Le pape François vient de signer un Motu Proprio, Vos estis lux mundi, destiné à combattre les cas de violences sexuelles commises par des clercs et des religieux sur des « mineurs » ou « personnes vulnérables ».

Ce texte édite de nouvelles procédures de signalement et assure qu’évêques et supérieurs religieux devront rendre compte de leur travail. Il introduit l’obligation pour les clercs et religieux de signaler les “abus”. Chaque diocèse devra se doter d’un système facilement accessible au public pour recevoir les signalements.

Le secret de la confession reste sauf.

Il est à noter que ce Motu Proprio parle d’« abus sexuel » ce qui est un abus de langage aux conséquences pratiques considérables sur la vie des clercs puisque cela laisse sous-entendre que “ce n’est pas l’activité en soi qui est illicite mais sa pratique abusive”. Cette « imposture du langage » a été analysée par Gilles Colroy dans un précédent éditorial de MPI qu’il est bon de relire :

«  L’exemple le plus édifiant de l’imposture du langage portée à notre connaissance, et qui défraie actuellement la chronique sous nos yeux, est celui de « l’abus sexuel » actif au sein du clergé catholique. Sans verser dans l’abomination des actes qu’ils désignent, les deux mots « d’abus sexuel », méritent un tout petit instant de réflexion car s’ils sont repris en boucle par les médias et tous les ignorants de la sphère médiatique qui les véhiculent, le plus grave est qu’ils sont repris par l’autorité ecclésiastique elle-même chargée de les condamner. Car parler « d’abus sexuels » de membres de l’Eglise (prêtres, évêques, cardinaux) est un abus de langage qui confine à l’imposture. Un abus sexuel, signifie qu’une activité sexuelle est portée à l’abus par la personne autorisée à s’y livrer. Ce n’est pas l’activité en soi qui est illicite mais sa pratique abusive. C’est l’abus qui mérite sanction et c’est ce dernier qui est répréhensible en droit comme en fait. Or les membres du clergé catholique, qu’il soit séculier ou régulier, sont tous, par principe et par le vœu de chasteté qui les gouverne, des personnes interdits à la pratique de la sexualité. Ainsi ce n’est pas l’abus sexuel qui est répréhensible chez eux mais l’activité sexuelle elle-même. Lorsque l’on dit que l’ex Cardinal McCarrick, entre-autres, s’est rendu coupable « d’abus sexuels » sur des prêtres et des séminaristes, nous sommes en plein flagrant délit d’imposture du langage. Tous ces malheureux se sont livrés et se livrent à des actes qui sont honteusement abusifs non au regard des soi-disant victimes qui les ont-elles-mêmes pratiqués mais au regard du statut ecclésiastique qui est le leur. Parler d’abus sexuel en l’espèce, c’est reconnaître qu’une activité sexuelle n’est plus condamnable au sein du clergé que par l’abus par lequel elle se pratique. »

Francesca de Villasmundo

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