MPI a besoin de votre aide !
Notre besoin s’élève à 100 000 € pour 2026
Paiement 100 % sécurisé par Stripe · au 28 juillet 2026

Dans un précédent article, je dressais un portrait de Daniel Amar Siad, recruteur de filles pour Epstein et ses réseaux, retrouvé mort il y a quelques jours à son domicile à Colombes, dans la banlieu au nord-ouest de Paris. Aujourd’hui, nous allons faire le lien avec son cousin Richard (H)Amid Siad.
Des filles hébergées à Paris
Parmi les millions de documents relatifs à l’Affaire Epstein et mis en ligne par le ministère de la Justice des Etats-Unis figurent plus de deux mille échanges de courriels ou de textos entre Jeffrey Epstein et Daniel Amar Siad. Et parmi ceux-ci, une conversation datée du 16 décembre 2012 mérite notamment de retenir notre attention. Jeffrey Epstein demande à Daniel Amar Siad des nouvelles de deux filles. L’une se prénomme Luiza. L’autre se prénomme Leanne et est de nationalité lettone. D’autres courriels permettent de comprendre que cette Leanne recevait parfois de l’argent du majordome d’Epstein. Or, Epstein demande si Leanne est toujours avec Luisa chez les cousins de Daniel Amar Siad. Celui-ci répond que Leanne est chez son cousin depuis plusieurs mois mais qu’elle n’aime pas le travail au restaurant. On comprend donc que le cousin en question est plus que probablement Richard (H)Amid Siad, surnommé le « roi des Brasseries » par la presse française, propriétaire d’une vingtaine de brasseries et de restaurants à Paris et en province (et impliqué dans quelques autres sociétés).

Première question : la justice française a-t-elle mené une enquête pour vérifier si Richard (H)Amid Siad a hébergé des jeunes mannequins ramenés par son cousin Daniel Amar Siad pour Jeffrey Epstein ?
Deuxième question : qui est vraiment ce Richard (H)Amid Siad et profite-t-il de protections ?
L’ombre omniprésente des services de renseignement
Richard (H)Amid Siad s’est établi en France en 1980. Il a écrit un livre intitulé De Kabylie à Paris (éditions Ramsay). Il y revendique avoir collaboré avec les services de renseignement français, algérien, mais aussi israélien et américain. « J’ai travaillé avec tous les services ».
Il a été reçu par Hafiz Chems-Eddine, recteur de la grande mosquée de Paris et avocat franco-algérien, pour lui présenter son livre. Livre qu’il a aussi offert à l’ambassadrice de l’Azerbaïdjan.

Richard (H)Amid Siad organise régulièrement des repas et soirées au restaurant Chez Françoise, pas loin du Quai d’Orsay, lieu prisé tant par des officiers de la DGSE que par les diplomates.
En 2017, Richard (H)Amid Siad avait organisé dans un café de la place St Michel un pot de départ pour le départ à la retraite de René Bailly, directeur des services actifs de police de la préfecture de police bet directeur du renseignement de la préfecture de police.

Un impressionnant carnet d’adresses
Le 16 septembre 2021, il organise un déjeuner en l’honneur de Thierry Solère, alors conseiller d’Emmanuel Macron à l’Elysée, annoncé avec « présence sous réserve de Gérald Darmanin« . Les personnes conviées sont le directeur des finances publiques, les patronnes des douanes et de TRACFIN (service anti-blanchiment rattaché au ministère des Finances), un ponte de la Direction Nationale d’enquêtes fiscales, l’ancien général de gendarmerie David Galtier, et Laurent Nunez, alors coordinateur national du renseignement, qui s’est finalement décommandé.
Un message posté sur les réseaux sociaux par son cousin Daniel Amar Siad les montre tous les deux avec Roger Le Loire, ancien magistrat à l’antiterrorisme et au pôle financier, ancien doyen des juges d’instruction.

Richard (H)Amid Siad assiste aux dîners du CRIF. Il pose en photo avec Emmanuel Macron, Gabriel Attal, Gérald Darmanin, François Bayrou, Laurent Nunez, Sébastien Lecor ou encore Alexandre Benalla. Il est aussi proche de Nicole Guedj, ex-présidente de la Fondation France-Israël, ancienne secrétaire d’Etat du gouvernement Raffarin. Ce qui ne l’empêche pas d’être un ami d’Abdelmadjid Tebboune, président d’Algérie, « musulman laïque » et amateur de bons vins.

Parmi les nombreuses photos qu’il publie de lui sur les réseaux sociaux, l’une le montre, tout sourire, devant une plaque Edmond de Rothschild.

Condamné en juin 2024 pour avoir exploité illégalement des informations tirées de fichiers de police, Richard (H)Amid Siad avait surpris la magistrate qui, consultant le contenu de ses deux téléphones portables, était tombée sur une multitude de photos du prévenu avec des personnalités de premier plan.
En avril 2026, Richard (H)Amid Siad est devenu le président du Rotary Club de Neuilly-sur-Seine Sablons, en présence de Ségolène Royal, ex-ministre et présidente de l’association France-Algérie.

Cette obsession de Richard (H)Amid Siad de poster sur les réseaux sociaux des photos de lui avec des personnalités de premier plan n’est-elle pas en fait une stratégie pour tenter de se garantir la meilleure protection possible ?
Alain Escada





