Mardi 30 avril

Deuxième jour de mission, le rythme est pris pour la semaine ! Les patients arrivent très tôt pour espérer passer dans la matinée. Ils savent qu’ils auront des heures à attendre, mais sont prêts à tout pourvu qu’on s’occupe d’eux et qu’on leur apporte un peu de secours temporel et spirituel.

Nous avons plusieurs cas graves, dont un pauvre homme qui a passé du temps à l’hôpital pour grosse insuffisance rénale ; mais il vient d’en sortir, car on ne peut plus rien faire pour lui… Une femme de la Légion de Marie lui explique doucement qu’il peut se préparer à la mort, se confesser. Il était protestant, semble-t-il, et non pratiquant depuis plusieurs années… Saura-t-il profiter de cette grâce que lui apporte la mission, même si c’est la santé qu’il était venu chercher ?

Autre drame : une femme de 25 ans, quatre enfants dont l’aînée a 9 ans, atteinte d’un cancer du sein avec sans doute des métastases. Quand le docteur Cotruta lui demande si elle s’est un peu soignée, elle se met à pleurer : « Non, je n’ai pas d’argent pour payer ! » Alors le docteur et monsieur l’abbé Vaillant tentent de la réconforter, mais il n’y a plus grand chose à faire, si ce n’est prier le Ciel et trouver une solution pour ses enfants. Des cas de ce genre sont difficiles pour les médecins, car ils savent qu’en Europe, il y aurait moyen de les guérir ; mais là, ils sont obligés de laisser certains malades à leur triste sort, et de les laisser partir en larmes.

Pause rafraîchissante : sœur Maria Conception, la prieure des Oblates, conduit une dizaine de volontaires chez son frère. Au menu : dégustation de mangues, noix de coco et pomelos ! Nous sommes traités comme des rois, et chaque année toujours touchés de leurs mille façons de nous remercier !

En début d’après-midi, c’est un homme de 70 qui arrive en bien mauvais état. Un prêtre lui demande ce qu’il croit, et, ô ironie du sort, c’est une infirmière musulmane voilée qui sert d’interprète. « Croyez-vous à la Sainte Trinité ? à la Vierge Marie ? » Au début, elle s’acquitte de son rôle, et le malade semble soucieux de bien répondre et d’écouter le prêtre. Mais à l’explication : « Il y a malheureusement des fausses religions créées par le diable pour nous éloigner du salut… » l’infirmière se détourne et s’en va… Un des médecins commente très simplement la chose : « C’est bien la preuve que le diable était là, et qu’il s’est enfui sous l’insulte ! »

Notre docteur Nelda, dentiste, est fidèle à son poste depuis des années. Elle commence à être connue pour son record de dents arrachées à l’heure : 104 aujourd’hui pour 5h de travail, soit 20 par heure ! Chez les opticiens, le rythme aussi est soutenu, car Alexandra a réussi à motiver un collègue français qui l’aide avec efficacité ! Le stock de lunettes était énorme, mais il diminue deux fois plus vite qu’avant. Merci aux nombreux donateurs ! A la pharmacie, l’équipe ne chôme pas, car un médecin est allé soigner cinquante prisonniers à la prison municipale (beaucoup sont là pour trafic de drogue, détenus dans des réduits insalubres en attendant leur jugement), il faut donc préparer leurs médicaments en plus des autres. Mais Brigitte en a vu d’autres, 350 ordonnances à traiter dans la journée ne lui font pas peur… !

Le dernier poste, le « refferal desk » est géré cette année par Magali. Elle a le rôle délicat d’envoyer ou non les patients pour des examens ou des soins à l’hôpital, selon la gravité de leur état, et selon le prix que la mission pourra payer. Là encore, nous remercions beaucoup tous ceux qui donnent si généreusement : grâce à eux, nous pouvons chaque année sauver des vies humaines, redonner espoir, épanouir des familles, etc.

Le soir, nous avons le chapelet suivi de la messe, histoire de refaire nos forces spirituelles pour la journée suivante. « On ne donne que ce que l’on a. » Monsieur l’abbé prêche sur le détachement des biens matériels : il faut savoir s’en priver et se détacher des biens sensibles pour aider l’âme à s’unir à Dieu. Evidemment le contexte de la mission est tout trouvé pour nous entraîner à cela : climat, nourriture, bruit, hygiène, etc. Malgré ces petits désagréments, l’ambiance est au beau fixe, et tous les volontaires heureux de leur sort ! Le dîner est festif avec l’anniversaire de Laure, jeune médecin suisse, ce qui nous donne l’occasion de déguster d’énormes gâteaux de fête, parsemés de paillettes !

La journée s’achève sur cette note chaleureuse. A demain chers lecteurs !

PS : la rédaction s’excuse pour le rythme fantaisiste de parution des articles…

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