Voici la présentation du dernier numéro de l’excellente revue Sel de la Terre. Comme à son habitude, l’analyse est rigoureuse, sans concession, sans langue de bois. A commander absolument !

Imposture, dictature, pourriture : bilan, en trois mots, de la laïcité française.

  • Imposture, car la laïcité s’est imposée par escroquerie. Présentée d’abord comme une pure neutralité, elle s’est révélée ensuite une véritable religion avec ses dogmes, sa morale, ses rites et sa hiérarchie cachée (maçonnique).
  • Dictature, car le mensonge ne lui a pas suffi. Pour s’imposer aux Français, il lui a fallu pas moins de quatre révolutions sanglantes, un génocide en Vendée, l’extermination de milliers de prêtres, le vol de tous les biens de l’Église, la fermeture de plus de 20 000 écoles catholiques, l’expulsion de plus de 60 000 religieux, et, bien sûr, l’établissement d’une école totalitaire (et ultra-coûteuse) qui vise explicitement à arracher les enfants à l’influence de leurs parents (sans compter l’épuration de l’administration, où les catholiques – majoritaires en France – furent régulièrement brimés tandis que les francs-maçons – ultra-minoritaires – étaient systématiquement promus).
  • Mais la laïcité est d’abord un produit de décomposition : une pourriture. C’est ce que développe le numéro 101 de la revue Le Sel de la terre, dans un article intitulé : « D’où vient cette religion sans nom ?».

D’où vient-elle ? Du protestantisme. C’est un constat historique : les premiers champions de la laïcité étaient protestants. C’est aussi parfaitement logique : arrachés au tronc de l’Église, les protestants n’avaient plus qu’un christianisme sans sève, qui devait se décomposer. Le processus fut identique en Allemagne (luthérienne), en Angleterre (anglicane) et en France (calviniste) :

  1. — Le protestantisme se vide d’abord de tous les mystères surnaturels révélés par Jésus-Christ (la vie de la grâce, la sainte eucharistie, la sainte Trinité), pour se réduire à un vague déisme.
  2. — Emporté par son élan, il dégénère en un panthéisme humanitaire encore plus vague. Dieu n’est plus que l’univers, qui acquiert une conscience en l’homme.
  3. — C’est enfin la révolte ouverte contre la loi naturelle. Car pour être Dieu – tout puissant –, l’homme doit s’affranchir de toute loi qui ne vient pas de lui-même (y compris le plus élémentaire : Tu ne tueras pas, ou la plus évidente distinction des sexes). On aboutit au programme maçonnique, qui renouvelle la tentation satanique : Vous serez comme des dieux !

Les étapes sont très nettes. En France, le protestant Ferdinand Buisson invente le terme « laïcité » pour désigner cette nouvelle religion. Sans crainte de se contredire, il la présente tantôt comme une pure neutralité, tantôt comme le vrai christianisme. En réalité, c’est une inversion de l’Évangile. Alors que Jésus vient appeler l’homme à la vie divine en lui proposant le secours de Dieu, la religion laïque veut, au contraire, que l’homme conquière la divinité tout seul, en se révoltant contre son Créateur. On peut tout de suite poser la question : entre ces deux projets, lequel est chimérique et irrationnel ?

Bien sûr, la laïcité croit avoir triomphé. Les Français, qui avaient su résister vigoureusement au lutherrorisme du 16e siècle (notamment grâce à la famille de Lorraine), se sont laissé conquérir et dominer par son rejeton laïc. Mais ce triomphe est-il durable ? Tout indique que non, car la laïcité n’a que la vie d’un parasite. Elle s’est nourrie, depuis un siècle, de l’héritage chrétien qu’elle a su capter. Mais après avoir dilapidé les richesses spirituelles et morales accumulées par un millénaire de chrétienté, elle se fane sous nos yeux et ne produit plus que des fruits de mort. Ses partisans s’affolent. Ils rééditent le Dictionnaire de pédagogie de Ferdinand Buisson. Dans L’Obs du 31 août, Pierre Nora et Philippe Meirieu vantent ce très sectaire anti-catholique comme un modèle de « tolérance » [1]. Mais ils ne peuvent cacher l’échec actuel de l’école laïque.

Dès le début, les catholiques virent clair. Le chanoine Gaudeau, le père Emonet ou le publiciste Gaétan Bernoville démontèrent avec brio les mensonges et les sophismes de Ferdinand Buisson. On relit leurs textes avec plaisir, à la fin de l’article. L’école totalitaire de Jules Ferry, qui n’avait rien à répondre, fit la sourde oreille. Mais cela ne pourra durer indéfiniment. Comme toutes les impostures, la laïcité finira par s’écrouler.

(Pour les autres articles proposés par ce numéro, voir le sommaire).

Le Sel de la terre (revue des dominicains d’Avrillé) Couvent de la Haye-aux-Bonhommes, 49240 Avrillé — Ce numéro : 15 €. — Abonnement annuel (4 numéros) : 48 €. — http://www.dominicainsavrille.fr/le-sel-de-la-terre-n101/

[1] — Pierre Nora ose affirmer que la laïcité de Ferdinand Buisson était « tolérante » : merci pour les milliers de religieux contraints à l’exil ! Selon le même Nora, il s’agissait « d’arracher les petits Français à l’inculture du monde paysan et à l’emprise de l’Église ». Comme si Ferdinand Buisson avait inventé les écoles de village et comme si l’Église était une force maléfique contre qui tout est permis… A quand la repentance de la République pour ses persécutions anti-catholiques ?

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