Sachez que c’est le Seigneur qui est Dieu ;
c’est lui qui nous a faits, et non pas nous-mêmes.

Ps 99, 3

Les ennemis de notre âme sont toujours les mêmes, et les pièges qu’ils nous tendent sont toujours les mêmes. Le monde, avec ses séductions ; la chair, corrompue par le péché originel et encline au mal ; et le diable, l’éternel ennemi de notre salut qui utilise la chair pour nous assiéger. Deux ennemis extérieurs et un intérieur, toujours prêts à nous faire tomber dans un moment de distraction, de faiblesse. Ces ennemis spirituels accompagnent chacun de nous de l’enfance à la vieillesse, et toute l’humanité à travers les générations et les âges.

Les alliés sur lesquels nous pouvons compter pour vaincre le monde, la chair et le diable sont la grâce de Dieu, la réception fréquente des sacrements, l’exercice des vertus, la prière, la pénitence, la considération des Fins dernières, la méditation sur la Passion du Seigneur et vivre en sa présence.

En cette époque rebelle et déchristianisée, où la société non seulement ne nous aide pas dans la poursuite de notre but ultime mais fait tout pour nous en éloigner, l’autorité civile nous fait suivre le monde, satisfaire les désirs de la chair, et servir l’ennemi de la race humaine. C’est une autorité pervertie et perverse, qui a manqué à son devoir de régir et de gouverner le corps social afin de conduire les individus au salut éternel. Au contraire, elle nie le salut éternel, rejette l’Auteur divin et adore l’Adversaire.

Il n’est donc pas étonnant que cette modernité apostate, dans laquelle l’action illégale est la norme, et le vice est offert en exemple à imiter, veuille annuler toute trace de Dieu et du Bien dans la société et dans les individus, faisant un pacte infernal avec le monde, la chair et le diable. C’est ce que nous voyons se produire dans la promotion effrontée de la sodomie, la perversion du vice sous toutes ses formes les plus abjectes, et dans la dérision, la délégitimation et la condamnation de la pureté, de la droiture et de la vertu.

Mais si aujourd’hui notre combat quotidien contre nos ennemis doit aussi inclure un effort titanesque pour lutter aussi contre l’État, que nous devrions pouvoir considérer comme notre ami mais qui travaille au contraire à nous corrompre dès le plus jeune âge, c’est douloureux et tragique de voir d’autres traîtres et mercenaires se joindre à ce siège : de mauvais pasteurs qui abusent de l’autorité sacrée qu’ils ont reçue de Notre-Seigneur pour nous pousser vers la damnation, pour nous convaincre que ce qui jusqu’à hier était considéré comme un péché et indigne de ceux qui ont été rachetés par le Sang du Christ est maintenant devenu licite et bon.

L’esprit mondain, l’asservissement à la concupiscence, et – ce qui est encore plus grave – le refus de lutter contre le Malin, ont infecté une grande partie de la Hiérarchie de l’Église catholique, jusqu’à ses plus hauts niveaux, en la faisant ennemi de Dieu, de Sa Loi, et de nos âmes. Comme cela s’est produit avec l’autorité civile, de même l’autorité religieuse a abdiqué son rôle propre, reniant le but même pour lequel elle a été voulue par la Divine Providence. La nouveauté de cette perversion de l’autorité, qui annonce le choc d’époque de la Fin des Temps, réside précisément dans la corruption des pasteurs et dans le fait que les fidèles, comme un troupeau sans chef, se retrouvent à devoir héroïquement résister à un assaut contre la Citadelle sur plusieurs fronts, dans lequel ils ont été abandonnés par leurs chefs, qui ouvrent les portes et permettent aux hordes ennemies d’entrer afin de nous exterminer.

La discussion sur le projet de loi Zan, l’imposition de l’idéologie LGBTQ et l’endoctrinement de la théorie du genre en Italie suit un plan ciblé organisé au niveau mondial, qui dans de nombreux pays a déjà été mené à son terme. Des nations – où, même après deux siècles de révolutions, l’empreinte du catholicisme avait survécu dans le tissu social – sont maintenant devenues complètement païennes. Des drapeaux arc-en-ciel flottent non seulement sur la façade des institutions publiques, mais même sur les façades des cathédrales, les balcons des résidences épiscopales et même à l’intérieur des églises.

Ces derniers temps — il y a même seulement trente ans — certains disaient que pour soutenir une minorité de personnes trompées par le vice et les défendre contre les discriminations, l’État devait intervenir avec des formes de protection et des garanties de leur liberté. Avec le recul, c’était une déclaration déraisonnable et illogique, car la liberté de la personne humaine consiste dans l’adhésion de la volonté au bien auquel sa nature est ordonnée et dans la poursuite de son but matériel et surnaturel. Mais dans la grande déception avec laquelle le diable a toujours essayé d’attirer l’homme, ce prétexte apparent en a séduit beaucoup. Il semblait qu’il fallait du courage pour revendiquer le droit au vice et au péché contre la cruelle dureté d’une «majorité respectable» encore attachée aux préceptes de la Religion. La fierté d’être divers dans un monde d’égaux a été revendiquée, et celle d’avoir droit à un espace pour le vice dans un «monde vertueux».

