Faisant suite à notre article intitulé « Le supérieur du district d’Afrique de la FSSPX revendique sa demande de faire appel à des prêtres conciliaires ou ecclésiadéistes pour desservir les fidèles de la FSSPX !!! », Fideliter numéro 250 de juillet-août 2019 prenait le contrepied de l’abbé Henry WUILLOUD (1) et affirmait qu’assister à une messe saint Pie V célébrée par un prêtre conciliaire ne peut être une bonne chose car la doctrine qu’il professe par ailleurs est mauvaise.

Au cas où « certains » membres et/ou fidèles de la FSSPX n’auraient pas bien saisi sa pensée – conforme, elle, à celle de Mgr Lefebvre sur le sujet (2) – le directeur de la rédaction (3) de Fideliter enfonce le clou dans le dernier numéro (252 de novembre-décembre 2019) sous le titre « Assistance à la messe ». Il conclue ce rappel salutaire en déclarant que « ces lignes ne doivent pas bouger ». Voilà une affirmation qui honore son auteur et que nous sommes heureux de vous proposer dans son intégralité.

Christian LASSALE

 

Article extrait du Fideliter n° 252 de novembre-décembre 2019, page 43

« Les numéros 237 et 251 de Fideliter sur la messe de Paul VI montrent qu’elle est incohérente avec : 1° le dogme de l’Église, surtout ce qui touche à la messe comme sacrifice expiatoire ; 2° la morale, spécialement avec la vertu de religion ; 3° les normes de la liturgie. C’est pourquoi la Fraternité Saint-Pie X détourne les fidèles de participer activement à cette messe.

En ce qui concerne cette fois la messe de saint Pie V, est-il licite d’y participer lorsqu’elle est célébrée par un prêtre dans un cadre moderne ou pas vraiment traditionnel ? Par exemple par un curé célébrant les deux rites ou ne voyant pas de problème de fond dans Vatican II ; ou par tel membre d’une communauté dite Ecclesia Dei, qui ne se prononce pas comme opposé au Concile – ce démolisseur de l’Ecclesia Dei ?

La messe n’est pas un produit de consommation, mais un acte cultuel dans un cadre déterminé. C’est particulièrement vrai de la messe dominicale, dans laquelle le fidèle s’intègre, ne serait-ce que le temps d’une matinée, à une communauté locale sous l’autorité d’un pasteur. Aller à la messe le dimanche, c’est aussi écouter une homélie, se faire proposer des dates de confession, des séances d’instruction, des associations de jeunesse… Tenons-nous en ici à la plus inévitable et significative de ces activités : la prédication. C’est presque toujours à tort que les fidèles se croient totalement aptes à juger de l’orthodoxie du sous-bassement doctrinal, moral et spirituel des prédications qu’ils vont alors entendre. Toutes ne contiendront pas quelque erreur (d’ailleurs aucun prêtre n’est à l’abri de cela !). Mais à un moment ou à un autre et plus ou moins fréquemment, le paysage théologique deviendra difforme, et ce ne sera pas nécessairement très sensible (référence à « saint » (4) Jean-Paul II, la confession devenant sacrement de réconciliation, etc.).

On ne peut pas confier son âme dans un tel cadre à des pasteurs, aussi pieux et charitables soient-ils. Nous n’écrivons pas cela par a priori idéologique : c’est l’expérience qui montre que le courant du fleuve fait dériver les âmes, même lorsqu’elles nous assurent trouver, dans telle paroisse ou telle chapelle de l’Institut du Christ-Roi, ce qu’elles trouvent à Saint-Nicolas ou à Mérigny. Elles peuvent, comme M. Jourdain, faire de la prose sans s’en rendre compte. La vie sacramentelle est d’un grand prix, mais l’est aussi l’esprit de foi ; il a coûté le sang du Christ.

À la question « y a-t-il des circonstances de temps ou de lieu où la participation à une messe de saint Pie V dans un tel cadre non traditionnel est permise ? », concédons que les principes moraux dits du « volontaire in causa » font répondre « oui » et qu’il sera permis de le faire exceptionnellement – donc pas régulièrement –, sans sauter de joie et avec précautions.

