L’affaire traîne depuis le printemps dernier mais elle prend aujourd’hui un tour plus critique pour la présidente de la Commission européenne, Ursula von der Leyen. La voix populaire lui a même donné un mon, le SMSGate.

« La médiatrice européenne, Emily O’Reilly, écrivions-nous en septembre 2021 sur MPI, a ouvert une enquête sur le refus de l’exécutif de l’UE de fournir un accès public aux informations relatives à l’achat de doses de vaccin Covid-19 discuté par la présidente de la Commission. (…) L’affaire (…) est survenue après la publication d’un article dans le New York Times en avril dernier dans lequel la nouvelle d’un échange d’appels téléphoniques et de messages entre Von der Leyen et Bourla a été rapportée. Le problème ne s’est pas posé tant pour les contacts que lorsque la Commission a reçu une demande d’accès aux messages et, à la surprise générale, a déclaré qu’elle n’en avait aucune trace. Le siège de la Commission européenne soutient que les SMS sont généralement « de courte durée » et en principe exclus de l’archivage. Mais ce refus de la Commission de montrer les textes de l’échange a donné lieu à une plainte auprès du Médiateur qui a ouvert une enquête. »

Ces SMS, entre Ursula et Albert, le PDG du laboratoire Pfizer, ont été échangés à l’époque des négociations du contrat pour l’achat de doses de vaccin, que la principale intéressée ne veut pas de dévoiler. Ce qui suscite encore plus de méfiance à son égard et à l’égard de Pfizer. La particularité de ce contrat, conclu en mai pour l’achat de 1,8 milliard de doses de vaccins, pour un montant de 35 milliards d’euros, est qu’il a porté le coût de la dose de 15,50 à 19,50 euros, soit une augmentation d’un quart du prix… Si l’exécutif européen, en charge de négocier les achats de vaccins pour le compte des Etats membres, a accepté de transmettre trois documents (un e-mail, une lettre et un communiqué de presse) au New York Times, par qui toute l’affaire a été rendue publique au printemps 2021, il refuse de communiquer les SMS, ce qui pousse la médiatrice de l’UE, Emily O’Reilly, à ouvrir une enquête en septembre 2021 au nom de la transparence.

N’ayant toujours pas obtenu ces fameux SMS, Emily O’Reilly est montée au créneau contre Ursula von der Leyen et la Commission européenne dans ses conclusions résumées dans un communiqué publié vendredi dernier, fustigeant la non-transparence de l’institution sur le sujet. « La façon limitée avec laquelle cette demande d’accès public aux documents a été gérée signifie qu’aucune tentative n’a été faite pour identifier si les textos en question existaient. Cette façon d’agir ne répond pas aux attentes en matière de transparence et de normes administratives au sein de la Commission », écrit-elle avant de demander que le cabinet d’Ursula von der Leyen procède à « une recherche plus approfondie » afin de retrouver ces messages et évaluer si leur contenu peut être révélé conformément aux règles de transparence applicables aux documents de l’UE.

« En ce qui concerne le droit d’accès du public aux documents de l’UE, c’est le contenu du document qui importe et non le support ou la forme. Si les textos concernent des politiques et des décisions de l’UE, ils doivent être traités comme des documents de l’UE. L’administration de l’UE doit mettre à jour ses procédures en matière d’enregistrement de documents pour être en phase avec les pratiques actuelles, poursuit-elle. L’accès aux documents de l’UE est un droit fondamental. »

Elle a donné jusqu’au 26 avril à la Commission pour répondre à ses recommandations, qui ne sont toutefois pas contraignantes.

« Cette affaire est plus importante qu’un simple échange de SMS », a estimé de son côté l’eurodéputée néerlandaise Sophie in’t Veld (Renew Europe). « La Commission européenne est devenue moins transparente, moins responsable devant le Parlement européen et franchement plus déconnectée de la démocratie européenne », a-t-elle dénoncé, appelant le Parlement européen à réagir. 

Ce n’est pas la première fois qu’Ursula von der Leyen est prise en flagrant délit de cachoteries, et la presse s’en fait l’écho. Le quotidien néerlandais De Telegraaf rappelle qu’Ursula von der Leyen, alors ministre de la Défense sous la gouvernance d’Angela Merkel, avait été sous le coup d’une enquête de la commission du Bundestag concernant des contrats de conseil passés par son ministère pour un montant de 200 millions d’euros avec des consultants extérieurs. Parmi les consultants extérieurs on retrouve, tiens, tiens, le cabinet McKinsey, celui qui dirige la campagne vaccinale actuelle dans de nombreux pays européens, celui qui a conseillé Macron pour sa première campagne présidentielle, celui par où est passé le fils de… Ursula. Les députés membres de la commission du Bundestag avaient souhaité avoir accès aux données du portable de Mme von der Leyen, et à certains textos échangés à l’époque, mais cette dernière avait argumenté que ces données avaient été supprimées, un mois après son départ du gouvernement allemand et sa désignation à la tête de la Commission européenne.

Ursula n’en est donc pas à son premier SMSGate mais il n’est pas certain que cette fois-ci les enquêteurs et les députés européens seront aussi complaisants avec elle que les députés allemands.  

La gestion autoritaire de la crise sanitaire dans de nombreux pays occidentaux suscitant de plus en plus de contestations, des voix scientifiques sortant du silence pour dénoncer l’instrumentalisation de la peur pour asseoir ces mesures liberticides, la pression sur Ursula se fait plus pesante et pressante. Le vent commençant à tourner en défaveur des enfermistes et autres prophètes de malheur qui s’en mettent à côté plein les poches, les rats commenceraient-ils à quitter le navire von der Leyen ?

Francesca de Villasmundo

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