Dans ces années, l’Église élevait encore – peut-être avec moins de conviction mais toujours fidèle à son mandat divin – la voix du Magistère immuable pour condamner la légitimation de comportements intrinsèquement désordonnés. Attentive au salut éternel des âmes, elle a vu quels désastres allaient s’abattre sur la société avec l’approbation de modes de vie totalement antithétiques à la Loi naturelle, aux Commandements et à l’Évangile. Les pasteurs savaient être de courageux défenseurs du Bien, et les Papes n’avaient pas peur de devenir l’objet d’attaques indécentes de ceux qui voyaient en eux le katechon qui empêchait la corruption définitive du monde et l’instauration du règne de l’Antéchrist.

Aujourd’hui, cette bataille héroïque – dont nous avons appris qu’elle est déjà affaiblie par une vaste corruption interne des évêques et des prêtres – semble n’avoir plus de sens, tout comme l’enseignement de l’Écriture Sainte, des Pères de l’Église et des Pontifes romains ne semblent plus avoir de sens. Celui qui siège à Rome est entouré de personnes immorales qui font des clins d’œil aux mouvements LGBTQ et qui simulent hypocritement un accueil et une inclusivité qui trahissent le camp qu’ils ont choisi ainsi que leurs tendances pécheresses. Il n’y a plus de courage ; il n’y a plus de fidélité au Christ ; et cela va jusqu’à insinuer que, si Bergoglio a pu changer la doctrine sur la peine capitale — chose inouïe et absolument impossible — il pourra certainement aussi rendre la sodomie licite au nom d’une charité qui n’a rien de catholique à ce sujet et qui répugne à la Révélation divine.

Les processions blasphématoires qui défilent dans les rues des capitales du monde, et qui ont atteint le point de blasphémer et de railler méchamment le Sacrifice de Notre-Seigneur dans la Ville Sainte consacrée par le sang des Apôtres Pierre et Paul, sont accueillies par les mercenaires de la secte conciliaire, qui se tait devant les bénédictions sacrilèges des couples homosexuels mais condamne comme «rigides» ceux qui veulent rester fidèles à l’enseignement du Sauveur. Et tandis que les bons évêques et prêtres sont quotidiennement confrontés à la démolition qui vient d’en haut, nous voyons publiés les paroles enchanteresses et séduisantes écrites par Bergoglio à James Martin, SJ, à l’appui d’une idéologie pervertie et perverse qui offense la Majesté de Dieu et humilie la mission de l’Église et l’autorité sacrée du Vicaire du Christ.

En tant que Successeur des Apôtres et Maître de la Foi, dans un esprit de véritable communion avec le Siège du Très Saint Pierre et avec la Sainte Église de Dieu, je leur adresse un sévère avertissement, rappelant que leur autorité vient de Jésus-Christ , et qu’elle n’a de force et de valeur que si elle reste orientée vers la fin pour laquelle Il l’a constituée. Que ces pasteurs considèrent les scandales qu’ils causent aux fidèles et aux simples, et les blessures qu’ils infligent au corps ecclésial tourmenté — scandales et blessures dont ils auront à répondre devant la Justice divine au jour de leur Jugement particulier et aussi devant toute la race humaine au jour du Jugement Universel.

J’exhorte les nombreux fidèles scandalisés et déconcertés par l’apostasie des pasteurs à multiplier leurs prières avec un esprit surnaturel de prière et de pénitence, implorant le Seigneur qu’il daigne convertir les mercenaires, les ramenant à lui et à la fidélité à son enseignement divin.

Prions la Très Pure Mère, la Vierge des Vierges, d’inspirer des sentiments de repentance aux ministres qui ont été corrompus par le péché et l’impureté, afin qu’ils puissent considérer l’horreur de leurs péchés et les terribles douleurs qui les attendent : puissent-ils se réfugier dans les Très Saintes Plaies du Christ et être purifiés par le Sang de l’Agneau.

À nos frères séduits par le monde, la chair et le diable, j’adresse un appel sincère, afin qu’ils comprennent qu’il n’y a pas de fierté à offenser Dieu, à contribuer sciemment aux tourments de sa Passion, à pervertir sa propre nature et en refusant méchamment le salut qu’il a obtenu de son Père par sa mort sur le bois de la croix. Faites de vos faiblesses une occasion de sainteté, un motif de conversion, une occasion de faire resplendir la grandeur de Dieu dans votre vie. Ne vous laissez pas tromper par un Ennemi qui semble aujourd’hui se livrer à vos vices avec la seule intention de voler vos âmes et de vous damner pour l’éternité. Soyez fiers, vraiment fiers : non de l’asservissement au péché et à la perversion, mais d’avoir su résister aux séductions de la chair par amour de Jésus-Christ. Pensez à votre âme immortelle, pour laquelle le Seigneur n’a pas hésité à souffrir et à mourir. Priez! Priez la Très Sainte Marie, pour qu’elle intercède auprès de son Divin Fils, en vous donnant la grâce de résister, de combattre et de vaincre. Offrez vos souffrances, vos sacrifices et votre jeûne au Seigneur afin d’obtenir cette libération du Mal que le Séducteur veut vous ravir par la tromperie. Ce sera votre vraie fierté, et la nôtre aussi.

+ Carlo Maria Viganò, archevêque
Le 29 juin 2021
Solennité des saints apôtres Pierre et Paul

Source : Catholic Family News du 30 juin 2021

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Avez-vous lu les 4 évangiles ? Dans leur intégralité ?

Non, certainement. Beaucoup de chrétiens n’en connaissent malheureusement que de courts extraits lus à la messe.

Si vous en connaissiez le trésor, vous ne perdriez pas une minute. Ce livre ne peut-être plus beau, ce sont tous les détails de la vie de NSJC racontés par les 4 évangélistes.

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