Il y a dans l’attitude de la Suisse une sorte de cynisme qui étonne. Dans ce pays l’euthanasie est interdite. Certes rien n’empêche quiconque de se suicider. L’aide au suicide assisté cependant est autorisée à condition qu’elle ne soit pas motivée par des intérêts personnels. Par exemple aider un parent à se suicider afin de toucher un héritage. Pourtant le commerce du suicide offert par Dignitas est loin d’être désintéressé car les tarifs sont corsés. Mais les candidats une fois morts n’ont plus d’intérêt direct pour préserver leur portefeuille. C’est comme en amour, on ne compte pas.

Avec non moins de cynisme l’Université de Berne s’est lancée dans une enquête sur le sujet. Cette étude a concerné 1.301 cas de suicides assistés entre les années 2003 et 2008. Elle vient d’être publiée dans la dernière parution pour février de l’International Journal of Epidemiology. Elle ne prétend d’ailleurs pas en faire une extrapolation à ce qui se passe cinq ans plus tard. Les « patients » avaient été recrutés dans les trois « offices » pratiquant cette assistance à l’assassinat.

Il en ressort que 16 % des personnes qui ont recours au « droit à mourir » sont en excellente santé. Normalement, pour tout volontaire de la mort, doit être établi un certificat médical justifiant l’euthanasie. Or une compilation attentive de ces certificats a montré qu’effectivement des personnes se faisaient suicider sans être malades. Ce sont des gens qui tout simplement trouvent que la vie leur est pénible. En général des gens riches ou des femmes de haut niveau intellectuel et divorcées. Elles éprouvent un sentiment de solitude ou la sensation de ne pas être aimées.

Les autres volontaires de la mort, soit 84 % de l’ensemble, sont des personnes de 25 à 64 ans. 57 % sont atteintes de cancers et 21 % atteintes de maladies du système nerveux. L’étude suggère que ces personnes sont atteintes  en fait de dépression nerveuse. Mais en pratique elles sont parfaitement en bonne santé mais un diagnostic postiche a été écrit pour elles sur le certificat justifiant la mort. Faux en écritures… On n’est plus à ça près.

Dans la tranche d’âge 65-94, les justificatifs sont les cancers (41%), les troubles circulatoires (15 %), les maladies du système nerveux (11 %), les désordres mentaux et troubles du comportement (6%) et les simples troubles de l’humeur (30 %). Rien de plus facile donc de justifier l’aide à mourir.

Il a été noté que les personnes athées se faisaient suicider six fois plus que les catholiques. Les femmes étaient en majorité, exception faite pour la maladie de Parkinson.

La conclusion de cette étude était simple et connue. L’euthanasie est une pente glissante vers le suicide assisté, laïc et bientôt obligatoire. Nous ajouterions vers l’assassinat légal…

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