Bien qu’inattendu, le décès de David Sassoli ne prend pas par surprise le Parlement européen, qui a procédé à l’élection du nouveau président. Le remplacement était en fait déjà prévu dans le cadre de la course entre socialistes et populaires. Sassoli lui-même y avait contribué peu avant Noël en annonçant sa démission « pour ne pas diviser le front pro-européen ».

Ce mardi 18 janvier, le Parlement européen a élu à sa tête, sans trop de surprise, la Maltaise Roberta Metsola, représentante du PPE. Les députés européens de Strasbourg, qui ont voté au scrutin secret selon le règlement, l’ont élue au premier tour, avec 458 voix sur 690. Dans la course il y avait aussi la Suédoise des Verts Alice Kuhnke, qui a récolté 101 voix, et l’Espagnole de la Gauche Sira Rego, s’arrêtant à 57 voix. Il y a eu 74 bulletins blancs et nuls. Le groupe Ecr, Groupe des Conservateurs et Réformistes européens, a également voté pour la jeune femme. Aujourd’hui, c’est aussi son anniversaire : née le 18 janvier 1979, elle est, comme le rappelle le chef de groupe du PPE Manfred Weber, « Le plus jeune président de l’histoire du Parlement européen ».

Roberta Metsola, qui depuis octobre 2020, était le premier vice-président du Parlement européen et en assurait la présidence par intérim depuis le décès de David Sassoli, le 11 janvier, se positionne en fervente partisane de l’Union Européenne actuelle tout en étant fermement opposée à l’avortement.

Si beaucoup continuent « à regarder notre institution, d’autres continueront à tester ses limites. Nous devons lutter contre le récit anti-européen qui s’installe si facilement. Le nationalisme, l’autoritarisme sont de fausses solutions qui n’offrent aucune solution », a déclaré Metsola après l’élection. Sa tâche, a-t-elle ajouté, sera « d’unir les peuple », en poursuivant l’œuvre des « pères fondateurs, qui nous ont fait passer des cendres de l’Holocauste à la paix et à la prospérité. Ce Parlement compte. Ceux qui tentent de détruire l’Europe savent que ce Parlement est une institution avec laquelle ils auront affaire ».

En se présentant à cette élection, elle a expliqué vouloir poursuivre l’engagement de dialogue prôné par David Sassoli, ajoutant que « le nôtre doit être un Parlement qui parle fort, avec puissance. Je m’engage à ne pas fuir les décisions difficiles et à toujours, toujours représenter les positions du Parlement. Toujours ». « Je suis une femme, je suis née sur une petite île de la Méditerranée. Je sais, a-t-elle déclaré, ce que cela signifie d’être le candidat outsider. Je sais ce que signifie être étiqueté. Mais je sais aussi à quel point c’est important, pour chaque fille qui nous regarde aujourd’hui, pour toute personne qui ose rêver. Je suis ici pour demander votre confiance, pour pousser l’Europe vers l’union et, avec votre aide, pour permettre aux personnes d’y croire ». « On ne pense jamais assez aux droits des femmes, le combat pour une véritable égalité doit aller au-delà des apparences. Elle doit imprégner tout ce que nous faisons. Je serai honorée, a-t-elle conclu, d’être le président menant ce combat ».

Metsola, dont le nom de jeune fille est Roberta Tedesco Triccas, est une avocate maltaise du Partit Nazzjonalista, mariée à un Finlandais, Ukko Metsola. Après ses études à l’Université de Malte, elle fréquente le Collège d’Europe à Bruges, en Flandre, berceau de l’élite communautaire. En tant qu’étudiante, elle a été active dans des associations, devenant secrétaire générale de l’organisation des étudiants européens démocratiques, en 2002-2003. Au fil des ans, elle a revendiqué à plusieurs reprises son engagement en faveur de l’adhésion de Malte à l’UE, arrivée en 2004. Spécialisée en droit européen, Metsola a travaillé de 2004 à 2013 dans les rangs de la bureaucratie européenne, puis a débarqué au parlement en 2013, occupant le siège laissé vacant par un collègue. En 2014, elle est réélue.

La première fois qu’elle s’est présentée en 2009, comme son mari, qui s’est présenté en Finlande avec Kokoomus, un parti de la coalition nationale, membre du PPE : les Metsola ont été le premier couple à se présenter aux élections européennes dans deux pays différents. En 2009, pourtant, aucun des deux n’a réussi l’entreprise, et Ukko a définitivement quitté la politique. Le couple a quatre enfants ; Ukko est aujourd’hui vice-président du groupe américain de croisières Royal Caribbean Group.

La Maltaise Roberta s’est attirée de vives critiques, notamment de la part des Français de Renew, pour ses positions anti-avortement exprimées à plusieurs reprises au Parlement. Les eurodéputés maltais, tant nationalistes que travaillistes, ont traditionnellement tendance à s’abstenir ou à s’opposer aux résolutions qui font allusion, même de loin, à l’avortement. Le journal Malta Today rappelle que la délégation travailliste a voté en 2015 en faveur du rapport Tarabella, qui mettait l’accent sur la promotion du rôle des femmes, mais a voté séparément contre tous les articles concernant l’interruption volontaire de grossesse. Cependant, Metsola a déclaré à Malta Today qu’ « en tant que président du Parlement, mon devoir est de représenter l’opinion du Parlement et, si je suis élue, je ferai mon devoir comme je l’ai toujours faite ».

Francesca de Villasmundo

Cet article vous a plu ? MPI est une association à but non lucratif qui offre un service de réinformation gratuit et qui ne subsiste que par la générosité de ses lecteurs. Merci de votre soutien !

close

MPI vous informe gratuitement

Recevez la liste des nouveaux articles

Nous n’envoyons pas de messages indésirables ! Lisez notre politique de confidentialité pour plus d’informations.

1 Commentaire
Les plus anciens
Les plus récents Les mieux notés
Inline Feedbacks
Voir tous les commentaires

Le dernier numéro de la Revue Civitas !


 

Voici la revue 81 de Civitas sortie la semaine dernière !

Ce numéro de la revue de Civitas permettra à ses lecteurs de mesurer le fossé qui séparerait un Etat catholique de la république dans laquelle nous sommes embourbés. Puisse cette lecture susciter des engagements plus ardents. Et espérons qu’elle permettra à des curieux, y compris non-catholiques, de constater qu’un Etat catholique serait bénéfique pour tout foyer recherchant sincèrement le bien commun.

Cliquez ici pour vous la procurer.

%d blogueurs aiment cette page :