Mais à la question « entre deux dimanches où l’on se rend à la messe à la Fraternité, peut-on aller à la messe dans un autre cadre, non traditionnel, simplement afin de ne pas manquer au devoir dominical », la réponse est certainement « non ». Aujourd’hui hélas de plus en plus de catholiques répondent « oui », y vont sans difficulté et souvent.

Qu’on n’objecte pas que ces réponses viendraient de « querelles de chapelle ». Cette objection est hors de propos. Ce que eux font, ce n’est pas ce que nous faisons, même si nous ne leur souhaitons que du bien. Aux messes de la Tradition, on respire Jésus-Christ et le catholicisme intégral, qui est aussi antimoderne, antilibéral et contre-révolutionnaire. Ces lignes ne doivent pas bouger. »

(1) M. l’abbé Henry WUILLOUD est supérieur du District d’Afrique de la FSSPX.

(2) Mgr Lefebvre : « Oui, il y a la messe. Elle est bien, mais il y a aussi le sermon ; il y a l’ambiance, les conversations, les contacts avant et après, qui font que tout doucement on change d’idées. C’est donc un danger et c’est pourquoi d’une manière générale j’estime que cela fait un tout. On ne va pas seulement à la messe, on fréquente un milieu. »

(3) M. l’abbé Philippe TOULZA est Directeur de la rédaction, M. l’abbé Loïc DUVERGER en étant le Directeur de la publication.

(4) Les guillemets sont de la rédaction de MPI.

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15 commentaires

  1. Double langage de la FSSPX !!
    1 / N’allez pas chez les “ralliés”.
    2 / Mais nous soumettons vos mariages et confessions à l’évêque moderniste local,
    nous coopérons avec le clergé moderniste au Kenya,
    nous introduisons des évêques modernistes dans nos écoles (Suisse, anglaise),
    nous relançons les pourparlers avec Rome, par Mgr Fellay et ses deux anciens assistants,

    Hypocrites et traitres.

    • Bien vu en peu de mots. C’est une tactique pour tenir les troupes sous pression et éviter qu’elles n’aillent pas voir ailleurs si l’herbe est plus verte. Ma foi n’est pas soumise aux conversations de sortie d’Eglise. La FSSPX ferait mieux de s’occuper de ce qui se passe au Vatican. Depuis que j’ai vu de mes propres yeux les pires sédévacantistes et des prêtres de la FSSPX nous tenir de tels propos et ensuite passer avec armes et bagages chez les conciliaires, j’ai perdu toute illusion. Et je juge les prêtres pour ce qu’ils valent, pas pour leur appartenance à tel ou tel machin.

      • gousson says:

        @toto, Les arguments que vous avancez sont biaisés (et faciles d’ailleurs…) car ils ne prennent pas en considération le problème dans son objet : assister à une messe de Saint Pie V hors cadre FSSPX et communautés amies.
        Il ne s’agit pas d’une querelle de chapelles ou d’un combat d’idées mais d’une question de principe.
        Or, le 1er argument que vous avancez est un jugement d’intention (et un mensonge), le 2ème est un sophisme : ce n’est pas parce que quelqu’un dévie que ce qu’il disait avant est faux ou plus bon à croire.
        Enfin, la FSSPX ne fait que réaffirmer ce qu’a toujours tenu Mgr Lefebvre en la matière ni plus ni moins.
        Le culte rendu à Dieu exprime notre Foi en Dieu. C’est d’ailleurs ce que nous avons demandé à l’Eglise le jour de notre baptême. Par conséquent, je n’ai pas le droit d’assister à un culte qui n’est pas conforme à la foi en Dieu quand bien même ce culte est valide.
        Si je ne vais pas à la messe chez les orthodoxes, bien qu’elle soit valide, c’est parce qu’elle déplaît à Dieu du fait que les orthodoxes rejettent l’autorité du pape. C’est pour cela que l’Eglise catholique interdit formellement d’assister à une messe orthodoxe même si elle est valide. ( Diriez-vous que l’Eglise a agi ainsi pour tenir les troupes sous pression?)
        Si je ne vais pas à la messe Paul VI, c’est parce qu’elle est dangereuse pour la foi certes, mais c’est avant tout parce qu’elle déplaît à Dieu du fait qu’elle est protestantisée au point d’atténuer voire même de supprimer dans certaines cas le caractère sacrificielle et propitiatoire de la messe.
        Enfin, si je ne vais pas à la messe des communauté Ecclesia Dei, c’est parce que ces communautés acceptent le concile Vatican II (à l’origine de l’apostasie générale) et reconnaissent la légitimité du nouveau rite. Et je n’ai pas le droit de cautionner par mon assistance des communautés qui trahissent la défense de la foi et qui par ailleurs reconnaissent les fausses canonisations de ceux qui ont canonisé le concile (remarquez comment François a resserré l’étau sur ces communautés en canonisant les papes du concile…). Voila le fond du problème, c’est une question de foi, de principe et non de querelles de chapelles.

