La violence continue aux États-Unis en réaction au projet de la Cour suprême de revoir la constitutionalité de la sentence Roe contre Wade qui légalisa une loi fédérale en faveur de l’avortement dans tous les Etats.

La porte-parole de la Maison Blanche Jen Psaki s’est fendue de déclarations scandaleuses pour soutenir, contre la loi, les manifestants devant les maisons des juges. La presse libérale évoque des scénarios de guerre civile et le maire démocrate de Chicago appelle à « prendre les armes ». La gauche progressiste et nihiliste souffle un vent de guerre civile sans scrupule.  

Ces dernières 48 heures le débat en cours aux États-Unis, après la publication illégale du projet de réforme qui pourrait mettre un terme à la légalisation fédérale de l’avortement, a évolué vers un accroissement de violence. A attiser les braises, souligne le quotidien italien La Nuova bussola quotidiana sont « les déclarations de la Maison Blanche soutenant le siège des domiciles des juges suprêmes et le silence du ministère de la Justice ; les menaces et les agressions inquiétantes et continues subies par les églises et les centres pro-vie et le soutien que ces actions reçoivent de la presse libérale et des politiciens démocrates ; les débats hallucinants et les votes farfelus au Sénat et, enfin, comment tout cela est manipulé avec art et à des fins politiques par les Démocrates, dans une tentative de détourner l’opinion publique des problèmes économiques ».

« Ce sont des jours de confusion à la Maison Blanche, relate l’article. Si d’une part le vandalisme du dimanche 8 mai dans les églises a été condamné, d’autre part mardi la porte-parole sortante Jen Psaki a tenu à préciser que le président Biden soutient les manifestants pacifiques qui montrent toute leur indignation face à l’éventuelle décision contre l’avortement. Tout cela contraste avec la réalité, qui montre en fait comment et dans quelle mesure ces manifestants ne sont nullement pacifiques ou civils ».

Parmi les faits les plus graves il faut noter l’ attentat à l’ explosif d’une église de New York ces derniers jours, le tabernacle volé d’une église de Kety au Texas, le vandalisme de l’église de Fort Collins au Colorado ainsi que les dommages subis par plusieurs centres pro-vie du pays et la poursuite du siège des manifestants contre les domiciles des six juges conservateurs (bien que le président Roberts ne se soit pas encore exprimé sur le projet de loi), démontrent exactement le contraire de ce que prétend la Maison Blanche.

Le soutien de l’administration Biden aux émeutes et aux manifestations est clair, si l’on considère que le ministère de la Justice, bien qu’ayant l’obligation légale fédérale de poursuivre les manifestants qui manifestaient près des domiciles des juges suprêmes pour influencer leur jugement, n’a toujours pas bougé le petit doigt pour intervenir. Le mercredi 11 mai, il n’a rien fait alors que la manifestation des avorteurs faisant le siège de toutes les résidences des six juges était connue depuis des jours. Joe Biden les soutient, ainsi que de nombreux députés démocrates. Et le chef du ministère de la Justice, Merrick B. Garland, est silencieux.

« La presse » est de la partie, démontre LNBQ, « à commencer par le New York Times, suggérant le pire, incitant les attroupements et poussant à l’occupation permanente des rues et des places pour protester indéfiniment. Selon le Guardian, en accord avec la presse libérale américaine, l’éventuelle décision de la Cour suprême conduira à une grande « guerre civile ». La maire de Chicago, Lori Lightfoot, du Parti démocrate, a publiquement demandé sur les réseaux sociaux de « prendre les armes » pour défendre l’avortement contre la Cour suprême. »

Les raisons de ces violentes manifestations sont claires :

« l’affrontement, commente le journal italien, doit se poursuivre coûte que coûte jusqu’en novembre prochain et devenir l’objet des élections de mi-mandat. Même au prix de maigres chiffres. Voir, en ce sens, la démonstration d’impuissance des sénateurs démocrates qui a eu lieu hier, avec le vote – rejeté, également grâce au sénateur Democrate Joe Manchin – sur la programmation de la proposition radicale de fédéraliser l’avortement sans limites et avec un texte qui, paradoxalement, il ne contient même pas le terme femme ou mère pour ne pas contrarier le lobby LGBT. »

Tous les arguments sont bons pour le camp du Bien, celui des avorteurs, pour attiser la colère et faire basculer l’opinion publique en leur faveur. Ainsi la secrétaire au Trésor Janet Yellen, lors de l’audition au Sénat mardi sur la situation économique préoccupante et la montée de l’inflation dans le pays, n’a pas hésité à soutenir les revendications des avorteurs en mettant sur le dos de la Cour Suprême la crise économique actuelle et future : « La décision de la Cour suprême pourrait conduire à une grave crise économique », parce que les femmes ne pouvaient plus travailler librement. Le Covid, et la guerre en Ukraine dont les Russes sont seuls responsables selon la Maison Blanche, semblent bien ne plus suffire à expliquer la dette et l’inflation monstrueuse… L’inflation enregistrée en avril, dont les données ont été publiées hier, est de 8,3 %, en mars, elle était de 8,5 %, le pire chiffre des 40 dernières années ; les prix du pain ont augmenté de 11 % en un mois et tous les produits alimentaires ont des coûts sans précédent depuis des décennies.

Le président Biden fait face à une très forte baisse de soutien à travers le pays, seuls 2% des Américains sont satisfaits de son travail dans le domaine économique, 77% sont très inquiets, selon un sondage CNN. S’il ne manquait rien d’autre, au cours de la première année de Biden, le nombre de décès par overdose a dépassé les 100 000, un record. La grande majorité des Américains s’inquiètent donc d’autre chose que de la réforme de la loi fédérale sur l’avortement.

Le juge Clarence Thomas a précisé que « la Cour suprême ne sera pas victime d’intimidation » par des manifestations de rue et des menaces politiques. La majorité des juges continue de soutenir le projet de Samuel Alito, le seul projet de décision en discussion à ce jour. La Conférence épiscopale des États-Unis à organiser une journée de prière et de jeûne en ce 13 mai, la fête de Notre-Dame de Fatima, pour la fin de l’avortement.

« Que feront Biden et les ‘Catho’-Démocrates américains ? », telle est la question ironique que pose le quotidien catholique conservateur italien. La réponse étant connu :  ces pseudo-catholiques iront dans le sens du « progrès », de la culture de mort…

Francesca de Villasmundo

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