De la férie : messe du mardi de la 2ème semaine de Carême

Sanctoral 

Les saints Quarante Martyrs

Vers l’an 320, sous l’empereur Licinius et le gouverneur Agricola, à Sébaste en Arménie, quarante soldats firent briller d’un vif éclat leur foi en Jésus-Christ et leur courage à souffrir les tourments. Après qu’on les eut jetés à diverses reprises dans une affreuse prison, chargés de chaînes, et qu’on leur eut brisé les mâchoires à coups de pierres, on leur fit passer la nuit sur un étang glacé, nus, exposés à la rigueur de l’air dans le temps le plus rigoureux de l’hiver afin qu’ils mourussent de froid. Or, une même prière était celle de tous : « Seigneur, disaient-ils, nous sommes entrés quarante dans la lice ; accordez-nous d’être aussi quarante à recevoir la couronne, et qu’il n’en manque pas un à ce nombre. Il est en honneur, ce nombre que vous avez consacré par un jeûne de quarante jours, ce nombre par le moyen duquel la loi divine fut donnée au monde ; et c’est aussi en cherchant Dieu par un jeûne de quarante jours qu’Élie a obtenu de le voir. » Telle était leur prière. Un des gardiens veillait, alors que les autres s’étaient abandonnés au sommeil ; pendant que les Martyrs priaient, il aperçut une lumière qui les environnait et des Anges qui descendaient du ciel pour donner des couronnes à trente-neuf soldats, comme de la part de leur roi. A cette vue, il se dit en lui-même : Ils sont quarante, où donc est la couronne du quarantième ? Tandis qu’il avait cette pensée, un d’entre eux manquant de courage pour supporter le froid, se jeta dans un bain d’eau tiède qui était proche, et affligea profondément les saints par sa désertion. Mais Dieu ne permit pas que leurs prières demeurassent sans effet, car le gardien émerveillé de ce qu’il venait de voir, réveilla aussitôt ses compagnons, puis, ayant ôté ses vêtements et publié à haute voix qu’il était chrétien, il alla se joindre aux Martyrs. Quand les satellites du gouverneur eurent appris que ce gardien était chrétien, ils leur brisèrent à tous les jambes à coups de bâtons. Tous moururent dans ce supplice, excepté le plus jeune, nommé Mélithon. Sa mère qui était présente, le voyant encore en vie, bien qu’il eût les jambes rompues, l’exhorta en ces termes : « Mon fils, souffre encore un peu, voici que le Christ se tient à la porte, t’aidant de son secours ». Lorsqu’elle vit qu’on chargeait sur des chariots les corps des autres Martyrs pour les jeter dans un bûcher et qu’on laissait le corps de son fils, parce que cette troupe impie espérait amener l’adolescent au culte des idoles, s’il survivait, cette sainte mère, l’ayant pris sur ses épaules, suivit les chariots qui portaient les corps des Martyrs. Mélithon rendit son âme à Dieu dans les embrassements de sa pieuse mère, et elle plaça son corps sur le même bûcher qui devait consumer les restes des autres Martyrs : en sorte que ceux qui avaient été si étroitement unis par la foi et le courage le furent encore après la mort dans les mêmes funérailles, et parvinrent au ciel tous ensemble. Leurs corps étant brûlés, on jeta leurs ossements dans une rivière, mais on retrouva ces reliques conservées et entières, dans un même lieu où elles s’étaient miraculeusement réunies, et on les ensevelit avec honneur. Ils furent donc unis dans la mort comme dans la vie, et leurs âmes entrèrent en même temps au ciel. « Qu’il est doux pour des frères d’habiter ensemble! ». La Communion, qui fait allusion à cette charité fraternelle, est la même que celle des sept saints martyrs fêtés avec leur mère le 10 juillet. Jusque dans la légende, on voit la grande idée que les chrétiens se faisaient du martyre, et de la fraternité chrétienne, dans la fidélité au Christ.

Les 40 martyrs de Sébaste, chantés par saint Basile et par saint Grégoire de Nysse, obtinrent, dès le haut moyen âge, une grande célébrité même en Occident, et leur mémoire pénétra dans le Missel romain grâce aux diverses églises médiévales que leur dédia la Ville éternelle. Ainsi au XIIe siècle, Callixte II leur érigea un petit oratoire au pied du Janicule, non loin du titre transtévérin de Callixte. Une autre église sous leur vocable s’élevait près de l’antique Camp Prétorien, et elle est mentionnée à l’époque d’Innocent IV. Plus près du centre de la Ville, sur la voie papale, s’élevait le temple Sanctorum Quadraginta de calcarariis, consacré aujourd’hui aux stigmates de saint François ; et enfin, à proximité de l’amphithéâtre Flavien, se trouvait le temple Sanctorum Quadraginta, titre cardinalice aujourd’hui détruit.

Martyrologe

Les saints Quarante martyrs, dont l’anniversaire est rappelé le jour précédent.

A Apamée, en Phrygie, l’anniversaire des saints martyrs Caïus et Alexandre. Suivant ce qu’a écrit Apollinaire, évêque d’Hiérapolis, dans son livre contre les hérétiques Cataphrygiens; ils reçurent la glorieuse couronne du martyre durant la persécution de Marc Antonin et de Lucius Verus.

En Perse, la passion de quarante deux saints martyrs.

A Corinthe, les saints martyrs Codrat, Denis, Cyprien, Anect, Paul et Crescent. Ils furent frappés par le glaive, pendant la persécution de Dèce et de Valérien, sous le préfet Jason.

En Afrique, saint Victor martyr, en la fête duquel saint Augustin donna un sermon au peuple.

A Rome, saint Simplice, pape et confesseur. A Jérusalem, saint Macaire, évêque et confesseur. C’est à son instigation que les Lieux Saints furent purifiés et enrichis de saintes basiliques par Constantin le Grand et la bienheureuse Hélène, sa mère.

A Paris, la mise au tombeau de saint Droctovée abbé, disciple du bienheureux évêque Germain.

Au monastère de Bobbio, saint Attale abbé, célèbre par ses miracles.

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