        • Oui, j’approuve, mais il est dit par Jésus que les pharisiens faisaient peser un joug trop lourd aux fidèles, il y a 1 principe, à l’impossible nul n’est tenu : je n’aurai jamais une messe de Saint Pie V dans ma ville de Saône et Loire, alors si un prêtre de la Fraternité Saint Pierre passe par là, je me précipiterai à sa messe, car c’est cette messe qui est catholique, même s’il doit concélébrer une messe avec l’Evêque.Si la messe conciliaire est un poison, la FSSPX est mal placée pour nous dire de supporter cette messe dans des centaines d’endroits, alors qu’en faisant 40 kms on peut quand même trouver une messe dite par “un rallié”. Ces ralliés préparent le terrain, pour une vraie réforme catholique, ils savent très bien reconnaître le poison, mais ils campent déjà dans les tranchées, donnant souvent la main aux prieurés FSSPX. Je ne suis donc pas entièrement d’accord avec la position que prône aussi mon petit fils, prêtre FSSPX. Il faut aussi laisser maître du jeu l’Esprit Saint, et laisser du temps au temps. En revanche ce qui est bon est d’instruire nos frères perdus dans le rit conciliaire, les rencontrer donc, et où ? dans les églises, et leur faire prendre conscience du poison. On nous écoute bien plus qu’il y a 30, 20 ans. Il faut du temps, la FSSPX ne doit pas se crisper, ni crisper les fidèles, nous n’avons pas peur, nous savons que Jésus-Christ triomphera dans son Sacrifice rendu à son Père, par la seule messe intégralement valide.

  2. gousson says:

    Abbé Delagneau, fsspx

    Il n’est pas rare, depuis quelques années, d’entendre des retraitants nous dire, à propos des messes «Ecclesia Dei» ou «indult», «Mais c’est la même messe!»

    Ce à quoi je réponds d’abord : «Mais qu’avez-vous demandé à l’Église, le jour de votre baptême? La foi! C’est donc que la foi est première. La messe traditionnelle est l’expression de notre foi catholique, elle nous est donnée pour nourrir notre foi. Mais nous devons examiner les circonstances dans lesquelles elle nous est offerte. Est-ce qu’elles nourrissent ou mettent en danger notre foi?

    Au Concile, tous les évêques modernistes célébraient la messe Saint-Pie V, et pourtant cela ne les a pas empêchés de compromettre la foi de leurs fidèles par leurs enseignements!

    Au moment de la Révolution française, les bons catholiques préféraient assister de temps en temps, et au prix de leur vie, à des messes célébrées dans des granges, pourtant les prêtres jureurs célébraient la messe Saint-Pie V dans les églises. Mais ils comprenaient qu’il y avait un problème doctrinal grave, et ils avaient le courage d’agir en conséquence pour l’honneur de Dieu et le bien de leurs âmes.

    Aujourd’hui, ce n’est pas seulement Mgr Lefebvre qui affirme que les principes de la Révolution française sont entrés dans le Concile et les réformes conciliaires, c’est aussi l’enseignement des autorités de l’Église. Citons le cardinal Ratzinger qui fut théologien au Concile :

    «Gaudium et spes – qui, selon les mots du pape Benoît XVI est la clé de la compréhension du Concile – représente une tentative de réconciliation officielle de l’Église avec le monde tel qu’il était devenu depuis 1789» [Principes de la théologie catholique].

    Pendant une vingtaine d’années après le Concile, les prêtres et les fidèles qui voulaient garder et transmettre la foi dans sa pureté, se sont écartés de l’esprit du Concile et des réformes qui ont suivi, en particulier de la messe dite de Paul VI.

