L’aspect anticatholique de la Révolution française était inscrit dans la génétique révolutionnaire. Il est de bon ton aujourd’hui de se pâmer devant la Déclaration des droits de l’homme de 1789 et de se lamenter sur la Constitution civile du clergé de 1790. A la vérité, la seconde était déjà annoncée dans la première : dès lors que l’article 3 de la Déclaration avait posé le principe que nul corps, nul individu ne peut exercer d’autorité qui n’émane expressément de la nation souveraine, il fallait s’attendre à ce que la légitimité nationale se substituât un jour à la légitimité ecclésiale. Aux naïfs qui ne savaient pas lire, Barnave qui, lui, avait de la suite dans les idées, n’eut aucune peine à démontrer que “le clergé existe par la nation; la nation pourrait le détruire“. Et Mirabeau d’expliquer : “Le service des autels est une fonction publique; la religion appartenant à tous, il faut par cela seul que ses ministres soient à la solde de la nation, comme le magistrat qui juge au nom de la loi, comme le soldat qui défend au nom de tous les propriétés communes…“.

Ce livre, constitué d’actes d’un colloque organisé par l’Association des Juristes catholiques poitevins, démontre avec brio qu’on ne peut rejeter 1793 et sa Terreur sans rejeter 1789 et sa Déclaration des droits de l’homme.

La chronologie des faits ne laisse place à aucun doute à ce sujet : la suspension des vœux monastiques et la confiscation des biens ecclésiastiques datent de l’automne 1789, la Constitution civile du clergé et le serment civique datent de 1790, le nouveau serment date de 1791, la suppression de toutes les congrégations, enseignantes et hospitalières comprises, la déportation des prêtres réfractaires et les massacres de septembre 1792 viennent compléter l’édifice. Le reste est la conséquence de cette logique révolutionnaire. Laïcisation du calendrier et des cimetières, fermeture et profanation des lieux de culte, déportation des prêtres jureurs et adoration de la Déesse Raison à Notre-Dame en 1793. Exécution des carmélites de Compiègne et colonnes infernales en 1794.

L’Eglise à l’épreuve de la Révolution, Actes de l’Association des Juristes catholiques poitevins, éditions Téqui, 115 pages, 10,60 euros

A commander en ligne sur le site de l’éditeur

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4 commentaires

  1. cadoudal says:

    La Révolution veut “tuer Dieu”, anéantir l ‘ordre naturel et surnaturel fondé par l’ Eglise, au moyen de Surhommes républicains.

    triste de voir que le pape actuel est du côté de la Révolution, de l ‘Islam, de Luther, de Sodome…

    c’est la fin.

  2. cadoudal says:

    il faut l ‘intervention des Légions du Ciel pour arrêter la chute

    • Le pape n’est pas l’Église, et la papauté de François se terminera tôt ou tard. Courage, il y a toujours la messe dite et chantée par quantité de braves prêtres, une messe qu’il n’arrivera pas à supprimer.