Faisant suite à l’article paru sur MPI concernant la “Déclaration sur les vérités concernant les erreurs les plus communes dans la vie de l´Église de notre temps” écrite par le cardinal Raymond Burke, le cardinal Janis Pujats, Mgr Tomash Peta, Mgr Jan Pawel Lenga et Mgr Athanasius Schneider, voici une note explicative des signataires publiée sur le blog de la journaliste Jeanne Smits :

Note explicative à propos de la “Déclaration sur les vérités concernant les erreurs les plus communesdans la vie de l´Église de notre temps”

De nos jours l’Église vit une des plus graves épidémies spirituelles qu’Elle ait eues à subir, c’est à dire une confusion et une désorientation doctrinale presque universellement répandues. Ce fait représente un danger sérieux et contagieux pour la santé spirituelle et pour le salut éternel de beaucoup d’âmes. Dans le même temps nous devons constater une vaste léthargie dans l’exercice du Magistère à différents niveaux de la hiérarchie de l’Église. Ceci est dû en grande partie à la non-observation du devoir Apostolique, tel qu’il a également été réaffirmé par le Concile Vatican II, c’est-à-dire d’être “attentifs à écarter toutes les erreurs qui menacent leur troupeau” (Lumen gentium, 25).

Notre époque se caractérisé par une faim spirituelle aiguë chez les fidèles catholiques du monde entier, la faim d’une réaffirmation de vérités obscurcies, sapées et niées par les erreurs les plus dangereuses de notre temps. Les fidèles qui souffrent d’une telle faim spirituelle se sentent abandonnés dans une sorte de périphérie existentielle. Une telle situation exige d’urgence un remède concret. Par conséquent, une déclaration publique sur les vérités relatives à ces erreurs ne peut pas permettre d’attendre plus longtemps. Il faut rappeler les paroles intemporelles du pape saint Grégoire le Grand : « Que nous ne laissions pas notre langue s’engourdir, lorsqu’il faut vous exhorter, et qu’après avoir accepté la charge de la prédication, nous ne soyons pas condamnés auprès du juste Juge par notre silence. (…) Ceux qui nous sont confiés abandonnent Dieu, et nous nous taisons. Ils gisent dans leur dépravation, et nous ne leur tendons pas la main en les corrigeant. » (In Ev. hom. 17, 3. 14)

Nous sommes conscients de notre grave responsabilité d’évêques catholiques selon l´admonition de saint Paul, quand il enseigne que Dieu a donné à son Église « les uns comme apôtres, les autres comme prophètes, les autres comme évangélistes, les autres comme pasteurs et docteurs, pour le perfectionnement des saints en vue de l’œuvre du ministère et de l’édification du corps du Christ, jusqu’à ce que nous soyons tous parvenus à l’unité de la foi et de la connaissance du Fils de Dieu, à l’état d’homme fait, à la mesure de la stature parfaite du Christ, afin que nous ne soyons plus des enfants, flottants et emportés à tout vent de doctrine, par la tromperie des hommes, par leur ruse dans les moyens de séduction, mais que, professant la vérité dans la charité, nous croissions à tous égards en celui qui est le chef, le Christ. C’est de Lui, et grâce à tous les liens de Son assistance, que tout le corps, bien coordonné et formant un solide assemblage, tire son accroissement selon la force qui convient à chacune de ses parties, et s’édifie lui-même dans la charité » (Eph. 4, 11-16).

Dans un esprit de charité fraternelle, nous publions cette Déclaration sur les vérités comme une aide spirituelle concrète, de sorte que des évêques, des prêtres, des paroisses, des couvents religieux, des associations de fidèles laïques et des particuliers puissent avoir l’opportunité de confesser, en privé comme en public, ces vérités qui, de nos jours, sont les plus niées ou défigurées. L’exhortation suivante de l´apôtre Paul doit être adressée aussi à chaque évêque et fidèle laïque de notre époque : « « Combats le bon combat de la foi, saisis la vie éternelle, à laquelle tu as été appelé, et pour laquelle tu as fait une belle confession en présence d’un grand nombre de témoins. Je te recommande, devant Dieu qui donne la vie à toutes choses, et devant Jésus-Christ, qui fit une belle confession devant Ponce Pilate, de garder le commandement, et de vivre sans tache, sans reproche, jusqu’à l’apparition de notre Seigneur Jésus Christ. » (1 Tm. 6, 12-14)

Aux yeux du divin juge et en sa propre conscience, chaque évêque, prêtre et fidèle laïc a le devoir moral de témoigner d’une manière non équivoque de ces vérités. Des actes publics et privés, qui déclarent ces vérités, pourront être à l’origine d’un mouvement de confession de la vérité, de défense et de réparation pour les péchés contre la Foi, pour les péchés d’apostasie – cachée ou affichée – de la Foi catholique de la part d’un nombre non négligeable tant du clergé que des fidèles laïques. Il faut cependant considérer qu’un tel mouvement ne doit pas être une question de nombre, mais de vérité, comme l’a formulé saint Grégoire de Nazianze au milieu de la confusion doctrinale générale créée par la crise arienne, en disant que Dieu ne trouve pas plaisir dans les nombres (cf. Or. 42, 7).