    Régnait alors une certaine unité dans la Tradition, et beaucoup se formaient pour comprendre toute cette révolution dans l’Église. Les condamnations véhémentes des autorités de l’Église et des médias nous protégeaient du monde et de son esprit libéral.

    Il faut dire que passer de la messe traditionnelle à la messe de Paul VI, avec tous ses excès, demandait de faire un plongeon dans un univers des plus perturbants! Pratiquement personne ne s’y risquait, car on savait que l’on mettait son âme en grave danger. Par contre, pour des raisons diverses, des âmes généreuses rejoignaient la Tradition qui voyait ses rangs grossir ainsi que les vocations.

    Puis, en 1988 – il y a déjà trente ans! – eurent lieu les sacres des évêques de la Fraternité. C’est alors que les autorités romaines ont su agir avec une habileté consommée. Elles rédigèrent le document «Ecclesia Dei afflicta» qui, d’une part condamnait Mgr Lefebvre et ceux qui le suivaient, et qui, d’autre part, donnait naissance aux communautés «Ecclesia Dei». Ainsi, leur existence, dès son origine, fut pour contrer l’œuvre de Mgr Lefebvre, et elle repose sur l’acceptation du motif de condamnation de l’Évêque fidèle: «La tradition vivante», c’est-à-dire l’évolution de la doctrine de l’Église en s’inspirant de l’esprit du monde. Autrement dit, on vous concède la messe Saint-Pie V dans des églises, mais ne critiquez publiquement ni le Concile, ni la nouvelle messe; c’est l’enseignement du magistère d’aujourd’hui!

    Et pour bien les fixer dans cet esprit, le pape Benoît XVI a trouvé deux expressions qui empêchent tout retour en arrière :
    Pour la messe, on parlera de «rite ordinaire et de rite extra ordinaire», c’est-à-dire que c’est le même rite, la même doctrine; la messe de Paul VI est légitime et bonne, elle ne fait pas perdre la foi!
    Pour le Concile et les réformes, il emploiera l’expression «l’herméneutique de la continuité». Et donc, l’œcuménisme actuel, la liberté religieuse, sont tout à fait catholiques et traditionnels.
    Dès lors, la Tradition connut un premier affaiblissement qui fut relatif. Mais avec le temps, le mouvement Ecclesia Dei devait prendre de l’ampleur en prenant dans ses filets nombre de nos jeunes et parfois de nos familles.

    Mgr Lefebvre avait vu juste quand il disait : «Le but de ce mouvement, c’est la récupération des traditionalistes pour les soumettre au Concile».

    Notons cependant qu’un certain nombre de catholiques, conscients de la crise de l’Église mais craintifs, pouvaient enfin avoir la messe traditionnelle sans s’inquiéter d’être désobéissants, d’être schismatiques…

    Cette attitude fut de tous les temps puisque saint Jean nous dit déjà, à propos des parents de l’aveugle-né, qu’ils craignaient d’être exclus de la synagogue s’ils disaient la vérité [Jn 9, 18-23]. On peut regretter cette attitude et espérer qu’un certain nombre, en prenant conscience de la racine du mal qui ronge l’Église, nous rejoindront.

    Mais le plus grave est du côté de ceux qui ont tout reçu, dans nos écoles, dans nos Prieurés, et qui, pour des arguments humains, grossissent les rangs des communautés Ecclesia Dei.

    Leurs arguments de fond, nous les connaissons: c’est le rappel des tenues vestimentaires qui les indispose; c’est le fait de vouloir être dans une église, comme tout le monde; c’est parce que tel prêtre est plus sympathique pour les jeunes; c’est parce qu’on organise des dîners, des soirées avec des fidèles Ecclesia Dei; c’est parce qu’on se lasse de la crise de l’Église…

    En fait, ce sont des arguments humains, mondains!

    Alors, pour se rassurer et se justifier, on ajoute «C’est la même messe!» sous-entendu, le même combat (!) Pendant ce temps-là, la crise continue de battre son plein, l’esprit du monde continue de pénétrer dans la barque de l’Église; après la doctrine, c’est la morale qui est atteinte. Et, bien sûr, on en profite puisque cela va dans le sens du péché originel, des passions désordonnées.

