Depuis le 1er juin, le décret supprimant le droit d’option pour les travailleurs frontaliers est en place. Désormais, il est impossible de prendre une assurance privée et les frontaliers vont revenir peu à peu dans la Sécurité Sociale française. Ils peuvent rester dans leur assurance privée jusqu’à l’échéance du contrat. Guillaume[1], l’un d’eux, ne décolère pas et il n’est pas le seul.

Depuis le départ, la ministre des Affaires Sociales et de la Santé, Marisol Touraine avait son idée en tête et n’avait nullement intention de négocier quoi que ce soit : « aucune de nos revendications n’a été écoutée. » Il y a donc de la colère contre un gouvernement qui n’a d’ailleurs pas pris toute la mesure de cette réforme, en terme financier. Pour les frontaliers, c’est une perte du pouvoir d’achat:  « le gouvernement va perdre de l’argent sur la collecte de la TVA. C’est aberrant qu’il n’y ait pas pensé et que personne n’en ait parlé. » Pour Bercy, cette mesure devrait rapporter entre 100 à 150 millions d’euros. Mais leur colère ne se porte pas que contre le gouvernement mais aussi la GTE (Groupement Transfrontalier Européen) et son président Michel Charrat qui  « a négocié, sans rien négocier, emmenant ainsi tous les frontaliers dans son giron. » Une pétition, lancée par les Frontaliers du Bassin Lémanique, a même vu le jour sur internet pour demander sa démission.

Mais le mouvement de contestation ne compte pas en rester là. La CDTF (Comité de Défense des Travailleurs Frontaliers) a déjà attaqué le décret au niveau du Conseil d’État.  Elle a même relevé des vices de procédure qu’elle a transmise au Ministère concerné mais ce dernier a répondu que les juristes du gouvernement ne comprenaient pas l’argumentation puisque pour eux tout est clair. C’est une certitude, « le combat n’est pas terminé ». À plus petite échelle, les frontaliers voudraient bien impliquer le gouvernement suisse qui est aussi concerné, via une pétition adressée au conseiller d’état suisse, chargé du département de l’emploi, des affaires sociales et de la santé, Mauro Poggia. Les premières conséquences collatérales commencent déjà à se faire sentir. Une agence d’une grande assurance, avec trois salariés, a déjà fermé dans la commune d’Annemasse.

Au niveau administratif, du côté de l’URSAAF c’est rôdé : « ils ont embauché 60 employés supplémentaires pendant un an pour régulariser la situation. » Mais pour la CPAM, c’est une autre histoire : « ils ne sont pas prêts. Il y a un délai d’enregistrement d’un mois et demi et après, on peut demander notre carte vitale. » Malgré le mécontentement, pour  l’instant les frontaliers préfèrent attendre les suites juridiques avant de manifester mais une chose est sûre, ils ne lâcheront pas aussi facilement le gouvernement.



[1] Prénom d’emprunt pour garantir l’anonymat

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