En portant témoignage de l’immuable Foi catholique, le clergé et les fidèles se rappelleront cette vérité : « la collectivité des fidèles, ayant l’onction qui vient de celui qui est Saint (cf. 1 Jn 2, 20.27), ne peut se tromper dans la foi ; ce don particulier qu’elle possède, elle le manifeste moyennant le sens surnaturel de foi qui est celui du peuple tout entier lorsque, des évêques jusqu’aux derniers des fidèles laïcs, elle apporte aux vérités concernant la foi et les mœurs un consentement universel » (Lumen gentium, 12).

Que les Saints et les grands évêques qui ont vécu aux époques de crises doctrinales intercèdent pour nous et nous guident par leurs paroles, comme par exemple saint Augustin qui s’était adressé de cette manière au pape saint Boniface I : « Puisque la vigilance pastorale est commune à nous tous qui exerçons le ministère épiscopal, bien que tu en aies la primauté en raison du siège le plus haut, je fais ce que je peux, selon la petitesse de ma charge et selon ce que le Seigneur daigne me donner avec l’aide de tes prières. » (Contra ep. Pel. I, 2).

Une voix commune des Pasteurs et des fidèles, dans une déclaration précise des vérités, sera sans aucun doute un moyen efficace d’aide fraternelle et filiale pour le Souverain Pontife dans la situation extraordinaire actuelle de confusion doctrinale générale et de la désorientation dans la vie de l’Église de nos jours.

Nous faisons cette déclaration publique dans un esprit de charité chrétienne, qui se manifeste par le souci de la santé spirituelle tant des Pasteurs que des fidèles, c’est-à-dire de tous les membres du corps du Christ, qui est l’Église, en rappelant les paroles suivantes de saint Paul dans sa première lettre aux Corinthiens : « Afin qu’il n’y ait pas de division dans le corps, mais que les membres aient également soin les uns des autres. Et si un membre souffre, tous les membres souffrent avec lui ; si un membre est honoré, tous les membres se réjouissent avec lui. Vous êtes le corps du Christ, et vous êtes ses membres, chacun pour sa part. » (1 Cor. 12, 25-27), et dans la lettre aux Romains : « Car, comme nous avons plusieurs membres dans un seul corps, et que tous les membres n’ont pas la même fonction, ainsi, nous qui sommes plusieurs, nous formons un seul corps dans le Christ, et nous sommes tous membres les uns des autres. Puisque nous avons des dons différents, selon la grâce qui nous a été accordée, que celui qui a le don de prophétie l’exerce selon l’analogie de la foi ; que celui qui est appelé au ministère s’attache à son ministère ; que celui qui enseigne s’attache à son enseignement, et celui qui exhorte à l’exhortation. Que celui qui donne le fasse avec libéralité ; que celui qui préside le fasse avec zèle ; que celui qui pratique la miséricorde le fasse avec joie. Que la charité soit sans hypocrisie. Ayez le mal en horreur ; attachez-vous fortement au bien. Par amour fraternel, soyez pleins d’affection les uns pour les autres ; par honneur, usez de prévenances réciproques. Ayez du zèle, et non de la paresse. Soyez fervents d’esprit. Servez le Seigneur. » (Rom 12, 4-11).

Les cardinaux et évêques signataires de cette Déclaration sur les vérités la confient au Cœur Immaculé de la Mère de Dieu sous l’invocation « Salus populi Romani », vu la signification spirituelle privilégiée que cette image a pour l’Église Romaine. Puisse l’Église catholique tout entière sous la protection de la Vierge Immaculée et Mère de Dieu, « combattre de manière intrépide le bon combat de la Foi, persévérer fermement dans l’enseignement des Apôtres et avancer sûrement au milieu des tempêtes du monde, jusqu’à parvenir à la cité céleste » (Préface de la Sainte Messe en l’honneur de la Bienheureuse Vierge Marie « Salut du peuple Romain »).

31 mai 2019

Cardinal Raymond Leo Burke, Patron de l´Ordre Souverain et Militaire de Malta

Cardinal Janis Pujats, Archevêque émérite de Riga

Tomash Peta, Archevêque de l´archidiocèse de Sainte Marie en Astana

Jan Pawel Lenga, Archevêque-Évêque émérite de Karaganda

Athanasius Schneider, Évêque Auxiliaire de l´archidiocèse de Sainte Marie en Astana”

Francesca de Villasmundo

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