    Tous les papes du Concile et de la nouvelle messe vont être canonisés! C’est le pape Jean-Paul II, puis le pape Benoît XVI qui ont commencé le processus en béatifiant le pape Jean XXIII en 2010 et Jean-Paul II en 2011. Le pape François poursuivra dans le même sens en canonisant tous ces papes du Concile, y compris Paul VI. Ainsi, c’est une nouvelle référence qui est donnée aux catholiques et aux communautés Ecclesia Dei.

    Comment nos anciens fidèles peuvent-ils, avec les prêtres Ecclesia Dei, prononcer les noms de saint Jean XXIII, de saint Jean-Paul II, de saint Paul VI, et donc les prendre comme références doctrinales? C’est la foi qui est en cause!

    Même si, dans leur for interne, certains prêtres ou fidèles refusent ces canonisations, ou au moins les doctrines mortifères de ces «nouveaux saints», il n’empêche, qu’en faisant partie de ces mouvements, ils cautionnent ces erreurs graves, et peu à peu les adoptent.

    Où est la noblesse de cœur des Vendéens qui, pour l’honneur de Dieu et le bien de l’Église refusaient, au prix de grands sacrifices, toute concession?

    L’intérêt propre prend aujourd’hui la place du bien commun. Quel malheur!

    La mission de la Fraternité regarde le bien de toute l’Église et non pas des avantages personnels. C’est pourquoi, nous prions et nous travaillons pour que les autorités prennent conscience de la racine du mal qui mine l’Église de fond en comble. Quand ces autorités mettront la cognée à la racine du mal, nous serons à leurs côtés pour cette œuvre de rechristianisation. (Pas d’accord pratique sans au préalable un accord sur la doctrine!)

    Je reconnais que cela demande une noblesse d’âme, car c’est travailler d’abord pour le bien commun de l’Église, avant de chercher son bien propre.

    Notons encore que, ne pas dénoncer les erreurs actuelles, c’est les laisser rentrer peu à peu dans les esprits, et on en arrive à un sentimentalisme religieux, où chacun a sa manière de voir et de faire. Ce n’est plus l’esprit catholique, et la foi et la morale sont en grand danger!

    Quelques mots suffisent à ébranler chez certains les convictions d’hier: «il ne faut pas exagérer», «soyons charitables», «il ne faut pas être intégriste», «le bon Dieu est miséricordieux», «tout le monde ne peut pas se damner», «c’est de l’orgueil de vouloir avoir raison contre tout le monde», «moi je garde ma foi, mais sans être toujours dans la critique …»

    Rester ferme et fidèle (…) c’est continuer son devoir de prêcher et de vivre de la doctrine et de la morale de toujours; c’est étudier et éclairer les âmes de bonne volonté sur les erreurs actuelles; c’est prier et faire pénitence pour que cesse l’aveuglement des esprits dans les autorités.

    C’est uniquement l’amour de Notre-Seigneur et des âmes qui doit nous animer!

    Nous sommes dans un combat surnaturel, et nous voulons œuvrer pour la restauration de la vérité et de la grâce dans les âmes, dans les sociétés, par les moyens surnaturels. (…)

    Grâce à Dieu, nous avons de bonnes familles, de bons retraitants qui ont compris toutes ces choses, qui veillent et portent beaucoup de bons fruits. Ce texte ne peut que les encourager dans la persévérance.

    Grâce à Dieu, nous avons une vague de conversions chez des jeunes et des moins jeunes qui apportent un sang nouveau à notre combat. Ils ont souffert de la déchristianisation, et, par des lectures, par des retraites, ils découvrent la richesse spirituelle que nous transmet l’Église catholique dans sa Tradition. Alors, ils s’engagent dans une bonne vie chrétienne, fervente, zélée et nourrie par la lecture de bons auteurs, dans tous les domaines de la vie chrétienne.

    Gardons confiance, mais ne relâchons pas nos efforts, par amour de Notre-Seigneur. La crise de l’Église est loin d’être terminée!

    Continuons de nous confier à Notre-Dame de Fatima, d’unir nos prières et nos sacrifices au saint sacrifice de la messe.

    Vive le Sacré-Cœur de Jésus! Vive le Cœur Immaculé de Marie!

