Les éditions Edilys ont publié plusieurs excellents ouvrages consacrés à un sujet qui reste méconnu : les Zouaves Pontificaux. Le livre que nous vous présentons aujourd’hui est une réédition augmentée. Il a été publié pour la première fois en 1860 sous la plume de l’abbé Julien Allard (1815-1887), chanoine de la cathédrale de Nantes. Sa réédition est augmentée d’une préface et de notes de Laurent Gruaz, docteur en histoire religieuse et chercheur au Laboratoire Historique Rhône-Alpes, auteur d’une thèse sur les officiers français des Zouaves Pontificaux.

Joseph-Louis Guérin, garçon enjoué d’aspect plutôt chétif, a quitté le grand séminaire de Nantes pour rejoindre l’Italie et répondre à l’appel de Pie IX à la neuvième croisade, comme des milliers de jeunes venus de toute la France, de Belgique et de nombreux autres pays d’Europe, ainsi que des Etats-Unis et du Canada.

Par ses origines, sa formation et son engagement, Guérin est fort représentatif du renouveau catholique de la première moitié du XIXème siècle. Il a grandi dans une foi profonde et des principes religieux stricts, et s’est engagé parmi les premiers pour rejoindre l’armée du pape, d’abord dans le Corps des Croisés de Cathelineau, avant d’être versé dans celui des Tirailleurs Franco-Belges qui, une fois licencié au 31 décembre 1860, devait former le noyau des Zouaves Pontificaux.

Cet ouvrage dépeint donc avec réalisme la vie de Joseph-Louis Guérin, né en 1838 et décédé le 30 octobre 1860 à l’hôpital d’Osimo, des suites d’une balle reçue en pleine poitrine à la bataille de Castelfidardo le 18 septembre 1860. Son corps, ramené en France, fut enterré à la maison de campagne du Grand Séminaire de Nantes. Le Pape Pie IX le qualifia de “jeune homme si courageux, qui a succombé vaillamment pour la défense des droits de l’Eglise Romaine“.

L’ouvrage de l’abbé Allard se referme sur deux chapitres richement détaillés évoquant pour l’un les obsèques de Guérin, pour l’autre l’immense ferveur populaire dont il jouit aussitôt après son inhumation. Une quarantaine de faits miraculeux ont été couchés sur le papier dans les années qui ont suivi sa mort, dans le cadre d’une enquête diocésaine de réputation de sainteté. Le procès en béatification du jeune thaumaturge ne s’est hélas jamais ouvert et l’enquête a peu à peu été abandonnée dans le contexte d’une France républicaine d’après-guerre de plus en plus laïque et de plus en plus éloignée des soldats du Pape et de leurs combats. Les Zouaves Pontificaux avaient été la “mauvaise conscience” du gouvernement français qui, en 1860, était peu enclin à la présence de compatriotes au sein d’un corps de volontaires catholiques. Ils sont ensuite devenus après la guerre de 1870 des anciens combattants encombrants avec les Volontaires de l’Ouest jugés trop catholiques pour la nouvelle République. La béatification d’un des leurs était alors jugée délicate. Cet ouvrage permet de rendre justice à ce héros.

Joseph-Louis Guérin, Séminariste, Zouave Pontifical, mort en odeur de sainteté, Julien Allard, éditions Edilys, 262 pages, 17 euros

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