La crise des opiacés a coûté 504 milliards de dollars aux États-Unis en 2015 » a titré le quotidien économique Les Echos. Par comparaison le budget prévisionnel 2019 de la France est de 390 milliards (pour les dépenses). Rien que cela montre à quel point notre économie est bien peu de chose par rapport à celui de l’Amérique. De quoi s’agit-il ?

Il y a bien sûr l’usage des dérivés de l’opium qui arrivent par la contrebande comme l’héroïne, la morphine, le crack etc ; mais aussi ceux qui sont produits et traités par les laboratoires pharmaceutiques (Skénan, Moscontin, Fentanyl, Temgésic, Subutex). Ils sont dits « forts » Cependant le problème majeur des Américains, du Canada et de moindre intensité en France, est celui des opioïdes faibles en vente libre. Ce sont des dérivés de l’opium ajouté à d’autres produits dans des buts divers. La codéine est incorporée dans des sirops ou des comprimés pour la toux ; le Tramadol est un antalgique pur ; l’Imodium (lopéramide) est très efficace dans les diarrhées. Le dextropropoxyphène (Di-Antalvic ) a été retiré de la vente en France. L’abus de ces produits pharmaceutiques entraîne trois morts par jour en France.

Le désastre existant en Amérique est en train de se propager en France. Jérôme Powel qui dirige la Fed (la banque centrale de l’Amérique) a mis en garde solennellement la Commission des finances du Congrès américain. « Un nombre de personnes extraordinaire prennent des opioïdes sous une forme ou une autre ». Cela pèse sur le marché du travail de manière considérable. Facile à comprendre : quand un Américain est plus ou moins drogué, il travaille mal ou pas du tout. Cela coûte 2,8 % du budget, les 504 millions de dollars cités plus haut. Mais il y a aussi un très grave problème de santé : ce sont plus de 130 morts par jour… un enjeu national majeur. Sont cités le Fentanyl, 50 fois plus puissant que la morphine et l’Oxycontin. Le producteur de ce produit fait face à 1600 procès pour avoir mal rédigé la notice d’utilisation.

Enfin il y a le cannabis qui a été légalisé par des irresponsables dans quelques États d’Amérique et plus ou moins partiellement dans certains pays. Des chercheurs Danilo A. Nader et Zila M. Sanchez ont publié dans le The American journal of drug and alcohol abuse 2018, une synthèse de 58 études sur le sujet. « Il semble que l’usage régulier du cannabis est associé à des changements cognitifs modérés en plus d’altérations structurelles et fonctionnelles du cerveau chez les adultes ». En clair l’usage régulier du cannabis détruit le cerveau. Faire comprendre cela à des députés Français est un travail quasiment impossible ; en effet ces élus règlent les « problèmes sociétaux » de manière idéologique, sans tenir compte des conséquences qu’ils entraînent sur le plan médico-social  et démographique. On le voit avec l’avortement, la PMA, le cannabis, les salles de shoot. À chaque fois, la France s’enfonce un peu plus.

Jean-Pierre Dickès

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2 commentaires

  1. Mon frère qui vit en Suisse, est tétraplégique. Il a une consommation importante d’opiacés à causes de douleurs dans le dos (comme il est toujours assis ou couché).
    Son caractère est devenu très instable voire bipolaire, totalement ingérable, il en vient même à menacer de mort des gens de sa famille.
    Il est conscient du problème mais son médecin augmente régulièrement les doses…

    • Maria says:

      Chère Anne, avec toute ma sympathie dans votre combat, je vous suggère de chercher un meilleur médecin. Cordialement