    • Margot says:

      L’abbé Delagneau parle bien… Je connais un ancien supérieur de district européen qui a permis à certains de ses fidèles d’assister de manière habituelle à la messe dominicale de l’Institut du Christ-Roi et de temps en temps à la FSSPX … Cohérence ?

    • Vous avez 100% raison, Monsieur l’Abbé, mais nous ne sommes pas encore au Paradis, et la prudence élémentaire, est de tout faire pour ne pas empoisonner les fidèles, qui n’ont aucun prieuré, ni messe FSSPX, dans pratiquement toute la France. La FSSPX, n’a pas encore un réseau étendu comme La Poste, c’est donc injuste, non catholique de mettre ainsi les fidèles devant des choix impossibles. Sans vouloir vous vexer, tout en vous approuvant sur la doctrine, personne ne vous suivra, puisque nous n’avons pas à proximité une messe de Saint Pie V dite par un prêtre non rallié. Je trouve que c’est bien de rappeler la règle, mais laissez chacun, maître de trouver la solution. A quel titre, pouvez vous interdire, dans ces conditions de sous-développement spirituel en France, interdire aux catholiques d’assister à la messe d’un prêtre d’un autre Institut ? C’est faire oeuvre mauvaise, que de nous confiner dans nos pauvres paroisses perdues, faute d’avoir une messe strictement FSSPX !

  3. Plonivic says:

    Avez-vous remarqué que, dans cet extrait du “Fideliter”, PAS UN MOT sur la validité de l’ordination du prêtre célébrant (ou du sacre, si c’est un évêque), alors que c’est quand même important (car : pas de validité, pas de grâces reçues) ?

  4. Fouchet says:

    Une analyse du nouveau code fait apparaître des contradictions avec la Messe de toujours en particulier en ce qui regarde : 1°Le rôle du prêtre qui est amoindri au point que les laïcs peuvent eux-même distribuer la communion (canons 910 et 911) ; 2° la morale, spécialement avec la vertu de religion : le nouveau code réduit à une heure le jeune eucharistique (canon 919)  ; 3° les normes de la liturgie qui permet aux fidèles de communier aux deux espèces (canon 925) et bien sûr la permission de la langue vernaculaire (canon 929). C’est pourquoi la Fidélité Catholique détourne les fidèles de participer activement à cette messe qui est à l’opposé de l’esprit de l’ancien code.

    En ce qui concerne cette fois la messe de saint Pie V, est-il licite d’y participer lorsqu’elle est célébrée par un prêtre dans un cadre moderne ou pas vraiment traditionnel ? Par exemple par un prêtre qui mélange sans s’inquiéter les deux codes ou ne voyant pas de problème de fond dans Vatican II et de sa nouvelle législation; ou par tel membre d’une communauté ralliée ou dans un processus de reconnaissance canonique qui ne se prononce pas comme opposé au Concile et au nouveau code – la pire des réformes conciliaire ?

    La messe n’est pas un produit de consommation, mais un acte cultuel dans un cadre déterminé. C’est particulièrement vrai de la messe dominicale, dans laquelle le fidèle s’intègre, ne serait-ce que le temps d’une matinée, à une communauté locale sous l’autorité d’un pasteur. Aller à la messe le dimanche, c’est aussi écouter une homélie, se faire proposer des dates de confession, des séances d’instruction, des associations de jeunesse… Tenons-nous en ici à la plus inévitable et significative de ces activités : la prédication. C’est presque toujours à tort que les fidèles se croient totalement aptes à juger de l’orthodoxie du sous-bassement doctrinal, moral et spirituel et CANONIQUE des prédications qu’ils vont alors entendre. Toutes ne contiendront pas quelque erreur (d’ailleurs aucun prêtre n’est à l’abri de cela !). Mais à un moment ou à un autre et plus ou moins fréquemment, le paysage théologique deviendra difforme, et ce ne sera pas nécessairement très sensible (référence ou silence complaisant à l’égard de la nouvelle législation promulguée par « saint » Jean Paul II, la confession se faisant maintenant sous l’autorité tolérante des conciliaires.

