L’université d’été de Civitas fut l’occasion pour son président Alain Escada de répondre aux questions de divers journalistes. Parmi tout ce qui a été publié, un entretien paru dans La Nouvelle République vaut le détour. Extraits :

LNR – Civitas se présente comme le parti du « pays réel » par opposition au « pays légal »… Vous reprenez là une expression fétiche de la droite nationaliste française.
AE – « L’opposition entre “ pays réel ” et “ pays légal ”, c’est l’opposition entre la France des clochers et celle des cercles du pouvoir, de cette collusion qui existe entre une finance, une hyperclasse mondialiste et des journalistes aux ordres. »
(…)
Vous voulez fonder des « îlots de chrétienté aux municipales ». C’est la raison pour laquelle Civitas est passé d’association à parti politique ?
« Nous voulons qu’il y ait, parmi nos membres et sympathisants (NDLR : 1.250 adhérents et 170.000 sympathisants revendiqués), un maximum d’entre eux qui se présentent aux élections municipales, pas nécessairement sous l’étiquette Civitas. »
Ce rassemblement marque le lancement de votre parti en vue des municipales ?
« L’université d’été a pour ambition de former des cadres, intellectuellement, moralement, spirituellement. C’est la première étape. »
Vous représentez un parti controversé…
« Dans notre démarche, il n’y a rien d’occulte, de dissimulé. C’est un engagement à livre ouvert. »
Vous vous inscrivez dans la République ?
« Nous n’avons aucun attachement à la République. La philosophie de Civitas, c’est celle d’une France catholique, une France des terroirs et des clochers. »
On vous qualifie de « catholiques intégristes », « d’inquisiteurs des temps modernes », d’extrême droite…
« Ce sont des qualifications que je réfute même si je sais que cela fait partie de la sémantique journalistique. C’est extrêmement réducteur. Nous sommes des catholiques traditionalistes. Nous nous fichons de ce que les médias disent de nous. »
En 2012, vous êtes partis en croisade contre le mariage homosexuel…
« On défend cette position à 100 %. Nous avons toujours à notre programme l’abrogation de la loi Taubira. »
Vous avez dit : “ Nous refusons de mettre 700 ans, comme les Espagnols, pour retrouver nos terres et nos églises ”. Vous maintenez cette déclaration ?
« C’est une petite phrase qui a été extraite. Mais j’assume. Notre adversaire, c’est le système et les mondialistes. Pour nous, la présence de l’islam en France et de l’immigration en France est la conséquence directe du mondialisme. »
Que voulez-vous ?
« Rechristianiser les lois françaises et l’État français. Il faut retourner au “ réel ”, à la terre, à la vérité, aux principes essentiels à la famille traditionnelle, à la patrie. »

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2 commentaires

  1. Isabelle P says:

    Vive Le Christ, Roi des Francs !

  2. Soupape says:

    Les nouveaux païens et l’Eglise

    par l’abbé Ratzinger (Hochland, 1958) source citée : Benoit et moi

    En 1958, Joseph Ratzinger réfléchissait avec perspicacité à la situation de l’Eglise dans une culture qui semblait alors encore très profondément marquée par le christianisme. Le nouveau paganisme, disait-il, grandit “au coeur même de l’Eglise” et menace “de la saper de l’intérieur”.

    “Telle qu’elle apparaît, l’Eglise des temps modernes est essentiellement marquée par le fait même qu’elle est devenue, d’une manière toute nouvelle, une Eglise des païens,” une “Eglise constituée de païens qui, s’ils se nomment encore chrétiens, sont en vérité devenus des païens”.

    Voilà ce qu’écrivait, en 1958, un jeune prêtre, fraîchement habilité, nommé Joseph Ratzinger,
    dans un article sur la situation et l’avenir immédiat de l’Eglise (Hochland, oct. 1958).
    Au moment d’entamer sa carrière de professeur,
    il analysait les questions de l’option personnelle pour la foi,
    en en dégageant la portée pour l’individu, l’Eglise dans son ensemble, et le monde.

    Aujourd’hui, plus d’un demi-siècle plus tard, son diagnostic des crevasses et failles profondes dans le sol, qui paraissait encore si ferme, du christianisme de masse s’avère exact. “Cette Europe, chrétienne de nom, est devenue, depuis près de quatre cents ans, le berceau d’un nouveau paganisme, qui ne cesse de croître au coeur même de l’Eglise et menace de la saper de l’intérieur”.

    B. Les nouveaux païens et l’Eglise
    La nécessaire démondanisation de l’Eglise dans la vieille Europe pose aussi la question de l’avenir des nouveaux païens. Dieu leur a-t-il destiné un autre chemin de salut ?

    Par Joseph Ratzinger.

    Selon les statistiques religieuses, la vieille Europe est encore un continent presque entièrement chrétien. Or, dans ce domaine plus qu’ailleurs, chacun sait combien les statistiques sont trompeuses.
    Cette Europe, chrétienne de nom, est devenue, depuis près de quatre cents ans,
    le berceau d’un nouveau paganisme,
    qui ne cesse de croître au coeur même de l’Eglise et menace de la saper de l’intérieur.

    Telle qu’elle apparaît, l’Eglise des temps modernes est essentiellement marquée par le fait même qu’elle est devenue, d’une manière toute nouvelle, une Eglise des païens et qu’elle le devient de plus en plus; non pas, comme ce fut le cas jadis, une Eglise composée des païens devenus chrétiens mais une Eglise de païens qui, s’ils se nomment encore chrétiens, sont en vérité devenus des païens.

    Le paganisme est aujourd’hui installé dans l’Eglise même,
    et c’est ce trait qui caractérise aussi bien l’Eglise de notre temps que le nouveau paganisme :
    il s’agit d’un paganisme à l’intérieur de l’Eglise
    et d’une Eglise au coeur de laquelle vit le paganisme.

    Aussi l’homme d’aujourd’hui peut-il présupposer, comme une évidence, l’incroyance de son voisin.

    Quand l’Eglise est née, elle reposait sur l’option spirituelle pour la foi, sur l’acte de la conversion de l’individu. Si l’on avait espéré, au début, que déjà ici-bas allait se construire, avec ces convertis, une communauté de saints, une “Eglise sans ride et sans défaut”, il a fallu, à travers de rudes combats, finir par reconnaître de plus en plus que le converti lui aussi, le chrétien, reste un pécheur et que les fautes les plus graves elles-mêmes seront possibles dans la communauté chrétienne.

    Mais, même si, en conséquence, le chrétien n’était pas moralement parfait et si, en ce sens, la communauté des saints restait toujours inachevée, il y a avait, malgré tout, un fondement commun. L’Eglise était une communauté de convaincus, d’hommes qui avaient assumé une décision spirituelle particulière et se détachaient par là de tous ceux qui refusaient cette décision.

    Au Moyen Âge déjà, cette situation changea du fait que l’Eglise et le monde devenaient identiques et qu’ainsi être chrétien n’était plus, fondamentalement, une décision de l’individu mais un fait politico-culturel déjà donné.

    … etc

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