reset. Pour beaucoup cette expression (en français Grande Réinitialisation) demeure un peu mystérieuse. Pourtant, il ne s’agit pas d’une question anecdotique, bien au contraire.

On retrouve dans cette revue les interventions de Monseigneur Viganò, qui a exercé d’éminentes fonctions à la Curie et dans la diplomatie vaticane (Nonce aux États-Unis), Xavier Poussard directeur de la lettre confidentielle Faits et Documents, Lucien Cerise, Modeste Schwartz et Pierre Antoine Plaquevent spécialistes reconnus de cette question, Xavier Moreau, grand spécialiste de la Russie, Le général Delawarde ainsi que la courageuse Cassandre Fristot qui relate les persécutions et les condamnations dont elle a été victime pour avoir simplement porté, dans une manifestation, une pancarte avec la question QUI ?

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