    On ne peut pas confier son âme dans un tel cadre à des pasteurs, aussi pieux et charitables soient-ils. Nous n’écrivons pas cela par a priori idéologique : c’est l’expérience qui montre que le courant du fleuve fait dériver les âmes, même lorsqu’elles nous assurent trouver, dans telle paroisse ou telle chapelle de l’actuelle FSSPX, de l’Institut du Christ-Roi, ce qu’elles trouvent à Avrillé, la Villeneuve, Bellaigues ou à Mérigny. Elles peuvent, comme M. Jourdain, faire de la prose sans s’en rendre compte. La vie sacramentelle est d’un grand prix, mais l’est aussi l’esprit de foi ; il a coûté le sang du Christ.

    À la question « y a-t-il des circonstances de temps ou de lieu où la participation à une messe de saint Pie V dans un tel cadre non traditionnel est permise ? », concédons que les principes moraux dits du « volontaire in causa » font répondre « oui » et qu’il sera permis de le faire exceptionnellement – donc pas régulièrement –, sans sauter de joie et avec précautions.

    Mais à la question « entre deux dimanches où l’on se rend à la messe à la Fidélité, peut-on aller à la messe dans un autre cadre, non traditionnel (ou semi-traditionnel) simplement afin de ne pas manquer au devoir dominical », la réponse est certainement « non ». Aujourd’hui hélas de plus en plus de catholiques répondent « oui », y vont sans difficulté et souvent.

    Qu’on n’objecte pas que ces réponses viendraient de « querelles de chapelle ». Cette objection est hors de propos. Ce que eux font, ce n’est pas ce que nous faisons, même si nous ne leur souhaitons que du bien. Aux messes de la Tradition, on respire Jésus-Christ et le catholicisme intégral, qui est aussi antimoderne, antilibéral et contre-révolutionnaire. Ces lignes ne doivent pas bouger. »

    Mgr Lefebvre sur le nouveau code et la nouvelle liturgie : “Et c’est la même chose pour la nouvelle liturgie. Je fais un rapprochement entre ce nouveau code de droit canonique et toute la réforme liturgique, ainsi que Bugnini le dit dans son livre “les principes fondamentaux du changement de la liturgie”. (…) ” C’est donc bien le même esprit qui a animé le changement du droit canonique et celui de la liturgie : le peuple de Dieu, et l’assemblée qui fait tout.” (….) ” Vous savez que dans le code de droit canonique il est permis au prêtre de donner la communion à un protestant. C’est ce qu’ils appellent l’hospitalité eucharistique”.

    • Merci Monsieur, pour avoir assisté à un culte anglican, à Paris, après avoir été à la messe catholique, rue Jean Goujon, il est évident que le culte anglican, se déroule mot pour mot, comme la messe de Paul VI, pas plus d’offertoire, ni de prières pénitentielles, avant le mémorial de la mort du Christ, à savoir pour nous, la Consécration. Je viens d’apprendre qu’un mien cousin, devenu anglican pour convenance personnelle, a communié avec ses enfants dans une paroisse parisienne, récemment. Je m’apprêtais à lui passer un savon, pour communion sacrilège, mais vous dites que le droit canonique permet à un prêtre catholique de donner la communion à un protestant ?
      1ère question, comment peut-il identifier, les personnes qui font la queue pour recevoir la communion
      2° pouvez vous me donner le lien internet, la référence, éventuellement le texte de cet article du Code, pour que j’ajuste ma catéchèse. Parce que moi-même je n’ai pas communié( sous les 2 espèces) au culte anglican, sachant qu’il n’y avait aucun accord d’inter-communion avec l’anglicanisme et même s’il existait, il est évident que je ne me présenterai jamais à la Cène protestante. Merci pour votre réponse : chantalfain@orange.fr

    • gousson says:

      @Fouchet, c’est faux. Les dominicains d’Avrillé ordonnent d’aller aux messes de la FSSPX pour satisfaire le précepte dominical et les positions ont l’air de varier d’un prêtre “résistant” à un autre…

  5. Geneviève says:

    Cela me semble un faux débat dans la mesure où autant les prêtres de la FSSPX que ceux des communautés “Ecclesia Dei » sont UNA CUM avec le pape François.
    En effet, lors de la première prière du Canon le prêtre demande au Père d’accepter et de bénir ces dons , ces présents, ces offrandes saintes et sans tache en union de prières avec les intentions du pape hérétique François et de l’évêque du lieu.
    La preuve que sur cette question de l’UNA CUM, on trompe les fidèles autant chez les uns que chez les autres, c’est que depuis Vatican II, “una cum” est traduit dans les nouveaux missels “aussi pour”, alors que “cum” ne se traduit absolument jamais pas « pour”, mais par “avec ” . Quant à « una » il signifie ensemble, pas « aussi ». Bien que tous ces prêtres aient étudié le latin, jamais personne n’en parle.
    Et les rares qui ont osé évoquer le problème, ils se sont faits chasser de la FSSPX, et cela a déjà commencé à l’époque de Mgr Lefevbre.

