Pékin veut imposer sa dictature à Hong Kong. Et a le soutien implicite du Vatican bergoglien.

Blocages, affrontements violents, se succèdent depuis 2019 dans cette ancienne colonie britannique rétrocédée à la Chine par le Royaume-Uni en 1997. Sous administration spéciale en application du principe “un pays, deux systèmes” auquel la chine s’était engagée, c’est la « pire crise politique » que connait la ville depuis sa rétrocession à cause, analyse Courrier International, de « la stratégie de Pékin [qui] a consisté à diaboliser les Hongkongais, ce qui a attisé les tensions entre les deux populations. […] depuis plus de trois mois, le gouvernement de Chine populaire, poussé par des motifs politiques, n’hésite pas à s’attaquer lourdement à cette base névralgique qu’est Hong Kong » en cherchant « depuis début juillet … à bâillonner l’opinion publique hongkongaise ». Il y a une ferme volonté chinoise de mettre un terme à l’autonomie de Hong Kong. Une autonomie à laquelle sont viscéralement attachés les habitants de l’ancienne colonie britannique et pour laquelle ils manifestent car elle est leur garantie de ne pas vivre sous le régime communiste de Pékin. Qui n’hésite pas à réprimer férocement, depuis des mois, les contestataires hongkongais.  

Le mardi 30 juin, un cran de plus dans cette répression violente a été franchi par la Chine qui a promulgué une loi controversée sur la « sécurité nationale » à Hong Kong, étendant ses pouvoirs judiciaires dans l’ex-colonie britannique. Condamnée par l’Union européenne et les États-Unis, la loi est perçue par ses détracteurs comme une atteinte aux libertés et à l’autonomie du territoire et a poussé Taïwan, la Grande-Bretagne et les États-Unis à offrir l’asile aux Hongkongais. « Les nouvelles dispositions sont effrayantes, car elles accordent des pouvoirs aux forces de police qui sont normalement surveillées par le pouvoir judiciaire », a expliqué l’avocat Anson Wong Yu-yat au quotidien hongkongais South China Morning Post. Elle vise à réprimer la subversion, la sécession, le terrorisme et la collusion avec les forces étrangères et rend aussi illégales certaines opinions politiques comme le soutien à l’indépendance ou à une plus grande autonomie du territoire.

Face à ce courroux dictatorial de Pékin, on aurait pu s’attendre à une réaction forte de la part du pape François, toujours à la pointe pour dénoncer les politiques répressives, si peu autoritaires pourtant, des Occidentaux et à prendre parti pour les contestataires, les hors-la-loi, les clandestins, les criminels, les révoltés…  

Et bien non, bien au contraire, le Saint Siège bergoglien s’incline devant le régime chinois. Le journaliste Riccardo Cascioli de La Nuova Bussola Quotidianna revient sur le dernier Angelus du pape, dimanche dernier, et son occultation d’un passage prévu sur la situation hongkongaise :

« Au dernier moment l’intervention que le pape François aurait dû réserver à la situation de Hong Kong a sauté. La pression chinoise ou l’autocensure ne changent rien au problème : le Saint-Siège sacrifie sa liberté et celle des catholiques chinois et hongkongais, en vue d’une normalisation des relations avec Pékin. Et de fait l’historien Giovagnoli (Communauté de Sant’Egidio, très influent sur le Pape) explique sur Avvenire [ le quotiiden des évêque sitaliens, ndlr] à quel point la Chine a raison de réprimer les manifestations pro-démocratiques.

« Il était déjà assez gênant, pour dire le moins, continue le journaliste, que le Saint-Siège ne dise rien de ce qui se passe à Hong Kong depuis des mois, évidemment pour ne pas déplaire à Pékin. Mais ce qui s’est passé hier à l’Angelus dépasse toutes les limites.

« Comme d’habitude, le texte de l’Angélus … avait été distribué à l’avance aux journalistes : il contenait une référence à la situation à Hong Kong invitant au dialogue et à éviter les dérives violentes. Certainement pas un discours mémorable, mais au moins le signe de l’attention.

« Cependant, quelques minutes avant l’Angelus, le service de presse a annoncé que le pape ne lirait pas cette partie sur Hong Kong, qui était donc annulée. Un fait choquant pour le moins … qui, quelle qu’en soit la raison, témoigne d’une soumission du Saint-Siège au gouvernement et au Parti communiste chinois. Une preuve supplémentaire que l’accord secret entre la Chine et le Saint-Siège sur les nominations épiscopales, dont le renouvellement sera discuté sous peu, a été abondamment réduit à un instrument de contrôle du Parti communiste sur l’Église catholique, un véritable gag pour l’Église. »

Ayant obtenu le texte complet de l’Angelus, Ricacrdo Cascioli dévoile donc ce qu’aurait dû dire le pape argentin et qu’il n’a pas dit : 

 « Ces derniers temps, j’ai suivi avec une attention particulière et non sans inquiétude l’évolution de la situation complexe à Hong Kong, et je voudrais tout d’abord exprimer ma cordiale proximité avec tous les habitants de ce territoire. Dans le contexte actuel, les questions abordées sont sans aucun doute délicates et affectent la vie de chacun; il est donc compréhensible qu’il y ait une sensibilité marquée à cet égard. J’espère donc que toutes les personnes concernées seront en mesure de traiter les différents problèmes dans un esprit de sagesse prévoyante et de dialogue authentique. Cela requiert du courage, de l’humilité, de la non-violence et du respect de la dignité et des droits de tous. J’exprime ensuite le vœu que la vie sociale, et en particulier la vie religieuse, s’exprime en toute liberté, comme le prévoient en effet divers documents internationaux. J’accompagne de ma prière continuelle toute la communauté catholique et les personnes de bonne volonté de Hong Kong afin qu’elles puissent construire ensemble une société prospère et harmonieuse. »

Rien de transcendant mais c’était au moins quelques mots appelant Pékin à la modération.

Deux hypothèses se font jour pour expliquer la suppression de ce passage analyse le journaliste italien : soit « après avoir reçu le texte, l’ambassade de Chine en Italie a immédiatement pris des mesures pour faire pression pour qu’il ne soit pas lu ». Soit, et c’est la seconde hypothèse plausible, « il s’agit d’une initiative personnelle du Pape une fois lu le texte préparé par le Secrétariat d’État ».

Ce qui s’est passé dimanche dernier est toute façon une démonstration de la servilité de la diplomatie vaticane et des conseillers de l’actuel hôte du Vatican envers la tyrannie communiste chinoise. Partisans, Jorge Maria Bergoglio en tête, de l’accord secret signé entre le Saint-Siège et Pékin il y a deux ans mais qui laisse pourtant le régime communiste avoir la main mise sur les Catholiques chinois, rien ne doit venir le remettre en discussion ni ternir l’image du nouvel ami chinois du pape argentin. 

Francesca de Villasmundo

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