L'évacuation de Rafah
L’évacuation de Rafah

L’armée israélienne renforce ses opérations à Rafah. Les bombes sont tombées avec plus d’intensité dans la zone, faisant de nouvelles victimes, les Palestiniens cherchant en masse refuge ailleurs. En parallèle, Netanyahu a envoyé une délégation au Caire pour poursuivre les négociations, pendant que le commandement militaire a établi un plan de guerre pour au moins un an supplémentaire.

Les opérations militaires de l’armée israélienne se poursuivent à Rafah. Malgré les avancées ces derniers jours vers un éventuel accord, négocié par l’Egypte et le Qatar, entre le Hamas et Israël, les forces de Tsahal sont entrées dans Rafah, la dernière ville de l’extrême sud de la bande de Gaza. Les intentions du gouvernement israélien sont claires : la volonté est de poursuivre le conflit sur le territoire palestinien sans aucune hésitation, trêve ou doute.

Le plan pour au moins une autre année de guerre est prêt

L’État juif a déjà déclaré, curieusement, que la guérilla du Hamas ne prendra pas fin avec l’opération (déjà tenue pour acquise) à Rafah mais que le commandement militaire a établi un plan de guerre pour au moins un an supplémentaire. « Nous ne tromperons pas le public. Même après avoir pris soin de Rafah, le terrorisme persistera. Le Hamas va se déplacer vers le nord et se réorganiser », tels sont les mots de Daniel Hagari, porte-parole de l’armée israélienne.

Des déclarations qui contredisent la tant vantée « guerre éclair contre le terrorisme » utilisée par Israël pour justifier l’une des interventions militaires les plus violentes de toute l’histoire du territoire, qui permet cependant au gouvernement en place (au bord de la chute et lié uniquement à la poursuite du conflit), de voir sa durée de vie prolongée.

La farce des négociations continue

Malgré ces développements, la farce des tentatives d’établissement d’un cessez-le-feu se poursuit. Les négociations au Caire ont repris, cette fois avec la présence supplémentaire d’une délégation israélienne qui s’assoira à la table avec l’Egypte, le Qatar et le Hamas. Dans tout cela, les États-Unis et l’Union européenne hésitent entre des voix dissonantes et aucun engagement politique réel.

L’invasion de Rafah et la reprise des négociations avec le Hamas au Caire sont deux mesures contradictoires. Selon Anshel Pfeffer dans Haaretz, l’envoi d’une délégation au Caire ne vise pas à parvenir à un accord avec le Hamas, mais parce que « le Premier ministre israélien a besoin pour gagner du temps ». En témoigne le fait qu’il s’agit d’une délégation discrète, dont la mission serait de trouver des failles dans la formule de trêve égyptienne acceptée par le Hamas, afin de donner à Netanyahu un « prétexte » pour la rejeter. Mais dans le même temps, poursuit Pfeffer, l’Égypte et les États-Unis sont déterminés à ne pas donner à Netanyahu un tel prétexte.

Pour le journaliste israélien, Netanyahu est confronté à un dilemme. D’un côté, une campagne à grande échelle contre Rafah risque de déclencher de plus grands conflits internes et de rompre drastiquement les relations avec les États-Unis, qui ont envoyé le 7 mai un signal fort à Israël en suspendant l’envoi de son aide militaire ; d’un autre côté, il ne veut pas rompre avec ses alliés et sa base, qui poussent à l’attaque contre Rafah et ne veulent pas d’accords avec le Hamas.

Ceci étant, selon Pfeffer, le Premier ministre israélien fera tout pour éviter d’être obligé de choisir entre l’Amérique et les ultra-orthodoxes et il faut s’attendre à ce que les négociations se prolongent ad libitum, « pendant que Netanyahu tente de retarder l’inévitable ».

Netanyahu veut gagner du temps en alimentant sa guerre sans fin

Cela dit, la décision d’attaquer Rafah n’a pas été indolore. En fait, cela a coupé le dernier cordon ombilical entre les Palestiniens et le monde extérieur, seule la frontière de Kerem Shalom restant ouverte, sous la stricte surveillance de Tsahal.

Et s’il est vrai qu’il ne s’agissait pas d’une manœuvre massive, les bombes sont tombées avec plus d’intensité dans la zone, faisant de nouvelles victimes, les Palestiniens cherchant en masse refuge ailleurs. Un autre exode, encore de la souffrance…

Une énième intervention du secrétaire général de l’ONU, Antonio Guterres, semble avoir été inutile, bien que celui-ci ait qualifié d’ « intolérables » les activités de l’exécutif dirigé par Netanyahu.

Netanyahu alimente ainsi sa guerre sans fin, qui lui permet de se maintenir au pouvoir et pourrait réussir à étouffer les protestations actuelles contre ce que certains qualifient de « génocide » palestinien, et si Tel Aviv était prise pour cible par des missiles, de raviver le récit récemment terni d’Israël comme une « victime perpétuelle »..

Le bilan des morts dans l’enclave depuis le 7 octobre a dépassé les 35 000, a indiqué le ministère de la Santé de Gaza. S’exprimant sur CBS, le secrétaire d’État américain Antony Blinken a bien été obligé d’admettre que les États-Unis pensaient qu’Israël avait tué plus de civils que les terroristes du Hamas pendant la guerre à Gaza. Et il a déclaré que le pays devait faire davantage pour atténuer le nombre de morts civiles. Des paroles pieuses mais sans effet pour l’instant pour contrer le rêve messianique du Grand Israël porté par des membres du gouvernement hébreux actuel…

Aussi, pas de trêve pour Gaza : Israël est prêt pour une autre année de guerre !

Francesca de Villasmundo

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