    • @genevieve
      N’oublez pas l’explication de Mgr Lefebvre à propos du Pape. Il expliquait, en visant particulièrement les sédévacantistes, que ceux qui pensent, disent, clament même, qu’il n’y a pas de Pape, refusent l’existence même de ‘Église Catholique en refutant les paroles de NSJC “et portae inferi non praevalebunt adversus eam”.
      Hors, continuait Mgr Lefebvre, s’ il n’y avait pas de Pape, il n’y aurait plus d’évêques, s’il n’y avait plus d’évêques il n’y aurait plus de prêtres ! Et plus de prêtres, alors……. plus d’Eglise ?
      Faudrait il donc douter de la parole de Notre Seigneur ?

      Un Pape, même hérétique est qd même Pape.

  6. Je suis personnellement choqué de voir des commentaires faits ‘au nom de la FSPX ET de son fondateur’ faisant dire – ou plutôt voulant faire dire – à son fondateur exactement le contraire de ce qu’ il a TOUJOURS affirmé.
    D’une part.
    D’autre part, je sais qu’il est inacceptable de la part de nombre de prêtres et de fidèles de la FSPX de se faire mettre dans des cases (intégristes, schismatiques,…..) et il semble acceptable à certains des commentateurs de cet articles, comme s’ils se prenaient pour des commentateurs journalistiques, de créer d’autres cases telles ‘railliés,…..
    D’ autre part encore, que certains osent taper aisi sur les communautés Ecclesia Dei en les taxant de traîtrise et autres colibets ‘faciles’, et mettre tt le monde dans le même panier, il leur faudra sans doute relire l’histoire pour comprendre que parmi ces communautés, un bon nombre de, par exemple, la FSSP, ne sont pas des ‘transfuges de FSPX, que ICRSP n’ est pas né d’une scission mais, comme FSPX, est née d’elle-même !
    Alors, de grâce, si nous voulons faire de l’apostolat, et donc attirer le plus grand nombre à notre noble cause, il est peut être temps de ne plus agiter les anathèmes, dignes d’un autre temps.

    • gousson says:

      @DOM il ne s’agit pas d’une querelle de chapelles mais d’une question de principes.
      Et voici ce que disait Mgr Lefebvre à propos des communautés Eccelsia Dei contrairement à ce que vous dites:
      Voila ce que Monseigneur Lefebvre répondait, en mars 1989 à Monsieur l’abbé Couture, au sujet de la conduite à tenir vis-à-vis des prêtres Ecclesia Dei, de ces prêtres qui se satisfaisaient de la bulle de 1988 :

      « Je réponds pour vous dire ce que je pense au sujet de ces prêtres qui reçoivent un « celebret » (c’est-à-dire un papier autorisant à célébrer l’ancienne messe) de la Commission romaine chargée de nous diviser et de nous détruire. Il est évident qu’en se mettant dans les mains des autorités actuelles conciliaires ils admettent implicitement le concile et les réponses qui en sont issues. Leur parole est paralysée par cette acceptation. Les évêques les surveillent ! C’est bien regrettable que ces prêtres ne prennent pas conscience de cette réalité. Mais nous ne pouvons pas tromper les fidèles. Il en est de même pour ces « messes traditionnelles » organisées par les conciliaires. Elles sont célébrées entre deux messes conciliaires. Le prêtre célébrant dit aussi bien la nouvelle que l’ancienne. Comment et par qui est distribuée la sainte communion ? Quelle sera la prédication ? etc… Ces messes sont des attrapes nigauds qui entraînent les fidèles dans la compromission. Beaucoup ont déjà abandonné… Ce qu’ils doivent changer, c’est leur doctrine libérale et moderniste. Il faut s’armer de patience et prier. »