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Comment la police de la pensée se sert de la lutte contre l'islamisme

Lutter contre l’entrisme islamiste ou contre « l’ultra-droite » ?

Le 29 avril 2026, Bruno Retailleau, a déposé une proposition de loi qui, officiellement, vise « à lutter contre l’entrisme islamiste en France ». Son texte a été examiné en séance publique au Sénat le 5 mai 2026 et adoptée par le Sénat (208 voix pour, 124 contre). En raison de son objectif déclaré, beaucoup ne s’en sont absolument pas inquiétés et ont même probablement applaudi. Et si, en vérité, c’était la prétendue ultra-droite qui était visée ?

Comment la police de la pensée se sert de la lutte contre l'islamisme

« Assécher le financement des groupes séparatistes »

Dans son Titre II, la proposition de loi de Bruno Retailleau veut « assécher le financement des groupes séparatistes ». L’article 6 est explicite quant aux moyens envisagés pour cela. « Le ministre chargé de l’économie et le ministre de l’intérieur peuvent décider, conjointement, pour une durée de six mois renouvelable, le gel des fonds et des ressources économiques ». Suit une énumération de cinq catégories de personnes ou organisations visées, dont une qui désigne ceux « qui, soit provoquent ou contribuent par leurs agissements à la discrimination, à la haine ou à la violence envers une personne ou un groupe de personnes à raison de leur origine, de leur sexe, de leur orientation sexuelle, de leur identité de genre ou de leur appartenance ou de leur non-appartenance, vraie ou supposée, à une ethnie, une nation, une prétendue race ou une religion déterminée, soit propagent des idées ou théories tendant à justifier ou encourager cette discrimination, cette haine ou cette violence… »

Il n’est donc nullement fait référence à l’islamisme dans ce texte.

Et les plus lucides craignent désormais qu’une telle loi permette la confiscation ou l’immobilisation sans limite de durée des fonds appartenant aux particuliers, associations et entreprises qui critiqueraient le « vivre ensemble ». Le pouvoir politique s’arroge ainsi le droit de punir toute voix discordante au message officiel du régime, considérant la critique de ce régime comme  «séparatiste ».

Ces sanctions financières pourraient être déclenchées sans condamnation pénale préalable de l’organisation ou l’individu sanctionné. Cette asphyxie financière pourrait donc être imposée alors même que l’association ou  la personne visée n’aurait commis aucun délit.

 

"Assécher le financement des groupes séparatistes"

Rappelons que, de son côté, le ministre de l’Intérieur Laurent Nuñez a déclaré sur le même sujet :

« Notre projet de loi aura vocation à s’appliquer à toutes les structures ou individus séparatistes ou ultraviolents, comme les groupes d’ultradroite, par exemple ».

« Nous visons tous les groupuscules qui provoquent à la discrimination, à la haine et à la violence, mais aussi toutes les structures qui incitent à des agissements violents et ont pour vocation d’attenter à la République ».

Laurent Nuñez a aussi émis le souhait d’un ajout à la législation actuelle : « Notre texte prévoit un huitième motif de “dissolution de structure associative pour entrisme” », précisant que seront concernées « les structures qui s’affranchissent des règles communes légalement établies pour faire prévaloir des principes, religieux ou autres, incompatibles avec les valeurs et les principes de la Déclaration des droits de l’homme ».

Le ministre de l’Intérieur a averti que le Conseil d’État « se penche sur le texte en ce moment » pour le « bétonner ».

Pierre-Marie Sève, délégué général de l’Institut pour la justice, considère que ce dispositif s’inscrit « dans un contexte de dérive du contrôle du discours et du débat public ».

Le mauvais exemple de l’Union européenne

Notons par ailleurs que que le gel des avoirs et l’asphyxie financière des adversaires politiques a déjà été initiée par l’Union européenne à l’encontre de personnes comme Xavier Moreau ou Jacques Baud.

Léo Kersauzie

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