
Le nouveau gouvernement hongrois se dévoile : il est loin d’être un ami de von der Leyen et des technocrates de l’Union Européenne. Pour le démontrer, il a demande aux nouveaux députés de prêter serment sur la Couronne. Tiendra-t-il sur la durée cette position pas si éloignée de celle du précédent gouvernement Orban ?
Au nouveau Parlement hongrois, trois partis patriotiques se sont réunis pour la première fois pour former un gouvernement
Von der Leyen, les progressistes, les dirigeants européens bien-pensants et les technocrates de l’union Européenne ont applaudit à la défaite d’Orban, sans s’apercevoir que son successeur pourrait être un Orban ‘en pire’.
Au nouveau Parlement hongrois, trois partis patriotiques se sont réunis pour la première fois pour former un gouvernement : Tisza, le parti vainqueur de Peter Magyar, le Mi Hazánk, Notre Patrie, le parti nationaliste de László Toroczkai, et le Fidesz-KDNP de l’ancien Premier ministre Viktor Orbán. Un gouvernement donc sans socialistes, sans communistes, sans écologistes. C’est bien une claque envoyée à l’Union Européenne.
Les trois partis sont parvenus à un consensus sur plusieurs points, et le plus important est le suivant :
« Pour la première fois dans l’histoire de la Hongrie, tous les députés devront prêter serment sur la Sainte Couronne de Hongrie. »
« La Sainte Couronne de Hongrie (Szent Korona) n’est pas qu’une simple couronne royale, explique le géopoliticien italien Maurizio Blondet. Elle est le symbole ultime de la nation hongroise depuis plus de 1 000 ans : elle a servi à couronner tous les rois de Hongrie. Elle représente la continuité historique, la souveraineté et l’identité de la Hongrie (et pas seulement de la république actuelle). Dans la tradition hongroise, la couronne est presque « sacrée » : elle incarne la Hongrie elle-même. »
Désormais, les députés hongrois devront prêter allégeance à la Sainte Couronne de Hongrie
Jusqu’à présent, les députés prêtaient serment sur la Constitution. Désormais, ils devront prêter allégeance à la Couronne. « Un geste ultra-traditionaliste et nationaliste, continue Blondet, qui envoie un message clair : « Retournons aux racines historiques de la Hongrie ; nous ne nous laisserons pas diluer par l’UE ni par le progressisme. »
Nous avons déjà évoqué les points portés par le programme de Magya. Ainsi, la gauche privée de représentants au Parlement de Budapest et l’UE ont célébré la victoire de Péter Magyar, alors que ce dernier veut une politique contraire aux désidératas de von der Leyen et de l’intelligentzia bruxelloise : levée des sanctions contre la Russie, blocage de l’élargissement de l’UE à l’Ukraine, à laquelle il refuse toute contribution financière. Blondet s’interroge :
« Péter Magyar est-il meilleur que Viktor Orbán ? Peut-être, mais apparemment pas comme l’espéraient beaucoup de ceux qui, hier encore, étaient sous le choc de la chute de celui qui a dirigé la Hongrie pendant seize ans. À la lecture des commentaires de ces dernières heures, on croirait entendre la fin d’un régime totalitaire à Budapest, mais la réalité est plus nuancée. Certes, je n’ai pas souvent le souvenir de dictateurs renversés par un simple vote : Ceaușescu, pour rester dans le cadre de notre discussion, a été renversé par un soulèvement populaire et exécuté aussitôt après, et il en a été de même pour Kadhafi.
« Au contraire, Orbán a perdu les élections et, comme c’est souvent le cas dans les démocraties, même pour ceux que l’Europe et la droite radicale détestent, il s’est retiré, reconnaissant sa défaite.
« L’ère post-Orbán pourrait être meilleure pour la Hongrie que l’ère Orbán. »
Francesca de Villasmundo
Cet article vous a plu ? MPI est une association à but non lucratif qui offre un service de réinformation gratuit et qui ne subsiste que par la générosité de ses lecteurs. Merci de votre soutien !





