Eric Mension-Rigau, écrivain, normalien, professeur d’histoire à la Sorbonne, consacre ses recherches aux élites depuis la Révolution française.

En 1897, dans Les Déracinés, Maurice Barrès s’acharne à mobiliser, au profit du bien commun, toutes les forces morales. Il exhorte l’héritier d’une longue lignée à maintenir son ambition d’exercer un ascendant sur la société avec intelligence, détermination et ouverture d’esprit. Mais qu’est devenue la noblesse aujourd’hui ? Aux yeux de la République, elle incarne un passé définitivement mort, fondé sur l’hérédité, disparu avec la fin de l’Ancien Régime, un groupe social caduc, privé depuis 1848 d’une existence légale et devenu une nulla res. La présence de ses descendants dans la société française agace. Ils sont le reliquat d’un héritage historique, mais ils conservent une visibilité sociale et une reconnaissance symbolique : ils surgissent comme « fantôme de l’inégalité » et représentent un « envers imaginaire de la démocratie », lit-on dans l’article « Aristocratie » du Dictionnaire critique de la Révolution française.

Ce livre s’essaye à nous faire découvrir ce qu’est la noblesse, ses usages, ses comportements, ses codes, son langage, autant d’éléments revendiqués comme identitaires. L’auteur nous plonge dans l’histoire, à l’époque des bâtisseurs de forteresses, lorsque la noblesse constituait l’un des piliers de la féodalité, puis nous invite à distinguer la vraie noblesse de la noblesse d’apparence, avec sa trompeuse particule. Il faut encore reconnaître les classifications, la noblesse immémoriale, les acheteurs de charges anoblissantes, les titrés d’Empire, la noblesse pontificale.

Tout l’univers de la noblesse est ici décrit, de la hiérarchie familiale traditionnelle à l’identité lignagère et ses armoiries, de l’idéal chevaleresque de ses origines à son adaptation terrienne et industrielle, de sa représentation dans le métier des armes et la vocation religieuse, selon une tradition de service, à la fin des châteaux.

Enquête sur la noblesse, Eric Mension-Rigau, éditions Perrin, 396 pages, 24 euros

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Ce numéro 80 de la revue Civitas est un numéro spécial de 100 pages.

On y trouvera d’une part un dossier consacré au Great Reset. Pour beaucoup cette expression (en français Grande Réinitialisation) demeure un peu mystérieuse. Pourtant, il ne s’agit pas d’une question anecdotique, bien au contraire.

On retrouve dans cette revue les interventions de Monseigneur Viganò, qui a exercé d’éminentes fonctions à la Curie et dans la diplomatie vaticane (Nonce aux États-Unis), Xavier Poussard directeur de la lettre confidentielle Faits et Documents, Lucien Cerise, Modeste Schwartz et Pierre Antoine Plaquevent spécialistes reconnus de cette question, Xavier Moreau, grand spécialiste de la Russie, Le général Delawarde ainsi que la courageuse Cassandre Fristot qui relate les persécutions et les condamnations dont elle a été victime pour avoir simplement porté, dans une manifestation, une pancarte avec la question QUI ?

On sait aujourd’hui qu’il est des questions qu’il est interdit de poser…

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